Tome IL
ClÉLIDOR.
Veux-tu qu'un même cœur souffre un double martyre. Que sur moi deux objets aient un égal empire; Et puis-je, sous le joUg de leurs diverses lois, Entretenir Céphise et Nérée à la fois?
Connois-tu bien Nérée?
CJÉLIDOR.
Assez pour la défendre Contre l'injuste effort du mépris de Filandre. Qui ne cède à ses yeux, et quels astres pareils Egalent la clarté de ces jeunes soleils?
Elle brûle pour toi ? tu possèdes son âme ?
CÉLIDOR.
J'ose sans vanité m'assurer de sa flamme ; Et je la trouve aveugle en ce point seulement Qu'elle pousse des vœux pour un indigne amant.
Ah! si Nérée un jour me permet de te dire
CÉLIDOR.
Quoi?
Je n'achève point; ce mot te doit suffire. Nourris le vain tourment dont ton cœur est atteint.
CÉLIDOR.
Adieu , frère ; et , crois-moi , ne plains point qui te plaint.
(11 sort.)
Je ne vois point encor son âme préparée Aux aveugles soupçons de la foi de Nérée;