‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 226 sur 442 · ACTE V, SCÈWE IV. 6j^i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈWE IV. 6j^i

JULIE, entrant dans la chambre.

La feinte est bien conduite :

Daigne, dieu des amours, favoriser la suite. Ce divertissement ne se peut trop priser.

( A Céliane. )

Qui t'a si bien instruite en l'art de courtiser? Mille fois ma franchise à ta voix s'est rendue, Et je bmlc d'amour de t'avoir entendue.

CÉLIANE, l'embrassant.

C'est gausser à propos ; mais peu de paysans , Sans me vanter beaucoup, sont si bons courtisans.

NiSE , /ej voyant s embrasser.

Dieux! quelle affection est pareille à la notre? Mon amant à mes yeux en caresser une autre, La baiser, l'embrasser! Infidèle, inconstant, Eh quoi ! ta passion n'a duré qu'un instant ! Et vous qui vous offrez à cet amant volage. Me croyez-vous d'humeur à souffrir cet outrage?

Je me résous plutôt à l'infidélité ,

Que de rien refuser d'une telle beauté.

Nise, accordez ce point à l'ardeur qui me presse,

Que , vous étant ma femme , elle soit ma maîtresse ;

C'est l'ordinaire humeur des hommes de ce temps :

Quand ils n'en ont que deux , ils sont assez contens.

JULIE, a Nise.

Madame , rejetez cet amant infidèle.

(A Celiane. )

Et vous , il faut tâcher de fléchir cette belle : Prenez en ma faveur ce divertissement; Celte feinte est requise à mon contentement. TOHE II. c»i

J'aperçois Philidor, dont la triste pensée Pourra changer d'objet, vous croyant insensée. Cet infidèle amant m'est plus cher que le jour, Et vous pouvez ainsi me rendre son amour.

Que Nise seulement seconde ma folie , Je ferai toute chose en faveur de Julie.

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