‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 370 sur 442 · ACTE V, SCÈNE V. 5i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V. 5i

Ce que dit un amant, ce que pense un jaloux , Et de quelle façon on sent naître ces flammes Qui troublent le repos et consument les âmes?

Ton esprit, Filidan , se mêle de deux, arts Où la sagesse est rare et court de grands hasards^ Je crains pour ta raison un peu de frénésie ; Mais c'est ton intérêt. Voyons ta poésie.

( Il ouvre le papier et lit.)

A Diane.

« Je prends conseil de ma raison; Je cherche du contre-poison Au mal dont mon âme est atteinte; J'évite l'éclat de vos yeux; Je ne sais prière si sainte Dont je n'aie cent fois importuné les dieux.

Je déteste votre rigUv;ur, Je vous nomme injuste et sans cœur; Ma propre colère m'étonne; Mais j'en tire un foible secours; Et quelque nom que je vous donne, Celui de malheureux me demeure toujours.

Je ne puis délivrer mes sens De la vive ardeur que je sens; Mes yeux n'adorent que les vôtres.

Obéissant à mon courroux.

Ils ne trouveroient pas en d'autres Les célestes attraits qu'ils laisseroient en vousr

Mais enfin, après tant de feux, Qu'aurai-je pour fruit de mes vœux?

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