LE SECOND CONTE
N'ha pas long temps qu'il me fut raconté, Comment Amour qui s'estoit mesconté, Print d'Atropos l'horrible et cruel arc. Dont il occit maintes gens en vn parc. Or s'en vint il depuis tout yure et las. Tant eut il prins de vin et de soûlas, Rendre au giron de sa dame de mère Qu'on dit Venus, or' douce, et puis amere. Elle est Déesse, de rien il ne luy chaut. Si dormoit lors dedens vn poésie chaut Sur vn mol lict de plumettes deslies, (1) Bien tapissé de verdures iolies.
Tout alentour sont ses Nymphes et Grâces Nues dormans, bien refaites et grasses.
Bon les fait voir ainsi tant rondelettes, En souspirant bransler leurs mammelettes. Le poésie estoit bien garni de verrines Claires luisans, vermeilles, sapphirines, Souef flairant comme vn beau paradis.
Plein d'oiselets ioyeux et esbaudis.
Qui là dedens vn plaisant bruit menoient, Et le pourpris en déduit maintenoient.
Quand là suruint ce fol Dieu qu'on maudit, Chacun dormoit, ainsi comme i'ay dit, Fors Volupté la nièce de Venus,
(1) N'est-ce pas pour délies, délicates, grêles, fines î
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