‹ Œuvres de Jérémie Bentham, jurisconsulte anglais De l'organisation judiciaire et de la codificationChapitre 291 sur 329 · DES VERTUS · texte numérisé non relu

DES VERTUS

sens <léfa?orahlf . On rntrnd y^rchevaiier d'industrie un fripon ou un fourbe; cette exprMsion siip* pose l’aclitité employée à réaliser l'objet que la fraïule se propose.

I.a ff'ugaiité comporte laclion positive ou négative. En matières pécuniaires, c'est de la prmience; et, dans la plupart des cas, de la prinlence personnelle. C'est le contrôle qui empêche que les plaisirs t|ue 1a richesse |>eut procurer , ne soient gaspillés en pure perte ou iniitiieroent diminués. I.a frugalité, comme l’observe Uume, touche à deux vices : à la prodigalité, qui est de l’imprudence ; à l'avarice, (|ui est l’opposé de la bienveillance effective.

l.a probité est subordonnée à la justice; ce mot a quelquefois un double sens. Montaigneditquelque part que chacun doit mettre de la probité en pariant de ses vertus. Il oublie qu'il est probable que ce sujet de conversation blessera l'amour-propre d'autrui. Un homme peut se préférer à un autre , mais il n’esl pas présumable que tout le monde consente à reconnaître celle préférence personnelle.

hs.fidélUéi£%\ aussi subordonnée à la justice. Elle est la manifestation d’utie faculté active, et implique l’observance d'un contrat spécifique ou tacite.

I.a vérité n'cit pas une qualité humaine, n'est pas une vertu. Véracité est un mot beaucoup plus convenable. La véracité est une vertu qui occupe dans l'esprit public une place peu appropriée à son importance, et dont les branches sont en conséquence protégées, en grande |>artif, par la sanction populaire. Nous lisons dans Tbucydideque, de son temps, un héros disait é l’autre : « Êtes-vous un voleur? M Aujourd’hui on se demande: « Êtes-vous avocat ?» Un avocat est un homme dont la puissance est dans sa parole, et qui vend cette puissance au plus haut enchérisseur; parlant pour ou contre, selon l’occurrence, tantôt pour défendre la justice, tantôt |>oiir triompher d'elle. C’était autrefois la force qui régnait, aujourd’hui c’est la fraude; autrefois la palme était au plus fort,aiijourt)’huielle est au plus habile. La force physique commandait alors , aujourd'hui c’csl la fraude inteilecluelle.

I<e mensonge s’est introduit à un haut degré dans les formes journalières de la société; toujours inutile, il est fréquemment pernicieux. II ne fait pas toujours du mal aux autres; il fait toujours du mal au menteur lui-mème. Son inévitable résultat pour rindividii sera de l’abaisser aux yeux d'autrui, à moius qu'i l’exemple de quelques-uns de ses confrères, il n'ait le privilège de mentii* impunément.

L'Espagnol qui «ous dit, lorsque vous prenez conge de lui après une visite; •< Esta casa csde V» Cette maison est à vous , ■ Fait un mensonge sans but. Le Français qui vous dit de l'air le plus calme : » Je suis enchanté, je suis désolé, » ment

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