‹ Œuvres de J. RacineChapitre 98 sur 222 · Voyez ci-dessus, p. 197, la note 10 de la lettre i · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p. 197, la note 10 de la lettre i

SmicripUcm, : A Monnenr Monsieur Racine, gentil- TeôT hooune ordinaire da Roi, i la Haye. (Moitié d*iin cachet ronge, au cygne.)

161 • DB RACUfl A JBAir-BAPnSTE EAGINE.

A Marly, le 5» [février* 1698].

Il est juste que je tous fieisse part de ma satisfaction, comme je vous ai feit souffirir de mes inquiétudes. Nonseulement M. de Torcy n'a point pris en mal votre séjour i Bruxelles; mais il a même approuvé tout ce que vous y avez fiut, et a été bien aise que vous ayez fait la rëvéraice i Monsieur de Bavière '. Vous ne devez point trouver étrange que vous aimant comme je fais, je sois ii £M»le à alarmer sur toutes les choses qui ont de Fair d'une fiiute et qui pourroient faire tort à la bonne opinion que je souhaite qu'on ait de vous. On m'a donné pour vous une ordonnance de voyage : j'irai la recevoir quand je serai i Paris, et je vous en tiendrai bon compte. Mandez -moi bien franchement tous vos besoins. Papprouve au dernier point les sentiments où vous êtes sur toutes les bontés de M. de Bonrepaux, et la résolution que vous avez prise de n'en point abuser. Faites bien mes compliments à M. de Bonac, et témoi-

Lrtbb 161 (reme tar Tantographe, oonserré à U Bibliothèqae impériale). — 1. Cette lettre est datëe, dans roriginal, du 5« jaiiTier. L*errear est énàentt. Elle est ainsi corrigée par une note qui est en tête de cet original, et dont la forme aurait dâ être moins dobitatire : « H j a lien de croire qae Racine s*ëtoit trompe sur la date dn mois, et qu'il deroit dater du 5 fërrier. »

a. M*'''"»'^'^^^''"»™""*^^ 1 duc et électeur de Barière. Vojez cidessus, p. 3o, la note 10 de la lettre 94. Le duc de Barière était «lors fouTemeur des Pajs-Bas : Toyez tome Y, p. 3a3, note i.

AOô LETTRES.

,5 g gnez-lui ma reoonlKMSsance pour Famitié dont il vous honore : son extrême honnêteté est un bean modèle pour voQs; et je ne saorois assez louer Dieu de tous avoir procuré des amis de ce mérite. Vous avez eu quelque raison d'attribuer Theureux succès de votre voyage, par un si mauvais temps, aux prières qu'on a fieûtes pour vous. Je compte les miennes pour rien; mais votre mère et vos petites sœurs prioient tous les jours Dieu qu'il vous préservât de tout accident ; et on faisoit la même chose à Port-Rojral. Il avoit couru un bruit, qui aura peut-être été jusqu'à vous, qu'on avoit permission de recevoir des novices dans cette maison ; mais il n'en est rien, et les choses sont toujours au même état. Je doute que votre sœur puisse y demeurer longtemps, à cause de ses fréquentes migraines, et à cause qu'il y a si peu d'apparence qu'elle y puisse rester pour toute sa vie. Vous avez ici des amis qui ne vous oublient point, et qui me demandent souvent de vos nouvelles, entre autres le petit M. Quentin, M. d'Estouy et M. de Saint-Gilles '.

Je ne sais si vous savez que M. G)meille, notre confrère^, est mort. Il s'étoit confié à un charlatan, qui lui

3. Ce petit M. Quentin est celui qui a été premier ralet de garderobe, n ^uit fils de Quentin, barbier du Roi, dont la femme ëtait première femme de chambre de la duchesse de Bourgogne. «— D*Estouj ëtait un fils de Rioult d'Estouj, receveur gënëral des finances de la génénMxé de Poitiers. — De Saint-Gilles ëtait un jeune gentilhomme des environs de Coutances. {Noie de C édition de 1807.)

4. Pierre Corneille, capitaine de cavalerie, gentilhomme ordinaire de la maison du Roi. C'est en cette dernière qualité qu*il était confrère de Racine et de son fib. Né le 7 septembre 1648, Pierre Corneille mourut le 3i janvier 1698. D était fils du grand poète. Voyez au tome I des OEuvres de Corneille, dans la Collection des Grands écrivains de la France, p. cvi, le tableau de la Descendance de Pierre Corneille. — Dans une note de Tédition de 1807, qui a été reproduite dans celle d*Aimé-Martin , il est dit que ce Corneille

donnoît des drogoes pour loi dissoudre sa pierre. Ces "Tâôs" drogaes lui ont mis le feu dans )a vessie. La fièvre Fa pris, et il est mort. Sa famille demande sa charge pour soo peth-cousin, fils de ce brave M. de Marsilly qui fut tué à Leuze *, et qui avoit épousé la fille de Thomas G>nieille. Le jour me manque, et je suis paresseux d*allamer de la bougie. Je vous écrirai une autre fois plus au long. Vous ne sauriez m* écrire trop souvent, si TOUS avez envie de me faire plaisir. Vos lettres me semblent très-naturellement écrites, et plus vous en écrirez, plus aussi vous y aurez de facilité. Adieu, mon cèer fils. Pai laissé votre mère en bonne santé. Vous ne sauriez trop lui faire d'amitiés dans vos lettres, car elle mérite que vous Faimiez, et que vous lui en donniez des marques. M. de Torcy m'a appris que vous étiez dans la Gazette (T Hollande* \ si je Favois su, je

« âait de la famille da grand Corneille, » expression qui ne laine pas «apposer que ce puisse être son fils.

5. Le Beau, dans son Éloge de Fontenelle (tojcz les OEupres de fmUm^Uy Paris, 1766, tome XI, p. xxv), nomme parmi les héritiers de celni-ci « les deux demoiselles de Marsillj, petites-filles du marquis de Martinrille de Bfarsillj, qui fut tué au combat de Leuze, où Ocommandoit les gardes du corps, et arrière^etites-fiUes de Thomas Corneille. » M. de Marsilljr, enseigne des gardes du corps dans la eoflupagnie de Duras, fut blessé à la jambe au combat de Leuze (19 septembre 1691). « Il a contribué, dit le Mereure galant d^octobre 1691 (p. 343), au succès de cette journée par ses aris, par son braa et par son sang, puisqu'il a été dangereusement blessé, après aroir renrersé cinq escadrons des ennemis, arec cent cinquante gardes do Roi. > Nous ne savons à quelle date il mourut de sa Uessore : le Mercure ne donne pas la nourelle de sa mort. Nous Tojons seulement qu'au mois d'octobre 1 691 il virait encore, et fbt promu à la lieutenance.

6. Si la GoMêtte de Hollande a hh mention à cette époque de Jean-Baptiste Racine, c'est sans doute qu'il était le gemiUkomme dont elle parle ainsi dans son numéro du ao janvier 1698, sous la mbrique de Bruselles^le iS janvier: « H est arrivé ici un gentilhomme pour notifier que les François seront en eut d'évacuer la Roche

aoa LETTRES.

jg g Taiircns fiiit acheter pour la fiûre lire à vos petites serais, qui TOUS oroiroient devenu un homme de conséquence. Tai lu à M. le maréchal de Noailles votre dernière lettre, où vous témoignez tant de reconnoissance pour les bons traitements que vous avez reçus de M. le prince et de Mme la princesse de Stienhusse ^. Tai prié aussi M. de BoumonviUe et M. le comte d'Ayen de les remercier.

Suscription : A Monsieur Monsieur Racine, gentilhomme ordinaire, chez Monsieur Fambassadeur de France, i la Haye. (Gichet rouge, au cygne.)

le i3, Arlon le a 4, et Luxembourg le i5. » Cela parait se rapporter assez bien à ce que Racine, dans sa lettre du a6 janrier 1698 (Tojrex ci-dessus, p. igS), dit à son fils de la dépêche dont il ëtait cluû^ pour nos deux plénipotentiaires.

7. Ce prince et cette princesse n'étaient pas, comme il est diit par eireur dans une note de Tëdition de 1807, Pierre (pu platdt Procope)-François d*Egmont (celui qui fut le dernier Je sa race)j et Marie-Angélique de Cosnac; mais bien Claude Richardot, prince de Stienbujse, ou soi-disant tel, mestre de camp des arquebusiers k cheTal, gentilhomme de la chambre du duc électeur de BaTière, beau-frère du Dauphin de France ; et Blane-Françoise de Boumonyille, sœur du prince de Boumonyille, enseigne des gendarmes de la garde, puis maréchal de camp des armées du Roi, et qui fut marié à Charlotte-Victoire d'Albert de Lujnes, sœur du duc de Chevreuse. C'est de ce prince de Boumonrille, né le 16 avril 166 a, mort le 3 septembre 170$, que Racine parle dans la phrase suivante. Une autre Marie-Françoise de Boumonville, cousine germaine de la princesse de Stienbujse, et dame du palais de la Reine, était femme du maréchal de Noailles (Anne-Jules), et mère du comte d'Ajen : ce qui achève Texpiication de la dernière phrase de la lettre. Yoyet le Recueil de la noblesse de Bourgogne,,,, Flandres, e/c, par J. le Roux, p. 6a, et V Histoire généalogique du P. Anselme, tome V, p. 837-841 •

LETTRES. ao3

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