‹ Œuvres de Jérémie Bentham, jurisconsulte anglais De l'organisation judiciaire et de la codificationChapitre 301 sur 329 · Î8 COUP D’OEIL SUR LE PRINCIPE DE · texte numérisé non relu

Î8 COUP D’OEIL SUR LE PRINCIPE DE

Il semblequ'on eù< pu mieux attemlre d'un eeprit »i pénétrant, n'ayanld'ailleurs aucun intérêt opposé à celui de la férité. Si , en matière légale, tout le troupeau des écrivains vulgaires s'attache pliitêlà rechercher ce qui a été, ou ce ({ui es/, que ce qui doit éirûf il n'y a là rien qui doive étonner. C'est dans la pratique et non dans la philosophie de la lot qu'ils puisent leurs bénéfices. Mais ce qu'on doit déplorer, c'est que David Hume se soit égaré au })oiDt de ne pas voir que les peines cl les plaisirs sont susceptibles d'estimations diverses ; qu'ils représentent des valeurs différentes ; que ces mots de bien et de mal n'ont qu’un sens iiKlefini et véritablement inintelligible , à moins d'étre divisés dans les parties qui les composent; que le bonheur iui> même n’est qu'une chimère jusqu'à ce que ses éléments constitutifs aient été rendus accessibles à rinvesligation. Hume a laissé les grandes questions morales dans la région spéculative ; il n'en a rendu aucune applicable à une fin utile |>ar des signes intelligibles et distincts. Sa théorie est une vapeur répanduedans l'air, un nuage flottant à une hauteur plus ou moins grande; ce n'est jamais une rosée ou une pluie bienfaisante venant humecter la terre : elle offre, à rinresllgateur épuisé, le supplice de Tantale; elle provoque sa soif sans l'étancher jamais.

Hume, néanmoins, rendit un important service; il désigna l'utilité comme la base et la clef de voâled'un bon système de morale, et l'opposa au eens morale base sur laquelle d'autres philosophes avaient bâti leurs théories morales. C'était quelque chose que de mettre en regard , et comme en contraste , les deux principes. Une investigation atteolive démontrait qu’ils étaient aussi éloignés l’un de l'autre que les deux pôles; le principe du sens moral n'étant que l’une des formes que revêt le despotisme raisonneur et le dogmatisme , et se résolvant dans le sens moral ou l'opinion de l'individu; tandis que le principe de l’iitililé dirige presque infailliÛeroent la pensée, s'il ne l’y conduit pas, vei^s la région des peines et des plaisirs, et conséquemment du vice et de la vertu.

Rn 1749, Uarlley publia la première édition de son ouvrage sur C Homme. Dans ce livre, il donna la définition vraie du bonheur, en démontrant qu'il SC compose des éléments que fournissent les plaisirs divers. 11 traduisit, |>our ainsi dire, la langue du lionheur en celle des plaisirs cl des peines; il traça une liste de plaisirs et une liste parallèle de peines; mais il ne vit point les rapi>orts qui unissent le tout au principe de la maximisation du bonheur. Sous ce nom , ou sous celui d’utilité, ou sous tout autre, il ne rajiporta pas tout à ccl unique guide de la vie publique ou privée. Il alla plus loin que scs prédécesseurs, et puis il s'arrêta en vue du rivage où il

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