‹ Œuvres de Jean RacineChapitre 16 sur 25 · TAILLES · texte numérisé non relu

TAILLES

En 1 658, cinquante-six millions.

En 1678, quarante millions.

En 1679, trente-quatre millions.

En 1680, trente-deux millions.

En 1681, trente-cinq millions.

En 1685, trente-cinq millions.

La dépense des bâtiments , en i685 , a monté à seîza millions.

. Le nonce Roberti disoit : « Bisogni infarinarsi di teologia , e far un fondo di politica. »

Le même nonce disoit à M. l'abbé Le Tellier , depuis archevêque 'de Reims , qui lui souteuoit lautorité du

concile au-dessus du pape : « Ou n'ayez qu'un bénéfice y

ou croyez à l'autorité du pape. »

M. l'archevêque de Reims répondit à l'évêque d'Autun , qui lui montroit un beau buffet d'argent , en lui disant qu'il étoit pour les pauvres ; «Vous pouviez leur en épargner la façon. »

Quand il fut coadjuteur, sous le titre de Nazianze, les révérends pères.... lui vinrent demander sa protection; U leur dit : « Je n'ai point de pouvoir à Reims ; mais à Nazianze, tant que vous voudrez. »

On dit qu'à Strasbourg 5 quand le roi y fit son entrée j les députés des Suisses l'étant venu voir, l'archevêque de Reims, qui vit parmi eux l'évêque de Bâle, dit à son voisin : « C'est quelque misérable, apparemment- que cet évêque. Comment I lui dit l'autre, il a cent mille livres de rente. Oh ! oh ! dit l'archevêque, c'est donc un honnête homme ; w et il lui fit mille caresses.

Milord Roussel, qui a eu depuis le cou coupé à Londres , en montant à l'échafaud donna sa montre au ministre qui l'exhorloit à la mort : «Tenez, dit-il, voilà qui sert à marquer le temps ; je vais compter par l'éternité. » Ce ministre étoit M. Burnet.

Dikfeld a avoué à un Danois nommé M. Scheil, que ce Grandval , qui fut exécuté en Hollande pour avoir voulu assassiner le prince d" Orange, avoit déclaré en mourant que jamais le roi de France n'avoit eu connoissance de son dessein; et que s'étant même voulu adresser à M. de

OEUVRES DIVERSES. ^gi

Louvois, celui-ci lui dit que si le roi savoit qu'il eût une pareille pensée , il le feroit pendre.

On pensa commencer la guerre dès 1666. Le roi en avoit fort envie ; mais il n'y avoit rien de prêt. Lorsqu'on la commença, l'artillerie n'étoit pas prête-, et ce fut une des raisons qui fit qu'on s arrêta à réparer Charleroi. De là le roi alla à Avesnes, où on fit venir la reine et madame de Montespan.

En 1672, le roi voulut que messieurs de Malte se déclarassent aussi contre les Hollandois; ils dirent qu'ils ne se déclaroient jamais que contre le Turc.

ViTRY. Affection des habitants, feux de joie, lanternes à toutes les fenêtres. Ils arrachèrent de l'église, où le roi devoit entendre la messe, la tombe d'un de leurs gouverneurs qui avoit été dans le parti de la ligue, de peur que le roi ne vît dans leur église le nom et l'épitaphe d'un rebelle.

Sermaise, vilain lieu. Le fauteuil du roi pouvoit à peine tenir dans sa chambre.

CoMMERCY. Le bruit de la cour ce jour-là étoit qu'on retourneroit à Paris.

TouL. On séjourna un jour. Le roi fit le tour de la ville, visita les fortifications, et ordonna deux bastions du côté de la rivière.

Metz. On séjourna deux jours. Le maréchal de Créqui s'y rendit, et eut ordre de partir le lendemain. Quantité d officiers eurent ordre de marcher vers Thionville. Le roi visita encore les fortifications, qu'il fît réparer. Grand zèle des habitants de Metz poiu- Iç roi.

Verdun. Le roi y trouva Monsieur, (jui avoit une grosse fièvre. Il alla visiter la citadelle.

Stenay. Le roi y arriva avant la reine, et alla voir les fortifications de la citadelle. Le roi quitta la reine et partit le matin à cheval. Il ne trouva point son dîner en chemin ; il mangea sous une halle , et but d'un très mauvais vin.

AuBiGNY, méchant village. Le roi coucha dans une ferme ; il vouloit aller le lendemain à Landrecies , mais tout le monde cria que c etoit trop loin. Il envoya les maréchaux des logis à Guise; il dîna le lendemain à une abbaye, et fit jaser un moine pour se divertir.

Gi/isE. Grand nombre de charités qu il faisoil en chemin. Une vieille femme demanda où étoit le roi ; on le lui montra, et elle lui dit : «Je vous avois déjà vu une fois; vous êtes bien changé. »

Le roi, approchant de Valenciennes, reçut la nouvelle que Gand étoit investi. A une lieue de Valenciennes ^ le roi m'a montré sept villes tout d'une vue, qui sont maintenant à lui ; il me dit : « Vous verrez Tournai , qui vaut bien que je hasarde quelque chose pour le conserver. » Le roi, en arrivant à Valenciennes, se trouva si las, qu'il ne pouvoit se résoudre à monter jusquà sa chambre.

Gakd , 4 mars. Le roi trouva Gand investi par le maréchal d'Humières. Il dîna, et alla donner les quai'tiers, et faire le tour de la place. Le quartier du roi étoit depuis le petit Escaut jusqu'au grand Escaut ; M. de Luxembourg,

OEUVRES DIVERSES. agî

depuis le grand Escaut jusqu'au canal du Sas-de-Gand; M. de Schomberg, entre ce canal et le canal de Bruges j M. de Lorges, entre le canal de Bruges et le petit Escaut. La Lis passoit au travers de son quartier. M. le maréchal d'Humières étoit dans le quartier du roi. Les lignes de circonvallation étoient commencées , et le roi les fit achever : elles étoient de sept lieues de tour. On commença dès le soir à préparer la tranchée. M. de Maran fit faire un boyau, dont on s'est servi depuis, et qui a été l'attaque de la droite, qu'on a appelée Vattaciue de Navarre. Le lendemain 5, la tranchée fut ouverte sur la gauche par le régiment des Gardes.

Le roi a dit , après la prise de Gand , qu'il y avoit plus de trois mois que le roi d'Angleterre avoit mandé à Villa- Hermosa qu'il avoit sur-tout à craindre pour Gand.

Misérable état des Espagnols-, ils se rendirent faute de pain. Le gouverneur, vieil et barbu, ne dit au roi que ces paroles : « Je viens rendre Gand à votre majesté; c'est tout ce que j'ai à lui dire, j)

Pendant que les armes du roi prospéroient en Allemagne , ses forces maritimes s'accroissoient considérablement , jusqu'à donner déjà de l'inquiétude à ses alliés. Ils s'étoient moqués de tous les projets qu'on faisoit eu France pour se rendre puissant sur la mer, s'imaginant qu'on se rebuteroit bientôt par les difficultés qui se rencontreroient dans l'exécution, et par les horribles dépenses qu'il falloit faire. Ils ne voyoient dans les ports que deux galères et une douzaine de vaisseaux, dont plus

agi OEUVRES DIVERSES.

de la moitié tomboit pour ainsi dire par pièces, les arsenaux et les magasins entièrement dégarnis , etc.

Prédiction de Campanella sur la grandeur future du Dauphin (depuis Louis XïV). Présages sur la même chose. Grotius. La constellation du Dauphin composée de neuf étoiles; les neuf Muses, suivant les astrologues, environnées de l'Aigle, grand génie; de Pégase, puissant en cavalerie; du Sagittaire, infanterie; du Verseau, puissance maritime; du Cygne, poètes, historiens, orateurs, qui le chanteront. Le Dauphin touche lequateur, justice. Né le dimanche, jour du soleil. Adsolis instar bealurus suo ca^ lore ac lamine Gallium, Gallicscjue aniicos. Delphiniis jam nonam nutricem sufjit : aufugiunt omnes, a^uôd manimas earum malè tractet. Premier janvier ï63q.

Le parlement complimenta par députés le roi Henri IV sur la mort de madame Gabrielle. Le premier président de Harlay, rendant compte de sa députation , dit : Lacjueus contritus est, et nos liberati siimiis.

Plusieurs choses extra vas;an tes trouvées après la morl de Blézerai dans son inventaire, entre autres, dans un sac de mille francs, ce billet : « C'est ici le dernier argent que j'ai reçu du roi; aussi depuis ce temps-là n'ai-je famais dit du bien de lui. • »

Dans un sac déçus d'or, il y avoit un écu d'or enveloppé seul dans un papier où étoit écrit : « Cet écu d'or est du bon roi Louis XII ; et je lai gardé pour louer une

î O» lui avoit ôté sa pcnsian.

OEUVRES DIVERSES. ^gS

place d où je puisse voir pendre le plus fameux financier dô notre siècle. » On lui trouva plus de cinquante mille francs en argent derrière des livres et de tous côtés. Il fît un eabaretier de la Chapelle son légataire universel.

M. Feuillet regardoit Monsieur faire collation en carême. Monsieur, en sortant de table, lui montra un petit biscuit qu'il prit encore sur la table, en disant : « Cela n'est pas rompre le jeûne, n'est-il pas vrai?» Feuillet lui répondit : «Mangez un veau, et soyez chrétien. »

Alexandre VIII , n'étant encore que monsignor Ottobon, et ayant grande envie d'être cardinal, sans qu'il lui en coûtât rien , avoît un jardin près duquel la dona Olym • pia venoit souvent. Il avoit à la cour de cette dame un ami , par le moyen duquel il obtint d'elle qu'elle viendroit un jour faire collation dans son jardin. Il l'attendit en effet avec une collation fort propre, et un beau buffet tout aux armes d'Olympia. Elle s'aperçut bientôt de la chose, et compta déjà le bufï'et pour elle-, car c'étoit la mode de lui envoyer des fleurs ou des fruits dans des bassins de vermeil, qui lui demcuroient aussi. Au sortir de chez Ottobon, lami commun dit à ce prélat qu'Olympia comprenoit bien son dessein galant, et en étoit charmée. Celuici mena son ami dans son cabinet, et lui montra un très beau collier de perles, en disant : «Ceci ira encore avec la credenza (le bufl'et).» Quinze jours après il y eut une promotion dans laquelle Ottobon fut nommé; et il renvoya aussitôt le collier de perles chez le marchand, et fit ^tcr de sa vaisselle les armes dOlympia.

M. Pigriatelli, maintenant pape, au retour de sa nonciature de Pologne, n'étoit guère mieux instruit des afTaires de ce pays-là, que s'il ne fût jamais sorti de Rome. Un jour qu'on parloit du siège de Belgrade, le pape Innocent X, qui avoit fort à cœur la guerre du Turc, dit à M. Pignatelli qu'il vînt l'après-dînée l'entretenir sur la situation de Belgrade. Le bon prélat, fort embarrassé, se confia à un capitaine suisse de la garde du pape, qui avoit servi quelques années en Hongrie. Ce capitaine fit ce qu'il put pour lui faire comprendre la situation de cette place ; et, lui ouvrant les deux doigts de la main, lui disoit : Eccovi laSava, ecco il Danuvio; et dans la fourche des deux doigts , Ecco Belgrada. Pignatelli s'en alla à l'audience, tenant ses deux doigts ouverts, et répétant la leçon du Suisse; mais sur le point d'entrer, il oublia lequel de SCS deux doigts étoit la Save ou le Danube, et revint au Suisse lui demander la position de ces deux rivières. Du reste, pape de grande piété, et aimant fort 1 église.

Le counier de l'évêque de MarseiÛe , Fourbin , qui apporta en France la nouvelle de l'élection de Sobiesky pour roi de Pologne, alla descendre chez M. Le Tellier, et fut renvoyé en Pologne avec une lettre du cardinal de Bonzy pour la reine. Ce cardinal lui mandoit que, si le roi son mari vouloit , on lui donneroit cent mille écus pour nommer au cardinalat un sujet qui auroit tout l'appui qu'on pouvolt désirer pour faire réussir cette nomination; et ce sujet étoit M. l'archevêque de Reims.

Le roi de Pologne Sobiesky ne songeoit point à recon-

noître le prince d'Orange pour roi d'Angleterre, n'ayant ni besoin en Hollande de lui, ni affaire à lui. Un Polonois, qui avoit besoin d'une recommandation auprès du prince d'Orange , donna trois cents pistoles à un religieux qui étoit auprès du roi de Pologne, et le roi se laissa gagner par<;e religieux.

Comme le roi de Pologne fut monté à cheval pour aller secourir Vienne, la reine le regardoit en pleurant et embrassant un jeune fils quelle avoit. Le roi lui dit : «Qu'avez-vous à pleurer, madame ? » Elle répondit : « Je pleure de ce que cet enfant n'est pas en état de vous suivjc comme les autres. » Le roi s'adressant au nonce lui dit : «Mandez au pape que vous m'avez vu à cheval, et que Vienne est secourue. » Après la levée du siège, il écrivit au pape : «Je suis venu, j'ai vu. Dieu a vaincu. » Il avoit mandé à l'empereur qu'il n'y avoit qui ne point craindre les Turcs, et aller à eux.

J'ai ouï dire à M. le Prince , aux premières nouvelles de ce siège, que si la tête n'avoit pas entièrement tourné aux Allemands, le plus grand bonheur pour l'empereur étoit que les Tiu-cs eussent assiégé Vienne.

Insolence des bourgeois d'Anvers, qui, dans un feu d'artifice, représentèrent le grand-turc, un prince de l'Europe et le diable, ligués tous trois, qu'on faisoit sauter en l'air.

Les cardinaux ont envoyé à l'empereur cent mille écus, les dames romaines autant, et le pape deux fois autant

agS OEUVRES DIVERSES.

Le roi, dès qu'il eut reçu la nouvelle du siège levét l'envoya dire au nonce.

Le roi de Pologne joue tous les soirs à Colin-Maillard : on le fait jouer de peur qu'il ne s'endorme.

La raison pourquoi le cardinal Mazarin différoit tant à accorder les grâces qu'il avoit promises, c'est qu'il étoil persuadé que 1 espérance est bien plus capable de retenir les hommes dans le devoir, que non pas la reconnoissance. Siri dit que les secrets de ce cardinal étoient souvent trahis et révélés aux ennemis par des domestiques infidèles et intéresses. Il fermoit les yeux pour ne pas voir leur friponnerie, et c'étoit là la plus grande récompense dont il payoit leurs services, comme il punissoit leurs infidélités en ne leur payaut point leurs gages.

Il ne donna rien au courrier qui lui apporta la nouvellç de la paix de Munster ^ et ne lui fit pas même payer son voyage; au lieu que Tempercur donna un riche présent et mille tous Je pension à celui qui la lui apporta. La reine de Suède fit noble son courrier. Servien étoit au désespoir. Siri , qui dit encore que ce cardinal étoit maître de toutes ses passions, excepté de l'avarice, ajoute qu'il avoit l'artifice de trouver toujours quelques défauts aux plus belles actions des généraux d armée, non pas tant pour les rendre plus vigilants à l'avenir, que pour diminuer © leurs services, et délivrer le roi de la nécessité de les récompenser.

Dans le premier volume des Mejnorie recondiie , Siri charge Frà Paolo de n'avoir pas été hou catholique. J'ai

relu avec attention cet endroit de son histoire; sa narration m'a paru fort embarrassée ; et de tout ce qu'il dit , je ne vois pas qu'on puisse tirer aucune démonstration contre la pureté de la foi de Frà Paolo.

Il dit même deux choses qui semblent se contredire; l'une, que dans le coeur Frà Paolo étoit luthérien ; l'autre, qu'il étoit en commerce avec des huguenots de France. II avance le premier fuit sur un simple ouï-dire-, il appuie le second sur des dépêches de M. Brulart , ambassadeur de France à Venise, qui sont dans la bibliothèque du roi. Ces dépêches portent, dit Siri, que le nonce du pape en France ayant surpris des lettres de Frà Paolo à des huguenots, forma le dessein de le déférer à l'inquisition de Venise, et en même temps d'en donner avis au sénat, afin que la république connût de quel théologien elle se servoit; car Frà Paolo avoit la qualité de théologien de la république. Mais le nonce ayant fait réflexion qu'étant ministre du pape Je sénat n'auroit pas grand égard à son témoignage, s'adressa à M. Brulart pour le prier de se charger de la chose , et de se plaindre, tant au nom du roi son maître que pour lintcrêt de la religion , des cabales que Frà Paolo faisoit avec les calvinistes de France. M. Brulart, connoissant à quel point la république étoit prévenue pour Frà Paolo, ne jugea pas à propos d'intenter cette accusation. Cet ambassadeur, en arrivant à Venise, dit Siri, avoit eu la curiosité de voir un homme aussi fameux, et voulut lui rendre visite; mais Frà Paolo, qui se tenoit toujours sur ses gardes, fit dire à l'ambassadeur :]!rétant théologien de la

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république , il ne lui étoit pas permis d'avoir commerce avec les ministres des princes , sans permission de ses supérieurs, c'est-à-dire du sénat. Siri ajoute que l'ambassadeur, sacbant d'ailleurs que c'ctoit un homme sans foi, sans religion, sans conscience, et qui ne croyoit pas l'inv mortalité de l'ame, ne se soucia plus de le connoître, et que la chose en demeura là. Il dit encore que rambassadcur avoit apporté pour Frà Paolo des lettres de M. de Thou et de M. L'Echassier, avocat au parlement, comme voulant insinuer que c'étoient des calvinistes. Tout cela, ce me semble, ne prouve pas grand'chose : il faudroit avoir rapporté quelques-unes de ces lettres, pour juger si elles étoient hérétiques. Un homme peut écrire à des huguenots, sans être huguenot lui-même; d'autant plus que Siri, comme j'ai déjà remarqué, l'accuse d'avoir été de la confession d'Ausbourg. Siri auroit mieux fait , ou de bien prouver la chose, ou de ne pas noircir légèrement la mémoire d'un homme qui vaut infiniment mieux que lui , et qui peut-être avoit plus de religion que Siri même. Je ne sais si ce n'est pas même faire tort à la religion de dire qu'un homme si généralement estimé n'a point eu de religion. Les impies peuvent abuser de cet exemple.

G'étoit sui- le pensioiinaire Wit querouloitlaprincipale conduite des états, homme zélé pour la république, et ennemi de la maison d'Orange , qu'il tenoit le plus bas qu'il pouvoit. Il avoit hérité ces sentiments de son père, vieux magistrat de Dort, qu'on regardoit autrefois comme le chef du parti opposé au prince Guillaume. Ce prince^

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jeune et entreprenant, fier de l'alliance du roi d'Angleterre, qui lui avoit donné sa fille, regardoit le titre de gouverneur et de capitaine général des états comme trop au-dessous de lui, et aspiroit assez ouvertement à la monarchie. Il fît arrêter Wit dans son hôtel à la Haye, et l'envoya prisonnier, avec cinq des principaux de ce parti, dans son château de Louvestein. En même temps il marcha vers Amsterdam, qu'il avoit fait investir, et ne manqua que de quelques heures la prise de cette grande ville. On peut dire avec assez de certitude , qu'il n'y avoit plus de république en Hollande, si la mort de ce prince, qu'on croit même avoir été avancée par quelque breuvage, n'eût interrompu tous ses desseins. Il laissa sa femme enceinte du prince qui vit aujourd'hui, dont elle accoucha deux mois après la mort de son mari. La Zélande, et quelques autres provinces, vouloient qu'il succédât à toutes les dignités de son père ; mais la province de Hollande , où la faction de Wit étoit la plus forte ^ empêcha que cette bonne volonté n eût aucun efïet, La charge de gouverneur et de capitaine général ne fiit point remplie, et les états s'emparèrent et de la nomination des magistrats, et de tous les autres privilèges attachés à cette charge. On prétend que le vieux Wit, avant que de mourir, ne cessoit d'encourager son fils à l'abaissement de cette maison , dont il regardoit l'élévation comme la ruine de la liberté, et qu'il lui répétoit souvent ces paroles : « Souviens-toi, mon fils , de la prison de Louvestein. »

Au siège de Cambrai, Vauban n'étoit pas d'avis qu on

Zotk OEUVRES DIVERSES.

attaquât la demi-lune de la ciladelie. Du Metz, brave Jjomme, mais chaud et emporté, persuada au roi de ne pas différer davantage. Ce fut dans cette contestation que Vauban dit au roi : «Vous perdrez peut-être à cette attaque tel homme qui vaut mieux que la place. » Du Metz l'emporta; la demi-lune fut attaquée et prise. Mais les ennemis y étant revenus avec un feu épouvantable, ils la reprirent, et le roi y perdit plus Je quatre cents hommes et quarante officiers. Vauban, deux jours après, l'attaqua <lans les formes , et s'en rendit maitre , sans y perdre que trois hommes. Le roi lui promit qu'une autre fois il le laisseroit faire.

C'étoit M. d'Épernau que i\î. le Prince et M. de Turenne firent gouverneur de Philisbourg, et qui, dans le temps même qu'ils lui dcclaroient qu'ils l'avoient choisi pour cela, et qu'ils lui recommandoient de bien faire sou devoir, les interrompit pour aller chasser une chèvre qui mangeoit un chou sur un bastion.

Depuis l'année 1689 jusqu'au 10 octobre 1G95, on a "ait pour quatre cent soixante et dix miUions d'affaires extraordinaires.

Le roi avoit cette année près do cent mille chevaux, et quatre cent cinquante mille hommes de pied : c'étoit quarante mille chevaux de plus qu'il n'avoit dans la guerre de Hollande.

M. de Feuquières avoit parlé tout l'hiver de l'avantage qu'on trouveroit à porter le fort de la guerre en Allemagne. Lorsqu'on fut arrivé au Qucsnoi, et qu'on sut la

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prise de Heidclberg, ces discoiu's furent remis sur le tapis. Le roi demanda à Chanlai un mémoire où il expliquât les raisons pour la Flandre ou pour l'Allemagne. Chanlai avoue (ju'il appuya un peu trop pour l'Allemagne. Ainsi on résolut dès-lors de pousser de ce côté-là, et le détachctnent de monseigneur fut résolu. Le roi apprit cette résolution à M. de Luxembourg, près de Mons.

M. le maréchal de Lorges dit ou il avoit proposé tout l'hiver le siège de Maïence, comme beaucoup plus important et plus aisé même que celui de Heidelberg; il prétend aussi que monseigneur lui ayant demandé au-delà du Rhin ce qu'il y avoit à faire, il lui répondit qu'il falioit faire ce que César avoit fait en Espagne contre les lieulenants de Pompée, cest-à-dire faire périr l'armée de M. do Bade, en lui coupant les vivres et les fourrages. M. de Boufflers fut de son avis. M. de Choiseul dit : « Cela me passe. » La chose auroit pourtant été exécutée, mais les nouvelles d'Italie firent prendre d'autres résolutions.

Dans le commencement, Turenne étoit fort haï des ministres, qu'il bravoit tous les jours. M. Le Tellier envoyoit toujours demander à d'Humières où l'on alloit camper. Il avoit décrié dans l'esprit du roi plusieurs maréchaux, sur-tout le maréclial de Graramont, qui éloit au désespoir, et qui monta la tranchée à la tête des gardes. Il poussoit Duras, et le favorisoit en toutes rcn* contres. Il voulut faire attaquer le château de Tournai par Lauzun, déjà favori, quoique d'Humières fi\t de jour. Bellefonds, qui étoit aussi fort favorisé du roi et de M. de

3o4 OEUVRES DIVERSES.

Turenne, ne vouloit point du gouvernement de Lille, pour ne pas quitter la cour; et Turenne le fit donner à d'Humières, qui se remît en grâce avec lui. Après la paix, Turenne eut bien du dessous; il demanda quartier au comte de Grammont, qui l'accabloit de plaisanteries devant le roi, et disoit que M. le Prince entendoit bien mieux les sièges que Turenne.

Le cardinal Mazarin dcstinoit à Turenne, s'il eût voulu se faire catholique, les plus grands emplois et les premières dignités du royaume, avec une de ses nièces; mais mademoiselle de Bouillon, que la conversion de son frère aîné avoit mortellement affligée, fit son possible pour traverser cette seconde conversion.

Le brevet qui fit messieurs de Bouillon princes ne fut point enregistré comme l'échange l'a été. Ce fut depuis ce brevet que M. de Turenne ne voulut plus prendre la qualité de maréchal de France; et ce fut mademoiselle de Bouillon sa sœur qui l'en détourna. Il ne se trouva plus aux assemblées des maréchaux, et envoyoit même leur recommander les affaires pour lesquelles on le sollicitoit. Les maréchaux furent sur le point de le citer; mais ils n'osèrent.

Vessellini étoit d'abord chef des mécontents; après lui Tékéli; puis celui-là s'étant tiré adroitcm.ent d'affaire, Tékéli prit sa place , homme de fort bonne maison , seigneur d'Huniade, et des descendants du fameux Huniade. Son père étoit chevalier de la toison. Il étoit tout Jeune quand on fit le procès à Nadasti et au comte de

OEUVRES DIVERSES. 3c5

Sérin, et s'enfuit de Vienne pour se retirer en Transilvanie.

Le grand-seignear^ne songeoit à rien moins qu'à la réduction des Cosaques, quand ils lui envoyèrent demander sa protection. 11 étoit à la chasse à Larisse vers la fin du siège de Candie. Ce fut le général Tétera , chef des Cosaques , qui s'y en alla , pour se venger des Polonois qui avoient pris le parti de son secrétaire révolté contre lui. Le grand-seigneur leur donna un étendard pour mar que qu'il les prcnoit en sa protection»

Vers le même temps les Hongrois, irrités de la mort du comte de Sérin, envoyèrent aussi demander au grandseigneur sa protection.

L'empereur, pour ramener les mécontents, leur écrivoit pour les exhorter à venir partager avec lui les grands butins qu'il faisoit en France.

Catherine de Médicis étoit fille de Laurent de Médici.^, duc d'Urbin, et de Magdelaine de La Tour, de la maison de Boulogne. Le pape Clément VU, son oncle ^ la dota, en la mariant, d'une somme de cent mille écus comptant; et Magdelaine de La Tour déclara dans son contrat do mariage qu'elle lui donnoit et substituoit son droit de succession aux comtés d'Auvergne et de Lauraguais, baronnîc de la Tour, et autres terres possédées alors par Anne de La Tour sa sœur aînée, laquelle n'avoit point d'enfants. En eflfet, après la mort de cette Anne, Catherine, comme unique héritière de la maison de Boulogne, entra en possession de toutes ces terres en l'année ïSîlç]. Racine. /}. 20

^o« ŒUVRES DIVERSE!

Le roi Henri II son mari étant mort, le duché de Valois lui fut assigne. En i583 elle détacha de ce duché la terre de la Ferté-Milon, et l'engagea à madame de Sauve, depuis marquise de Noirmoutier, pour une somme de dix mille écus d'or, que la rcino Catherine lui avoit accordée pour récompense de ses services. Le roi Henri III son fils continua depuis et la donation et rengagement. Catherine mourut en 1589, et le roi Henri III lui survécut de huit ou neuf mois. Ainsi ce prince a été ou a dû être son héritier. Il est vrai que Catherine fit don, par son testament, des comtés d'Auvergne et de Lauraguais h feu M. le duc d'Angoulème, qui en prit même alors le nom de comte d'Auvergne. Mais en 1606, la fameuse reine Marguerite, restée seule des enfants, fit déclarer ce testament nul, et, en vertu de la donation par forme de substitution , stipulée dans le contrat de mariage de Catherine, se fit adjuger par le pai-lement de Paris toutes les terres que la reine sa mère avoit possédées, et aussitôt en fît présent au dauphin, qui depuis a été Louis XIII, de telle façon que ces comtés et cette baronnie ont été réunis à la couronne.

M. DE ScH03iBERG. Sou graud-pèrc amena des troupes au service de Henri IV lorsque le prince Casimir eu amena, et M. de Schomberg prétend qu'il lui en est encore dû de l'argent.

Son père fut gouverneur de l'électeur Palatin, depuis roi de Bohème , celui qui alla en Angleterre négocier le mariage avec la princesse Elisabeth.

11 eut beaucoup de part aux partis (pu se formèrcBl en

Bohème pour Iclecleur, et mourut à treute-trois ans, avant que ce prince fût élu roi.

M. de Schomberg n'avoit que sept ou huit mois à la mort de son père. Il dit que l'électeur voulut être son tuteur, et nomma quatre commissaires pour administrer son bien. Il prétend de grandes sommes de M. lelecleur Palatin, pour cette administration, dont on ne lui a pas rendu compte.

Il se trouva, à seize ans, à la bataille de Nortlingue; il se trouva aussi à la fameuse retraite de Maïence; il se trouva à la retraite de devant Dole , sous M. de Rantzau, qui lui ayoit donné une compagnie dans son régiment.

Hermenstein ayant été pris par les ennemis , le cardinal de Richelieu, piqué au vif de cette perte , donna ordre à M. de R.antzau de lever en Allemagne douze mille hommes. Rantrau fit cette levée. fort lentement, s'amusa vers Hambourg, se maria à sa cousine, et se laissa enlever un quartier. Pour avoir sa revanche, il envoya Schomberg avec àes troupes pour enlever un quartier des ennemis qui étoient dans Northausen. Il tomba sur une garde de dragons qui étoient hors de la place, et entra dedans pêle-mêle avec les fuyards.

Schomberg se maria; et parcequc 1 empereur avoit fait confisquer tous ses biens, il quitta le service de la France. Ennuyé detre sans rien faire, il alla en Hollande, où le prince Henri-Frédéric lui donna une compagnie de cavalerie. M. de Turenne avoit alors un régiment d'infanterie.

3o8 OEUVRES DIVERSES.

Il entra dans la confidence du prince Guillaume, qui lui communiqua son projet sur Amsterdam, qui fut entrepris de concert avec la France et la Suède. Schomberg donnoit avis de toutes choses à Servien. Ce fut lui qui arrêta dix ou douze membres des états ^ du nombre desquels étoit Wit le père.

Le prince Guillaume mourut. Scliomberg avoit promis de mener des troupes en Ecosse au scrvâce du roi d Angleterre; mais ce prince^ ayant perdu la bataille de Worcester, vint à Paris ^ où il conseilla à Schombcrg, qu'on regardoit comme Anglois, et dont la mère étoit Angloise en effet, d'acheter la compagnie des gardes écossoises du comte de Grey. Schomberg en donna vingt mille francs, avec six cents écus de pension viagère.

Au commencement des guerres civiles, le cardinal Mazarin l'envoya en Poitou; de là il vint au siège de Réthel, où M. de Turenne lui donna le commandement de l'infanterie, en l'absence des officiers généraux qui n'étoient pas encore arrivés.

Au secours d'Arras, il commandoit la gendarmerie. Le cardinal lui avoit donné une commission de lieutenantgénéral pour l'expédition de Gueldres. Il servit en celte qualité au siège de Landrecies , puis au siège de Saint- Guilain , où il fui blessé î il eut le gouvernement de la place. Il servit encore au siège de "Valenciennes en qualité de lieutenant-général. Son fils aîné fut tué tout roide dans la tranchée à sa vue , et comme il lui commandoit de poser une fascine à un endroit découvert : il

commanda qu'on l'emportât, et continua à donner ses ordres.

Il étoit de jour lors<jue M. le Prince attaqua les lignes; il pensa être prisonnier, et fît enfin sa retraite jusqu'au Quesnoij avec un bon nombre de régiments, M. de Turenne n'ayant donné aucun ordre pour la retraite.

A la bataille des Dunes il commandoit la seconde ligne de l'aile gauche. Comme il vit que les Anglois de la première ligne étoient maltraités sur les Dunes par les Espagnols j il vint prendre le second bataillon des Anglois dans la seconde ligne, et le§ mena au secours des autres, qui chassèrent et défirent les Espagnols.

Ensuite on assiégea Berg, dont il eut le gouvernement; de là il fut commandé pour les sièges d'Oudcnarde et de Gravelines. Il emplojoit volontiers Vauban dans tous les sièges , parceque le chevalier de Chervîlle n'alloit point lui-même voir les travaux, et que Vauban se trouvoit par-tout.

Après la défaite du prince de Ligne , Schombsrg eut ordre de marcher vers la Knoque , et d'investir Ypres. On lui avoit promis que toutes les places qu'on prendroit de ce côté-là seroient de son gouvernement de Berg. Cependant M. de Turenne fit donner Ypres ù M. d'Humières , qui étoit dans ses bonnes grâces. Schomberg sut encore que M. de Turenne avoit écrit à la cour, pour faire que M. de Lillebonne commandât en qualité de capitaine général ; ainsi il n'auroit été que subalterne. Voilà les premiers mécontentements qu'il eut de M. de Turenne, etc.

3to OEUVRES DIVERSES,

Pierre pe Marga. II fut nourri de lait de CÎièvre Ut quatre premiers mois. Il se maria, eut plusieurs enfants, et demeura veuf en i632. Il étoit alors conseiller au conseil de Pau; et lorsqu'en i64o Louis XIII érigea ce conseil en parlement, il fit Marca président,.

On disoit que le cardinal de Richelieu , dans le dessein ds se faire patriarche eu France, avoit fait faire par M. Dupuy le livre des Libertés de l'église gallicane. Il parut un livre intitulé : Optatus Galliis, contre le livide de M. Dupuy. Mai'ca répondit à ce livre par ordre du cardinal, et ce fut le sujet qui lui lit faire son livre de Concordid Sacerdoîii el Imperiip Tan iG4i. La même année, le roi le nomma à l'évêché de Conseraiis. On lui refusa assez long-temps ses bulles , à cause de ce livre , dont plusieurs endroits avoient choqué la cour de Ptome. /^près la mort d'Urbain VIII, Innocent X lit encore examiner ce livre, et apportoit bien des longueurs aux bulles de Marca , qui, en ce temps-là même, fit un écrit pour expliquer son dessein sur la publication du livre de Concordid, etc., le soumettre à Tautorité et à la censure du saint-siège, et prouver que les vois étoient les défenseurs et non pas les auteurs des canons, que les libertés de l'église gallicane consistoicut dans la pratique des canons et des dccrétalcs, et beaucoup d'autres choses peu avantageuses aux rois. Il envoya ce dernier livre à Innocent X. avec une lettre où il désâvouoit beaucoup de choses qu'il avoit avancées dans le premier, demaedoit pardon des fautes oii il étoit tombé, et déclai'oit qu'à l'avenir il soutiendrcit de toute sa force ks

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droits de l'église; tout cela, comme il lavouoit luî-mômo dans une autre lettre, pour avoir ses bulles, qu'il eut en 1647. 11 uetoit que tonsuré; il se fit ordonner prêtre , après avoir reçu ses bulles à Barcelone , où autrefois saint Paulin fut ordonné prêtre, mais malgré lui.

Peu de temps après il écrivit de sincjulari Prinmlu Pétri, pour faire plaisir à Innocent X, ensuite une lettre sur Tautorité des papes envers les conciles généraux.

En 1644 il avoit été fait visiteur général de la Catalogne, avec une juridiction sur les troupes, et avec le soin des finances. Eu iG5i il parût de Barcelone, et fit son entrée à Conserans. L'année d'après il fut nommé à l'archevêché de Toulouse. Il écrivit fort Immblemcut à Innocent X pour avoir' ses bulles, et se comparoit à uu Exupère, qui ayant été, disoit-il, président en Espagne, fut élevé par innocent I à 1 évèclié de Toulouse. Sur quoi Baluzc remarque que son Mécénas (car c'est ainsi qu'il appelle toujours Marca) fit un mensonge de dessein formé pour chatouiller les oreilles du pape; car TExupère qui fut évêque de Toulouse n'étoit point TExupère qui exerça la magistrature en Espagne. Baluze rapporte qu'ayant appris qu'un auteur lavoit accusé de s'être trompé sur ce fait d'histoire, il rioit de la simplicité de cet auteur, qui n'avoit pas pris garde qu il s'agissoit d'avoir ses bulles , et qu'il falloit tromper le pape, qui ne lui étoit pas d'ailleurs fort favorable.

Le pape le soupconnoit fort mal à propos d'être janséniste, et ne lui euvoyoit poiiU ses bulles; mais heureuse-

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ment ce pape ayant publié alors sa constitution contre Jansénius, et Marca l'ayant reçue avec grande joie, on lui envoya ses bulles.

Eu i656 il fut député à l'assemblée du clergé, où il soutint si vigoureusement les intérèls du saint-siège, que le pape Alexandi'e VII l'en remercia par un bref. C'étoil lui qui écrivoit toutes les lettres du clergé au pape.

Comme il avoit honte d'être si long-temps absent de son diocèse , pour lever son scrupule on le fit ministre d'état. Durant les conférences de la paix , il fut un des commissaires pour régler les limites des deux royaumes du côté des Pyrénées. Ses décisions furent suivies, c'est-àdire que les comtés de Roussillon, de Conflans, le Capsir, et le Val-de-Quérol, avec une grande partie de la Cerdagne , demeurèrent à la France. Après la mort du cardinal, le roi îe mit de son conseil de conscience, avec l'archevêque d'Auch, l'évêque de Rodez, et le père Annal. Peu de tempsaprès il fit un traité de rinfaillibilitédupape, qui est son dernier ouvrage.

Le 20 février 1662 , la duchesse de Retz apporta au roi la démission du cardinal de Retz pour rarchevèché de Paris, qu'il avoit signée à Commercy le i3 février. Le jouimême le roi appela Marca dans son cabinet, lui dit qu'il le faisoit archevêque de Paris, et écrivit lui-même au pape pour avoir ses bulles, Marca tomba malade le 10 mai suivant, reçut le 12 juin des lettres de Rome qui l'assiu-oient de sa translation à l'archevêché de Paris , en témoigna une grande joie, et mourut le 28 juillet, laissant un fils qui

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avolt sa charge de premier président , et l'abbaye de Saint- Albin d'Angers. Marca mourut à soixante-deux ans, et fut enterré dans le choeur de Notre-Dame, au-dessous du trône archiépiscopal.

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