‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 278 sur 442 · ACTE IV, SCÈNf^II. 4oi · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNf^II. 4oi

De faire que des fables , 3\'ntends qu'enfin mon cœur m'en dit des vérités.

Ce feu, que je crus de nature A ne nous brûler qu'en peinture.

Et n'avoir pour flambeau qu'un pinceau seulement, Je sens qu'il me dévore, et qu'il est en mon âme

Une si vive flamme, Qu'Etna ne brûle pas d'un feu si vébément.

Mais que sa violence est douce !

Et que les soupirs que je pousse Procèdent bien d'un mal plus cher que la santé! Que la mort dont je meurs vaut bien mieux que la vie,

Et qu'avec peu d'envie Parmi de si beaux fers je vois la liberté !

Beaux yeux, belles prisons 'd'une innocente esclave,

Nouveaux soleils des bords que la Tamise lave ,

Chers et premiers auteurs de mes affections,

Beaux objets de mes vœux, mes douces passions,

Uniques souverains que mon âme désire,

D'oïl venez-vous si loin établir votre empire ,

Et qui relèvera de deux maîtres si doux ,

S'il faut que vos sujets soient parfaits comme vous?

O dieux ! faites mon mal capable de remède ,

Ou faites mes attraits dignes de Cléomède.

Mais quelle peur me trouble, et sur quel fondcnienL

Ai-je pris de moi-même un mauvais sentiment?

Parmi quelques beautés j'ai parfois trouvé place.

Quelquefois sans horreur j'ai consulté ma glace,

(Se rc}i;ardant dans une fontaine, )

Et j'en crois ces ruisseaux dont le cristal mouvant ^Nl'a trouvée agréable ou m'a menti souvent.

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