SCÈNE III
ALPHREDE , sous le nom de Cljîomède ; ORANTÈ.
ALPHREDE, suiis être vue dOrante.
Olî! le doux passe-temps !
ovihiiT^ , prenant les /leurs d'un bouquet qui est à son côté.
De plus vermeilles roses Que celles que je tiens, sur mon sein sont écloses. Si ce moite miroir ne me flatte à dessein, Ces lis n'égalent pas la blancheur de mon sein ; Ces œillets sont flétris aussitôt qu'on les touche , Et ce défaut n'est point aux oeillets de ma bouche. Si mon cher Gléomède un jour les doit toucher. Il les fera fleurir bien plutôt que sécher. Avouez, belles fleurs, qu'Orante vous surmonte ; Vous ne me parez point, et moi je vous fais honte; Mon teint a plus d'attraits que vous n'en possédez , Et je vous porte à tort puisque vous me cédez.
(Elle jette les fleurs dans l'eau. )
ALPHREDE, la surprenant.
Quoi ! sur des fleurs Orante exerce sa colère !
ORANTE
Je ne les puis souffrir, l'odeur m'en est contraire : J'allois m'évanouir sans le secours de l'eau Que ma main a puisée au sein de ce ruisseau.
ALPHREDE.
Et ce n'a pas été sans remarquer possible Combien des maux de cœur la douleur est sensible : Ce mal , quoique léger, sans cet heureu?: secours ,