MAXIMISATION DU BONHEUR. ETC. 4S
premier à discerner la valeur d’une obser^tion I dont le développement le mit ù même de renverser I l’empire universel qu'avait usurpé une prétendue logique , combattant sous l'étendard de ce même Aristote; mais ce fut David Hume qui , en 174d, donna de l'importance au mot utilité.
Hume, dans scs Essais, reconnut XutUité comme principe. Néanmoins il employa ce mot d’une manière confuse. Quelquefois il considère rutile comme conduisant à un but quelconque et indéterminé ; d’autres fois , ce but est s|)éciflé : c'est la vertu. Il ne fait entendre nulle part que l’idée de Imnbcur soit inséparablement liée à l'idée d’utilité. L’utilité, selon lui, c’est celle partie inhérente à une machine, à un meuble, à un vêlement , à une maison, qui fait que ces choses sont utiles, eu ce sensqu’elles répondent au but proposé. Il mentionne le piaisir et la peine; mais nulle part il ne présente les plaisirs et les exemptions de peines , comme les éléments dont la réunion compose le àon/teur. Il mentionne , sans essayer aucunement de montrer leurs relations ou leur dépendance, plaisirs, peines, désirs, émotions, affections, passions, intérêts, vertus, vices , tous pêle-mêle confondus, indéflnis, indistioguibles, comme ces atomesque nous voyons s'agiter dans un rayon de soleil. Il parle du plaisir comme de Tutilité, d’une manière vague et insuffisante. Quant aux peines, dont l’exemption est au moins aussi nécessaire au bonheur que le plaisir lui-même , il est encore à leur égard plus vague et plus inintelligible. On ne trouve aucune trace de cette analyse qui distingue un plaisir d'un plaisir , une peine d’une autre.
Il ne tient aucun compte des parties constitutives d'une masse quelconque de bien ou de mal, soit pure, soit mélangée; aucun critérium du juste ou de l'injuste n’est produit ; aucune réponse n'est indiquée à celle question : « Que faut-il faire ? De quoi faut-il s’abstenir? » 11 en est de même des vertus.
et là 00 trouve semés en abondance les noms de vertus particulières; mais de même qu’Horace, dans ses Satires , place tous les méfaits {peccata ) sur le même niveau, de même Hume met toutes ses vertus sur la même ligne, ne tirant cotre elles aucune ligne de démarcation , ne donnant aucune règle qui puisse servir à les faire distinguer l'une de l’autre. Elles sont , il est vrai , classiflees ; mais leur classification ne sert en aucune manière à résoudre la grande, 1a seule importante question , de savoir dans quelle proportion chacune d’elles conduit au bonheur. Ainsi les propositions avancées par Hume ne sont, pour la plupart, que vagues généralités , qu’un résultat dangereux et insuffisant, ne fournissant à rignoranl aucune lumière , et aucun I secours aux embarras de riovcsligatcur.
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