XL NOTICE SUR LA VIE ET LES Q UVRES
a rhythmee de vers tiercets à la façon italienne ou toscane et florentine : ce que nul autre de nostre langue gallicane ha encores attenté densuiure, au moins que le sache. » (1) Dans sa description le poète songe évidemment à ce Forum Veneris que ses amis lyonnais croyaient retrouver dans Fourvièro. Peut-être avait-il fait cette partie pour l'académie Angelicque. Il chante la poésie nouvelle, et pour les vieux genres que Dubellay appelle espiceries, il dit :
Tous vieux flageots, guisternes primeraines. (2) Dans sa Renaissance, il englobe les musiciens belges Ockeghem, Josquin Desprez et Louis Compère. Après de curieuses allusions aux concours poétiques do Lyon depuis Claude jusqu'à Louis XII, il fait apparaître l'arehiprétre Genius, l'apôtre de la libre vie dans le Roman de la Rose. Ce « sermon » n'est là que pour préparer le contraste du Temple de Minerve décrit « en rythme alexandrine. » L'allusion devient de plus en plus transparente : il faut que l'accord se fasse entre les deux langues par le labeur littéraire et historique. Un personnage nommé Labeur historien invoque Charlemagne et Prancion, et nous sommes de plus en plus reportés vers le manifeste des Illustrations :
Les Turqz ont peur de vostre bruit et famé,
Et vos fiertez redoubtent et eschièvent.
(1) Rathery, Influence de littérature de l'Italie sur les lettres françaises (pp. 15 et 52) cite cependant Rutebeuf et Adam de la Halle. — De Graraont, (Prosodie française) croit à l'introduction du tercet par Hugues de Salel, poète né seulement en 1504.
(2) Pasquicr dit encore : « Renouvellement de querelle qui se fait de jour à autre entre les Français et les Italiens, quand les occasions se présentent.
C'est l'obsession de la croi.sade finale qui reparaît à tout propos. L'élégance et la fluidité du style semblent accuser une refonte de la composition très soignée.
Au printemp de 1509, il est installé avec deux neveux orphelins « en l'université » de Dôle-la-joyeuse. Louis Barangier, greffier du Parlement et fort avant dans l'intimité de Marguerite, avait fait obtenir à Lemaire « séjour ordinaire, provision et l'ésidence en échange du canonicat de Valenciennes. » Une autre prébende lui fut assignée qui lui permit de se livrer à ses études et de surveiller celles des enfants d'un frère « mort bon gontdarme, en la guerre de Gueldre, » Il aimait cette ville bourguignonne, si enthousiaste de Marguerite plus libérale en Franche Comté qu'aux Pays-bas. a Ce n'est pas, écrit-il à sa protectrice, par inconstance, par besoin de changement, comme on l'en soupçonnait ; c'est par goût pour le^ études universitaires et à cause du voisinage du Lyonnais et du Beaujolais où il a tant d'amis. » Il s'en est déjà fait àDôle qui, comme lui, en aiment les antiquités, l'amphithéâtre, l'aqueduc, la voie romaine. Par Jean de Paris dont il surveillait le fils à l'Université, il s'est lié avec le professeur Cornélius Agrippa (VAgmfâ, grimoire du peuple liégeois) le savant mais extravagent ennemi de la scolastique, le cabalistique commentateur du De verbo mirifica. Agrippa, qui semble un prototype de Faust entremêle Renaissance, étude de la nature, magie et sciences occultes, convoque à Lyon une sorte de congrès d'alchimistes et néanmoins se fait protéger par Maxi milieu, Marguerite, Charles- Ci) Al. Pinchart a trouvé aux Archives du Royaume la trace de cette permutation au profit de Nicolas Perly (Compte des droits du grand Sceau, n» 20402, fol. 4 recto).