‹ Œuvres de Jérémie Bentham, jurisconsulte anglais De l'organisation judiciaire et de la codificationChapitre 204 sur 329 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

suit UES INCONVÉNIENTS DES LOIS QUI FIXENT LE TAUX DE L’INTÉRÊT DE L’ARGENT.

LtTTUE PREMIÈRE.

criclMlf, d«a* U liiMie tUocbc, J«UTi«r 17S7.

Au müieu des nombreuses apologies dont les diverses espèces de libertés ont été l’objet en Angleterre, et qui ont été reproduites en (ont d'occasions, Je ne me rappelle pas qu’il en ail paru une seule en faveur de la liberté pour les individus de faire leurs conditions comme ils le jugent convenable dans leurs transactions pécuniaires. ■Une omission aussi générale; aussi universelle, m’a fait penser depuis longtemps, comme vous le savez , que celte innocente et modeste liberté avait été traitée avec une grande injustice.

Il me vient aujourd’hui la fantaisie de vous soumettre les raisons qui ont déterminé mon opinion à cet égard. Si vous les jugez de nature à produire un effet salutaire , vous pourrez les livrer à l’im-

* La iégislalioo anglaise «e divise eo deux t>raocbci \ la loi non écrite ou loi commune , et la toi écrite ou *tufu~ taire. La première ic compose des aacienues coutumes du royaume , et principalement de la jiirisprndence des (ribu-

prc'ssion , et , dans le cas contraire , les jeter au feu , ce qui vous donnera moins de peine.

Le résultat de mes méditations sur cette matière SC réduit pour moi à la proposition suivante, savoir: Que nui homme parvenu à Vâge de raison , jouissant <tun esprit sain^ agissant librement et en connaissance de cause, ne doit être empêché, même par des considérations tirées de son avantage, de faire comme il l'entend tel marché que ce soit, dans le but de se procurer de l'argent, et que, par conséquent, personne ne doit être empêché de lui donner ce qu'il demande aux conditions qu'il veut bien accepter.

Celte proposition , si elle était admise, renverserait d’un seul cotip tmilos les barrières que la loi commune et les statuts * , dans leur sagesse réunie, ont élevées contre le scandaleux péché de Tusiire, ou contre les délits désignés sous les noms si barbares de champerty et de maintenance délits dont oo entend si peu parler aujourd’hui.

Si dans cette occasion j’avais un adversaire ioili-

oJux cl des décisions règicmenuircs des juge*, la seconde est tout eniière Tormée des actes législatifs du parlemeol, appelés statuts. ( Sotc du traducteur. )

* Voyez ta lettre xii et la noie qui s*y trouve jointe.

Page 1