SCÈNE II
JULIE, FLORIMANT.
JULIE
Mon frère n'est pas seul?
FLORIMANT.
Ma douce inquiétude Entretient mon esprit en cette solitude; Je trouve en mes pensers un plaisir si parfait , Que je doute, ma sœur, qu'il soit tel en l'effet. N'estimeras-tu pas ma gloire sans seconde Quand je posséderai ce miracle du monde?
JULIE
Mais plutôt le bonheur d'accomplir vos désirs Seroit le plus cruel de tous vos déplaisirs. Vous cherchez votre honte en cette jouissance. Quelle altération! mon discours vous offense?
FLORIMANT.
Qui t'oblige , cruelle , à me parler ainsi ?
JULIE
Adieu.
FLORIMANT.
Non , non , achève et m'ote de souci ; Ne laisse point de trouble à mon âme incertaine.
JULIE
Je vous affligerois en vous tirant de peine.
Qui me peut traverser en ce bien sans pareil? Trouves-tu quelque tache en ce divin soleil !