‹ Œuvres de Jérémie Bentham, jurisconsulte anglais De l'organisation judiciaire et de la codificationChapitre 297 sur 329 · La méthodisation · texte numérisé non relu

La méthodisation

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CONCLUSION

Vinvention s’accomplil par Tusage Jet autres faculU^s, y compris rallenlion â un degré intense, nous la direction du Jugement ; elle a pour objet la découverte de quelque fait nouveau , la proiluc^ ' lion de quelque nouvel effort, ou la formation de I quelque nouvelle combinaison d'idées. |

L& vommunication f \%nr laquelle Hume termine ; sa liste, semble n’avoir aucun droit à être classée | parmi les facultés intellectuelles. !

Quand les facultés intellectuelles ne sont pas ou ne peuvent être mises en action , la conduite ne rentre plus dans les régions du vice et de la vertu. ; Par exemple, dans l’enfance, avant que l'esprit ne s’exerce, dans l'état de folie, lors^iue les facultés pensantes sont renversées, il ne saurait y avoir de responsabilité , et |iar conséquent de sujet de louange ou de blâme.

Dans le cas d'aberration temporaire des facultés l»ensanles, comme, par exemple, sous l'inRuencc de l’ivresse, le jugement de l’individu étant pour .linsi dire éteint , il n’est pas responsable de l'acte commis. C’est une conséquence secondaire d’une j Imprudence première. Dans les cas de folie, les j mesures que la société doit prendre sont évidentes; la spontanéité d'action doit être enlevée. Pour ce qui est de l’en^nce, la question d’impunité doit liépendre du degré de développement intellecluer de l'enfant; et l'on se convaincra que, dans un âge bien tendre, l'influence de la peine attachée à toute aberration de conduite ]>eut être mise en action.

Et du moment où cette discipline est capable d'o(»é> rer , il doit en être fait application. Dans le cas d’actes commis sous l'influence de l’ivresse, il n’y a point droit à impunité; et il n’est guère possible de donner une règle générale applicable à tous les ras. il faut consulter toutes les sanctions afln d’infliger pour le passé des peines suffisantes , et il’olitenir toutes les garanties convenables pour l’avenir.

aiAPlTHE XX.

COXCLUSIO.'l.

Que résulte*! il de tout ce que nous avons dit? Le dévelop|>ement de deux principes; premièrement, le prifleipe de la niaxifuisation du boulicur, ou la tliffiision du bien ; et secondement , le principe du uon-désappointement, ou la prévention du mal. De ces deux sources déroule toute la morale.

On priit objecter que tous nos raisonneroenU

n’ont point placé nos principes dans le domaine de la démonstration. El quand cela serait ?Si nosargu* ments parviennent à régler la conduite de manière i pro<luireun résultat qui ne laisseraaprès lui aucun regret , que pouvons-nous désirer de plus? Ont-ils assez de force pour donner cet excédant de plaisir vers lequel ils tendent , et qui est leur unique but? Que {>ourraienl-il$ faire de mieux?

Que cesargumenls soient de ceux que nous nommons intuitifs, ou démonstratifs, ou probables, qu'importe? Us satisfont complètement notre raison, et quel que soit le nom qu’on leur donne, leur succès ne saurait s'en accroître.

Donnez-leur le nom de démonstration ou tout autre, qu’est-ce que cela fait? Ce n’est pas le nom , mais bien la chose qui nous intéresse.

Toutefois , il y a quelque chose au fond de celle sollicitude. Ce que les hommeS veulent savoir , c’est le degré de certitude sur lequel ils peuvent compter. Où est la preuve que celte morale est la vraie?

Appelez démonstration la preuve qu'ils ont d’une proposition ; dès lors ils peuvent l’affirmer d’une manière positive sans s’exposer au reproche de légèreté , soit d’eux-mêmes , soit de la part d’autrui.

Nul ne peut avoir présentes à l’esprit les preuves de toutes les propositions auxquelles il croit , quelque vraies qu’elles puissent être. C’est l’absence de la chose qui fait que les hommes s'occupent tant du mol.

Nul homme, si philosophe, si scrupuleux qu’il soit, qui ne croie à un infiniment plus grand nombre de propositions, sur parole, que par perception. | La seule différence qu’d y ail en cela entre celui qui * est philosophe et celui qui ne l’est pas, ou entrr^ l'homme sage et l'bomme faible , c’est que ce dernier s’appuie exclusivement sur raulorilé, depuis la première proposition jusqu’à la dernière ; tandis que le premier laisse toujours ouverte la voie d'appel à sa raison , c’est-à-dire à ses propres perceptions. Les jugements du premier , sur les témoignages de l’autorité, sont provisoires; ceux du second sont définitifs.

Mais il est des propoiilions qui ne sont pas susceptibles de démonstration. 11 u’est pas possible, par exemple, de soumettre à une épreuve mathématique celle proposition que le bien-être est préférable au mal-être; mais que celui-là qui nie le principe, nie le raisonnement. C'est le seul axiome que nous désirons qu’on nous accorde , et ce n'est pas beaucoup demander à la confiance cl à la crédulité des hommes.

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