SUPPLEMENT
ET
CONCLUSION
J’ai promii de dire (fiiel Put le sort de cette cor* respondance. Peu de molssiifBronl à celte histoire. Après avoir vainement atlendii unaccusèetunreçti de me» lettres, je (iriai tnndemoiaelle Fr. Wright, auteur d’un ouvrage sur rAmêrique *, et qui se trouvait à Paris ainsi que 51. te comte de Toreno, de vouloir bien prendre la peine de lui rappeler mes lettres et lui demander des nouvelle» de notre corresfK)ndance.
Le résultat de cette déraarclie, dont mademoiselle Wriglit s’acquitta avec tout le zèle et toute l'amahi* lilê possible, fut une lettre très-honnète et pleine d’éloges et «le grAce , où le comte de Toreno , en me disant qu'il avait lu mes iellrcs avec plaisir, intérêt , etc. , m’accusait en termes polis , mais non équivoques , de méflance envers lui , comme fonctionnaire public.
Méfiance? oui sans doute ! Non |>our l'indiridu , mai» pour l’espèce ! Non pou r le comte «le Toreno , que je vois briser les entraves du préjugé et de rinlérél; s'abaisser jusqu'à demander à un etranger «Ica conseils qu’il croit utiles à son pays, et me donner des exempU’S «le iilH-raiité dans les sentiments, «le générosité, de patriotisme, «Pëiévalion d’esprit et d'Amc; non pour ini, mais pour la classe gouvernante à laqiiellü il appartient.
El après tout, celte méfiance a été justifiée. Depuis la lettre dont je viens de parler (i20 septembre 1821) jusqu’au moment actuel . pas un mot ne m’p.sl parvenu, de la part «le M. le comte de Toreno. Pas une réponse aux iiomhrciiscs questions que je lui adressai dans mes leltres et surloin à celle de ma lettre VI. Je lui écrivis : mais en vain. .Mon ami M. Üowring alla à .Madrid ; il chercha le comte ; H alla chez lui ; il le poursuivit sans
1 Traduit en français par M. Tarisot.
i’aUeindre. comte, m'écrirait-il, est invisible!
Je ne perce point ce mystère et je me contente de le contempler avec surprise.
Mais ce qui est surtout étonnant, ce que .51. le comte de Toreno et 51. OaI.itrava , les plus évidents «les Portés, si diffcremmcnl traité» par l’auteur de ces leltres, se soient conduit» envers lui précisément au rebours de ce <]uc l’on semblait en devoir attendre.
Toutes les foi» que rimiividualilé de l’honorable personne à qui j’écrivais se présentait à ma pensée, je cherchai» à rendre les expressions aussi douces et aussi aimables que ma consitléralion , ma gratitude et les sentiments d’estime qu’elle m’inspirait, sembla knl l’exiger de moi. Au contraire , s'agissait-il de» rédacteurs du code, dontM. Calalmva est le chef et le directeur, je n’adoucissais aucune expression ; j'exagérais presque la force des mots et «les pensée». Pour m’encourager dans cette lâche sévère et dure, je fixais mes yeux sur les hauts intérêts de l'Kspagne , et sur toutes ces autres nalionsdont les intérêt» politiques se touchent et sc lient, et je les détournais de ces intérêts particuliers et fugitif» de quelques hommes d'État, res|>ertables d’ailleurs, mais qui ne pouvaient entrer en concurrence avec ces |>cuples entiers, avides de leur bonheur et de leurs droits.
On sait comment le comte de Toreno s’est conduit ilans celte circonstance, (luant à M. Calalrava, il s’est conduit hûm extraordinairement. Lui, envers qui j'ai tant de torts, involontaires mais réels, U virnt de proclamer, en pleine séance d«\» corlès, « rhumanitr ^ la philanthropie et le génie su- N blime de Bentham f » Voilà un bel et rare exemple du mal rendu }>oiir le bien. Est-ce piété, prudence, gén«*rosilé, franchise, prévoyance, h«^ roTsme? D’autres le diront. Pour moi, au fond de mon ermitage , je l’ignore.