SCÈNE VIL
NISE, JULIE, CÉLIANE, dans la chambre.
JULIE
Il est temps d'achever ces agréables feintes, Qui finiront aussi vos soupirs et vos plaintes. Quand ils viendront ensemble écouter vos discours, Que de nouveaux sermens témoignent vos amours. Sitôt qu'un peu de bruit vous frappera l'oreille. Commencez d'exprimer une ardeur sans pareille. Adieu , si je les trouve en ces lieux d'alentour, Je vais conter merveille et hâter leur retour.
( Elle sort. ) NISE.
Que mon espoir est foible et que ma crainte est grande, Que d'un mal apparent tout notre bien dépende! Sur la forme d'un crime établir son bonheur. Faire pour son repos soupçonner son honneur ! Hélas ! dois-je espérer une agréable issue >
De cette invention que nous avons conçue?
Quelque appréhension qui nous puisse assaillir, Un dieu nous conseillant, nous ne saurions faillir.