‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 392 sur 442 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

FILANDRE, CÉLIDOR.

CÉLIDOR.

Que dis-tu là-^dessus?

Il est vrai que Nérëe Peut d'un cœur amoureux sans crime être adorée. Ce dieu qui range tout sous le joug de ses lois. Ce glorieux vainqueur des peuples et des rois, Tire de sa beauté d'inévitables armes, Et par ses propres traits fait moins que par ses charmes. Mais Céphise, mon frère, a d'autres qualités: Son œil est un vainqueur fatal aux libertés; Son esprit est charmant; et son mérite extrême, Si l'Amour a des yeux, captive l'Amour même. Tu ne peux toutefois partager ses douleurs. Et tu vois d'un œil sec ses yeux mouillés de pleurs. Est-ce que la beauté fait la tristesse belle? Pour cette occasion sa douleur te plaît-elle? L'aimes-tu malheureuse et triste comme elle est, Et la fais-tu souffrir parce qu'elle te plaît?

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