SCÈNE II
ORANTE seule.
Le pauvre qui chez soi voit la table déserte , Lorsque de mets exquis ailleurs elle est couverte, Et qui ne peut goûter que des yeux seulement Les douceurs d'un festin dressé superbement , Celui-là te ressemble , Orante infortunée ; A toi qui sans goûter vois les fruits d'hyménée, A toi qui vois ta sœur au comble des plaisirs , Et qui n'oses passer les bornes des désirs.