‹ Œuvres de Jean Lemaire de Belges, publiéesChapitre 5 sur 44 · XVI NOTICE SLR LA VIE ET LES OKUVRES · texte numérisé non relu

XVI NOTICE SLR LA VIE ET LES OKUVRES

gestes Trojens. « Ne ci'oirait-oa pas entendi^e le flamand Maerlant préludant, lui aussi, à sa critique naïve?

Le coup de clairon est donné ; Mercure, le dieu des ingénieux trouveurs, déclare à Marguerite dAutriche (1) : « en ce temps heureux, que toutes sciences sont plus esclarcies que iamais, ie stimulay et enhardis l'entendement de lean le Maire de Belges, environ Tan XXVII. de son aage qui fut l'an de grâce Mil cinq cens, à ce quil osast entreprendre ce labeur : et luy ay administré toutes choses à ce servans et conuenables par lespace de neuf ans »

« Ce n'est pas son coup d'essay, dit l'abbé Sallier (Mém. de l'Acad. des Inscriptions. B. L. t. 13, p. 595), mais le premier objet qu'il poursuit. » En vérité, on pourrait ajouter que c'est au fond l'objectif de toute sa vie. Est-ce qu'il n'entendait pas sans cesse son ami Champier parler < d'Austrasie ou France orientale ? > (2)

Si Lemaire se croit historien et critique, il se sont bien plus encore littérateur et styliste. Son opus majus ne prépare pas seulement la Franciade de Ronsard mais, comme le reconnaît Dubellay, toutes les tentatives de la Pléiade (3). Il prétend

(1) Prologue du 1" livre des Illustrations de Gaule et Singularitez de Troye, p. 4. — Gargantua sua : tems idoine es lettres.

(2) Cf. AUut Etude sur Champier, p. 158-160.

(3) Bien diray-je que lan Lemaire de Belges me semble avoir premier illustré et les Gaules et la langue françoise lui donnant beaucoup de motz et manières de parler poétiques, qui ont bien servy mesmes aux plus excellents de nostre tens (c'est-à-dire de Marot à Ronsard). Deffense et illustration de la langue françoise éd. Em. Person. Paris 1887, p. 103. — A propos de Bardus V, roi des Gaules, Dubellay ajoute : « Lemaire diligent rechercheur de l'antiquité. » Ch Fontaine, en son Quintil Horatian, répond à ce passage de Dubellay : « Je ne vœil point debatre avec les mors, mais

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