‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 70 sur 442 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

FÉLICIE, CÉLIMÈNE, ALIDOR endormi.

Dieux ! que ces importuns ont peu de complaisance , Et qu'il est malaisé d'éviter leur présence ! Ma sœur, n'y sont-ils plus?

FÉLICIE

Oui , je les vois là-bas.

Adieu.

FÉLICIE

Reviens ; je ris , et je ne ^es vois pas.

Je m'aime aujourd'hui seule, et si pas un se montre.

FÉLICIE

Dieux ! quelle peur as-tu ?

Celle de leur rencontre.

FÉLICIE

Alidor te déplaît? cruelle, tu le fuis?

Parfois, selon le temps et l'humeur où je suis. En de certains momens j'aime d'ouïr ses plaintes , Je lui réponds des yeux et je flatte ses craintes, Je vante son esprit, j'estime ses discours. Mais cette bonne humeur ne dure pas toujours: J'abhorre bien souvent un si triste langage ; Un homme plus joyeux me plairoit davantage.

Page 1