PHILIDOR, JULIE, NISE, CÉLIANE
PHiLiDOR, éloigné.
Enfin je sens un peu refroidir mes esprits;
Il est trop malaisé de souffrir ses mépris ;
J'ai langui trop long-temps pour cette âme intraitable ;
Julie est d'une humeur qui la rend plus aimable ,
Et ce trésor acquis a de puissans appas
Pour me faire oublier celui que je n'ai pas.
JULIE, allant au-devant de lui.
Que par un foible effort notre raison se change ! Philidor , savez-vous cet accident étrange ?
PHILIDOR
J'ai peine à concevoir quel accident tu dis ,
Si ce n'est que mes vœux sont beaucoup refroidis,
( Montrant Céliane. )
Et que cette beauté si sourde à ma prière Laisse rentrer mon cœur en sa prison première : Quelque rares attraits qu'elle tienne des cieux , Ceux de ta belle humeur valent ceux de ses yeux. Il me souvient encor de notre amour passée, Et j'ai quelque regret de t'avoir offensée.