LXIV NOTICE SUR LA VIE ET LES ŒUVRES
presque inconsciente, et non sans une grande indulg'ence de la part de Marguerite. D'autre part, Louis XII n'appela pas officiellement Lemaire parmi ses polémistes, les d'Auton, les Gringoire, les Robertet, les Sejssel, les Gaguin, les St Gelais, etc. Ce futPerréal, l'ami de Lyon, peintre du roi, mais pensionnaire de la douairière de Savoie, qui fit faire le grand pas.
Jules II, plus italien que pontife, s'était brouillé avec ses alliés de Cambrai. Le trop fougueux successeur de St Pierre ne s'occupait que du pouvoir temporel, et se proclamait César autant que Pontifex Maximus, tout en jetant son cri de guerre : Fv,07'i i Barlari ! De son côté, Louis XII, malgré les inquiétudes religieuses d'Anne de Bretagne, voulait avec Maximilien préparer un grand concile à Fisc pour faire déposer le pape. (1) La querelle s'exaspérant de jour en jour, on ne parlait plus que de réformes radicales dans la république chrétienne. Une sorte de tragi-comédie se jouait aussi entre les princes qui prétendaient, après Tépuràtion de l'Eglise , réaliser enfin la croisade suprême, tant de fois promise contre les Turcs. On citait même un exergue équivoque de Louis XII : Perdam Babylonis nomen ! Etait-ce contre Babjlone d'Egypte ? Etait-ce contre Babylone d'Italie ? (2) On guettait en outre dans le Liber pontificalis les expressions impériales succédant à Sedes apostolica, à respublica Romanorum. (3) ,
(1) Zeller, Italie et Renaissance, II.
(2) Prodromi reformationis pia memoria recolendae sive nummi Ludovic! XII régis Gallorum épigraphe : Perdam Babylonis nomen...:. contra Joh. Harduinum a Clir. Sigism. Liebe, Lipsiae, 1717. Cf. Julius, Jules II à la porte du Paradis, dialogue attribué a Erasme, à Fauste AnJrelini et à Ulrich von Hiitten, trad. Thion. Paris, 1875.
(5) E. Lavisse, Fondation du Saint-Empire romain (Revue des 2 mondes, 15 mai 1888.
Parut alors, parmi les i^pamphlets les plus audacieux, le Traictié de la différence des Scismes et des Concilies de V Eglise et de la 'prééminence et utiliîé des Concilies de la saincte église gallicane. Sorti des presses d'Estienne Baland de Lyon (1511) il fut rapidement reproduit par presque tous les imprimeurs de Paris, reçut quelquefois le titre trompeur de Promptuaire, et fut en outre divulgué à toute l'Europe par les traditions les plus diverses.
« Dont procède tel hardiment à ma petitesse, demande l'auteur dans son hommage au roi ? C'est qu'un de vos bons serviteurs et varlets de chambre ordinaire, ajoute-t-il, m'a donné l'assurance que le labeur d'un moindre estranger ne serait pas dédaigné. » Puis, comme pour sa propre satisfaction, il déclare qu'en ce faisant, il désire voir le roi « en concorde et fraternité des aultres princes chrestiens. » N'est-ce pas l'écho du prologue du P' livre des Illustrations qui venait de paraître dans la même ville ?
Ici il 7 a deux prologues ; car on procède avec une solemnité digne d'un fécial ou d'un héraut d'armes. Terrible est la guerre qu'on proclame ; le manifeste ne saurait être trop explicite. 11 faut près de cent-cinquante pages, pour « nottiffier à la