‹ Œuvres de Jean Lemaire de Belges, publiéesChapitre 35 sur 44 · LXXXIV NOTICE SLR LA VIE ET LES ŒUVRES · texte numérisé non relu

LXXXIV NOTICE SLR LA VIE ET LES ŒUVRES

cet écol:er limousin dont s'est moqué Rabelais, tantôt des glaces exquises du vieux langage, et toujours curieusement travaillé, enfin l'inimaginable pêle-mêle d'un livre où tout est confondu, histoire et poésie, choses profanes et choses sacrées, antiquité et temps modernes, tout cela fait des Illustratioîis de Gaule un volume vraiment amusant, je ne dis pas à lire (ce qui est impossible) mais à feuilleter et à goûter à petites doses. » (1)

Et il donne comme échantillon cette idylle d'Œnone qui semble préparer de loin le récit des amours d'Eucharis et de Télémaque.

« Puissant et pédantesque, avait dit avant lui M. JoUy (2) » mais un styliste qui fait le résumé triomphal de tout ce que le moyen âge avait rêvé sur Rome la grant. Son adversaire Rabelais résumait plutôt la tradition des gausseries populaires. L'auteur des Illustrations, malgré la folle ampleur de ses développements ou plutôt à cause même de ce défaut, a ensorcelé tout son siècle. Cette prose mi-latine mi-française (3), c'est bien la transition qui s'accuse ; ces vocables ardus, insolites, ce sont bien les accents, la balbutie d'un monde naissant. C'était le mwidus novus, tout aussi bien que celui qu'on avait retrouvé au-delà de l'Océan (4). C'était avant tout, la veine abondante, disait Jehan Boucher en sa 67^ Epistre. Le « traverseur des

(1) Paul Stapfer, Drames et poèmes antiques de Shakespeare, p. 280 (Paris, 1884).

(2) Benoit de S»* More et le roman de Troie ou les métamorphose d'Homère et de l'épopée gréco-latine au moyen âge par A. JoUy. (Mémoire couronné au Concours des Antiquités de France, p. 557. (Paris 1871.)

(ô) Cette bigarrui'e se retrouve dans ses Lettres. (4) Mmidus novus. Albericus Vespucius Laurentio Pétri de Medicis, 1502 (N» 1948 du Catalogue Rothschild).

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