‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 227 sur 442 · PHILIDOR, JULIE, NISE, CÉLIANE · texte numérisé non relu

PHILIDOR, JULIE, NISE, CÉLIANE

PHiLiDOR, éloigné.

Enfin je sens un peu refroidir mes esprits;

Il est trop malaisé de souffrir ses mépris ;

J'ai langui trop long-temps pour cette âme intraitable ;

Julie est d'une humeur qui la rend plus aimable ,

Et ce trésor acquis a de puissans appas

Pour me faire oublier celui que je n'ai pas.

JULIE, allant au-devant de lui.

Que par un foible effort notre raison se change ! Philidor , savez-vous cet accident étrange ?

PHILIDOR

J'ai peine à concevoir quel accident tu dis ,

Si ce n'est que mes vœux sont beaucoup refroidis,

( Montrant Céliane. )

Et que cette beauté si sourde à ma prière Laisse rentrer mon cœur en sa prison première : Quelque rares attraits qu'elle tienne des cieux , Ceux de ta belle humeur valent ceux de ses yeux. Il me souvient encor de notre amour passée, Et j'ai quelque regret de t'avoir offensée.

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