‹ Œuvres de Jérémie Bentham, jurisconsulte anglais De l'organisation judiciaire et de la codificationChapitre 296 sur 329 · DES FACULTÉS INTELLECTUELLES · texte numérisé non relu

DES FACULTÉS INTELLECTUELLES

AâS

i|ue des habitudes funestes ont accumulés par une 4 progression imperceptible , peut , tout à coup, ren* L verser l'cdiflce de la vérité et de la vertu.

CIUPITUE XIX.

DES FACCLTÉS UrTCLLECTUELLES.

Entre les facultés intellectuelles, et la vertu et le vice, il existe une relation intime. Lorsque la vo> lonlé influe sur leur direction, elles appartiennent au domaine de la morale; en tant qu’il est au pouvoir de la volonté d’ajouter h leur efficacité, elles deviennent des instruments de peine et de plaisir ; et l’importance des peines et des plaisirs que leur exercice peut produire est en raison de leur quantité.

Ainsi, la faculté de l'invention, par exemple, appartient â rinlelligence ; elle est intellectuelle; mais la question de savoir si c'est un instrument aux mains de la vertu ou du vice , est subordonnée à son application a des objets bienfaisants ou mal* faisants.

Mais l'influence de l’intelligence sur la volonté est encore plus im(K>rtante. C’est à rinlelligenceque tout doit s’adresser , et à moins qifelle ne soit associée aux prescriptions de la morale, l’enseignement déontologique a peu de chances de succès. Ses raisonnements, ses moyens de persuasion doivent s’adresser aux facultés intellectuelles. Il faut qü’il les mette dans ses intérêts avaotde pouvoir influencer la conduite. C’est avec leur secours qu’il doit enseigner le calcul des peines et des plaisirs. C’est par elles qu'il doit montrer les peines qui accompagnent le vice, et les récompenses allacbécs à la vertu. Il raisonne , et sa voix prophétique prédit d'inévitables maux à l'imprudence et à l’improbité, d'infaillibles biens à la prudence et à la bienveillance. La passion n’en appelle qu’à ce qui est, les facultés intellectuelles offrent à la pensée ce qui | sera. Elles constituent par le fait la principale dif- j ^ fércncc entre les vertus des animaux et celles de ' l’homme. I.a plupart desanimaux inférieurs ne sont I , arrêtés dans leur recherche du plaisir par aucune | anticipation de peine à venir. Nulle appréhension | I des conséquences ne peut les engager à s'abstenir I d’une jouissance actuelle. Si l’on en excepte quel-

tques-unsdes plus intelligents, toutes les leçons sont perdues pour eux, même celles de l’expérience;

{ peut-être aussi cette perle de l’expérience est-elle 1 attribuable à l’imperfcctioD de leur mémoire. Mais

l’esprit de l'horome s’étend dans le passé et dans l’avenir. La raison fait servir les événements de I’ijd à l’instruction de l’autre; elle appelle à son aide non-seulement l'expérience, mais encore l'imaginatioD. l.c domaine <lc son influence est sans limite comme ta pensée ; elle recherche les conséquences, et les présente aux regards de riovesligateur; elle dégage les peines et les plaisirs de l’alliage qui les accompagne; elle analyse leur valeur en les divisant dans leurs parties constitutives, ou les réunit en un tout afin de s’assurer de leur somme totale; elle les compare l'un avec l'autre quand ils sont classés chacun dans sa division respective , et de ces éléments réunis elle généralise et déduit le résultat définitif. C’est de celle manière que les flicullés intcllectiieiles deviennent les instruments les plus importants de la vertu, conduisant les hommes dans la voie certaine et vraie du bonheur.

Hume présente ces facultés intellectuelles sans ordre ni arrangement quelconque. Néanmoins, elles peuvent se classer de la manière suivante :

Premièrement : Facultés passives.

1. Celles qui agissent sur plus d’un objet sans exiger beaucoup d’allcnlion ou d’actes de comparaison :

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