‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 17 sur 442 · DÉJANIRE, LUSCINDE · texte numérisé non relu

DÉJANIRE, LUSCINDE

DÉJANIRE, Jurieuse. *

D'oïl que de tés rayons les cieux soient éclairés, Quelqu'en droit où tu sois en ces champs azurés. Epouse de Jupin, contente ma colère; Ton intérêt est joint à ma juste prière. •iO Junon! perds ce traître; envoie un monstre ici. Qui, te satisfaisant, me satisfasse aussi. S'il est quelque serpent horrible, épouvantable, Capable d'étouffer ce vainqueur redoutable. Et qu'à cette action tu puisses provoquer. Qu'il vienne, qu'il paroisse, et qu'il l'aille attaquer. Ou , s'il n'est point de monstre assez fort pour ta haine, Fais-moi capable d'être et son monstre et sa peine; Change , si tu peux tout , ma figure , et rends-moi Telle qu'on peint l'horreur , et la rage , et l'effroi. Pourquoi perds-tu du temps à tirer de la terre Un monstre nécessaire à lui faire la guerre? Pourquoi dans les enfers cherches-tu sans effet Tout ce qu'ils ont de pire et ce qu'il a défait , Si je porte en mon sein de quoi te satisfaire, Et si j'ai là-dedans sa Parque et son Cerbère?

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