‹ Œuvres de Jérémie Bentham, jurisconsulte anglais De l'organisation judiciaire et de la codificationChapitre 294 sur 329 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

r>E8 FAC8SES VtnTCS.

I) est d’autres qualités qui ont été présentées |wir plusieurs moralistes comme des vertus , cl comme , ■ méritant les éloges et les ré<roui|M'nses attachées â | la verlii. I.a plupart ont un ciiractcre douteux; et , j comme elles offrent certains points de contact avec [ la prudence et la bieuTetilance, elles passent pour vertus, non tant â cause de leurs attributs essentiels qtic par leur association accidentelle avec des qiinlilés qui sont rodlement des vertus. Les défauts mêmes de caractère f»cuvent, de celle raauiéic, preruli'c l’apparence de rrrliis : cl il est possible que les passions soient lellcinent engagées d'un I côté de la question, qu’elles enq>écheiit la juste I appi-ocialion de son mérite moral. Une mère vole I ^ un pain pour aj>aiA<*r la faim de son enftml .vffamè. I Combien il serait facile tfcxcilcr la sympathie en |

l étiiietue, <ld« qu'on la présente:'^ Je vot« un homme. C‘«t j I UQç («rcpplion. — Je frrtoc les î«ix, mai» je m’imapiot le | voir encore ; c’eil uu« idée. [

faveur de sa tendresse malerncllc, de manière à fiirc disparaître dans cette sympathie toute l'immoralité de son action! Kt, en lait, pour former un • jugement sain en ces matières, il ne faut pas moins qu'ijoe appréciation large et espaii&ive, qui irans- |Hirte la question de la région du sentiment dans celle tout autrement vaste du bien public.

Le mépris des richesses. Le mépris de .Socrate pour les richesses n’éUil que de rafFeetntion et de rorgueil, qui n’elaicnl pas plus nicritoin-s que ne Tei)l été l'action de se tenir longtemps debout sur une seule jamlKT. Il iic faisait ]uir là que sc refuser l'occasiui} (pic la richesse lui mirait donnée de faire du bien. Le desir de s’enrichir est le désir, sous une forme vague , de posséder ce que les richesses peuvent nous procurer. De même, le refus qu’il faisait des secours d'autrui , ii’élait antre chose qu’un calcul personnel ; c’élail une lettre de change (ircc sur leur csliine ; c’était un calcul pour obtenir plus qu’on ne lui oifrait. C’etoîl refuser cent louis, afin d’en obtenir deux cents.

Nous en dirons mitant d’Épiclèle ; il se coniplai- • . x sait plus dans son orgueil que dans la bienveillance. » II 5c payait sur le respect qui renvironnaiC. Il spé- • eulail pour obtenir par rahnégntion plus qu'il n’crtt jiii obtenir sans elle. .Mais il avait moins de mérite que les faqiiirs de l'Orient, qui souffrent plus qu’il n’a jamais souffert. Il resscnihlait à un av.ire qui amasse des richesses, attu de pouvoir, le cas echcunl, faire tel usage qu'd lui conviendra de cet iuslriimcnl de puissance. L'avare sc paye des plaisli's de l'imagination , <pii sont plus grands à yeux (jiie ceux <pie lui donnerait la jouissance actuelle. Les avares, à mesure qu'ils vieillissent, deviennent de plus eu plus ins(*nsililcs aux jouissances présentes, et, par cela même, de plus en plus enclins à l’avarice , «pii ti’esl que l’anticipation de récoin()ensc8 futures.

sans objet n’est rien. Elle ne contient ni vice, ni vertu. Ce qui, en elle, procède de la volonté, et est dirigé vers I.1 production du iMinheiir, est de la vertu. La partie intellecUidIc est neutre. Quand l’activîté est le résultat de la volonté, cl est employée à la protluclion du mal , c’est un vice.

VaUcution. C’est la ipialité i|oi dislingiic le bolalaniste qui cueille les fleurs avec soin, du rustre qui les foule aux pieds, ün écrivain moderne n présenté la fixité <f attention comme une vertu; belle vertu en effet ! en sorte «pie si je forme le projet «le tuer un homme, et que je porte toute mou attention sur ce projet, c’est une vertu.

Ou a aussi lumoie «lu titre de vertu la faculté cntreprmantey qui peut trcA-souvent ne cotislitiier qu'un vice. On fait le ntéme hontieur à Ui cétérUé.

La célérité c.sl l'emploi «Je la moindre «piaiitite de

DES PASSIONS

temps nécessaire à l'obtention d’un objet. C'est la promptitude sans la précipitation. Ccst un moyen • de prudence qu’on peut employer dans un but bon ou mauvais.

Mais, ayant établi une ré[t^e générale, que cha* ctin peut s’appliquer, pour l'appréciation desqualités sur lesquelles U désire former un jugement ; ayant démontré qu’à moins qu’on ne puisse les rattacher à l'une de ces deux grandes divisions de la prudence et de la bienveillance, elles ne constituent pas des vertus; que celles-là seulement, parmi elles , qui peuvent être ainsi classées, sont des vertus, nous croyons inutile d'en dire davantage sur cette matière.

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