‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 410 sur 442 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

THÉANE, NÉRÉE.

THÉANE.

Ah dieux! que ton conseil m'est enfin salutaire!

NÉR]ÉE.

Pour leur fermer la bouche , il ne faut que se taire. Mais sachant quel malheur traverse mon amour, Théane, tu me dois du conseil à ton tour.

THÉANE.

Fuis sans délibérer un ingrat qui t'oublie ;

D'un généreux effort romps le nœud qui vous lie:

Le temps éloignera cet objet odieux

De ton triste penser, s'il est loin de tes yeux.

Le temps et la raison font ces métamorphoses ;

Ils sont maîtres d'Amour, qui l'est de toutes choses.

Mais j'offre du remède au point de mon trépas;

Je donne des avis et je n'en use pas.

NÉRÉE

Comment?

THÉAUfE.

Hélas! il faut que je confesse

Mais te dois-je avouer cette ardeur qui me presse? Que me sert de t'ouvrir les secrets de mon sein , Qu'à me rendre plus lâche et ton frère plus vain?

NÉRÉE

Mon exemple t'oblige à cette confiance ; Théane, l'aimes-tu? Que j'ai d'impatience!

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