DES PRI.NCIPALES BRANCHES
D’ART ET science;
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DU CHRESTOMATHIA DE JÉRÉMIE BENTHAM, PAR (iEURGE BE.VtHAAI.
. » TQIK III.
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PRÉFACE
Uyahuilou dit ans, lorsqu'on commençait à apprécier en Angleterre les avantages de la mëthoded'enseignemeut mutuel, mélhodequ’on n'avait encore adaptée qu'aux branches élémentaires d'instruction, M. Bentham s'occupait des moyens de l'étendre aussi aux branches supérieures, à l’enseignement des arts et sciences, aussi bien qu'à celui des langues étrangères. Dans ces vues il rédigea, sous le nom de Chre$tomtuhia, le projet d’une école chrestomathùjtte où ce nouveau système d’enseignement serait adapté à toutes les branches d'instruction qui pourraient être utiles, tant aux classes élevées qu'aux classes moyennes de la société. Il y joignit deux tableaux synoptiques, dans le premier desquels il réunit : l** les divers avantages de l'instruction , 3° les considérations qui doivent régler l’ordre des éludes, 3" l'ordre des études à suivre dans celte école , 4*^ les branches d'enseignement qui sembleraient devoir en être exclues , avec les raisons de leur exclusion, l^e second tableau offrait un arrangement méthodique des principes sur lesquels la direction des études devait être basée, et des exercices correspondants à faire subir aux élèves.
Pour établir l'ordre des éludes, il lui fallut embrasser la vue du champ entier de l'art et science humaine, et se faire une idée distincte de toutes ses différentes parties, afin d'en appré* cier l'importance respective. Mais ici il eut à vaincre de nombreux obstacles provenant du vague et de l'incerlitude des dénominations usitées pourdistinguer la plupart des branches, des définitions confuses et si variables données par lesdiffércntsauteurs, et souvent du manque total de dénominations convenables à des portions très-importantes de ce champ. Cette cir-
constance réveilla en lui des idées longtemps assoupies que lui avait suggérées la lecture continuelle des ouvrages de d'Alembert. Malgré l'admiration passionnée que depuis son enfance il avait eue pour cet auteur, il avait été toujours frappé de la confusion et des erreurs qui régnaient dans son Système fguri des connaiesances humaines; et maintenant il sentit encore plus l'iroporlance qu'aurait un pareil tableau si les comparlimcnls en eussent été nettement séparés, et qu'on eût pu être assuré qu’il embrassât le sujet entier sans que rien y fût omis. Il résolut donc de faire lui-même l’essai d'un nouveau tableau synoptique des arts et sciences humaines, travail qu'il ajouta à sa Ckrestomathia avec une explication détaillée en forme d'appendice, où il fil voir les défauts les plus essentiels du système de d'Alembert , et les principes qu'il avait suivis dans le sien.
Celte seconde parité de son ouvrage , quoique traitée par l'auteur comme question incidente, m'a paru d’une grande importance non-seulement [>our le but direct dans lequel il avait été dressé, mais encore pour fixer les idées qu'on a déjà sur les arts et sciences, et pour obvier aux erreurs qu'occasionnent si souvent les faiiss&sdénominations. J'ai cru, en conséquence, qu'elle pouvait être elle-même le sujet d'un traité distinct.
C'est dans la pensée que ce traité pourrait être de quelque intérêt au public français que je lui offre les pages suivantes où j’ai extrait du Chrestomaihia tout ce qui a rapport à la nomenclature cl à la classification des branches d'art et science. l>es changements que j'y ai faits sont principalement dans l'ordre des matières, qui ne devait plus être partout le même, l’objet
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PRÉFACE
de l'Essai u'élant plus l’enseignement seul des branches. J'ai aussi» à quelques occasions, prolongé un peu les subdivisions pour faire voir comment la méthode de M. Bentham s'adapterait avec avantage à la distribution des dernières ramifications de l’arbre d'art et science. C'est surtout dans les exemples de l’Anorganologie, de la Zoologie, de la Phylologie, de la Mécanique, de la Technologie et de la Grammaire, que j’ai hasardé quelques développements. Quant aux premiers embranchements, ils sont partout les mêmes que dans le tableau de M. Bentham.
Une seule circonstance aurait pu détourner M. Bentham d'entreprendre ce travail. C'est le grand nombre de termes nouveaux qu'il a fallu introduire, et qui , devant être pour la plupart tirés delà langue grecque, sembleraient devoir rebuter le lecteur, et encore plus l'écolier. Mais, pour l'écolier chrestomathique qui n'aura pas encore appris les dénominations actuelles . il sera tout aussi facile de lui rendre familiers ces nouveaux termes que les anciens; et , quant au but actuel de ce traité, l'exemple de ce qu’on a déjà fait à l'égard des branches qui jusqu’ici sont approfondies avec le plus de soin , telles que la Médecine, la Botanique, etc., m’a encouragé à en faire de même pour le champ général d'art et science.
Voici l'ordre que j’ai suivi dans cet Essai :
Dans le premier chapitre j’ai fait voir les qualités que devrait réunir toute dénomination donnée à une branche d'art et science, et les défauts correspondants dont ces dénominations sont susceptibles. Les inconvénients de ces dé-
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fauU sont plus particulièrement exposés dans l'exemple des termes i/û(ot’re naturelle. Philosophie naturelle. Mathématiques , etc.
Le deuxième chapitre contient la revue du système de d'Alembert et le détail de ses imperfections.
Le troisième renferme quelques développements de la méthode suivie dans la nouvelle table systématique.
Le quatrième contient l'explication détaillée de ce tableau . et des principes qui ont servi de base à chaque division.
Enfin, dans le cinquième, j'ai posé quelques règles sur la manière de dresser un pareil arbre ou tableau sur telle portion que l'on veut du champ entier.
Un grand nombre de dénominations usitées n'ayant pu trouver place dans la table synoptique. soit à cause du vague de leur signification . soit par le peu d'étendue des branches qu'elles désignent, j'ai ajouté une table alphabétique de tous les noms anciens et nouveaux donnés à quelque portion du champ d’art et science. J'ai indiqué les divisions de la table générale auxquelles on doit rapporter ces différentes branches, en distinguant les noms qui me paraissent assez expressifs pour être conservés ou adoptés; et les dérivations, que j’ai cru devoir ajouter, mettront le lecteur à même déjuger des qualités et des défauts respectifs de CCS termes.
Afin de faciliter la conception des remarques faites sur le système de d'Alembert, une réimpression de son tableau, tel qu’il est donné dans ses Mélanges, se trouve à la fin de cet Essai.
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