‹ Œuvres de Jérémie Bentham, jurisconsulte anglais De l'organisation judiciaire et de la codificationChapitre 311 sur 329 · L'vrbafifYd. Cest là Dite vertu fort douteuse · texte numérisé non relu

L'vrbafifYd. Cest là Dite vertu fort douteuse

t^tte partie de rurbauité qu'on appelle bon caractère ou bon naturel , est un élément individuel , qui fait partie de la constitution physique de l'individu ; et l’appellation de vice ou de vertu ne saurait convenablement lui appartenir. Quand riirbanilc est le résultat d'un effort ayant pour but de donner du plaisir à autrui , quand elle empreint de douceur la parole ou rnelion , rend les choses agréables plus agréables encore , et épargne , dans ce qui peut être pénible à autrui , toute infliction de peine inutile ; lorsqu'en un mot elle revêt le caractère de la bienveillance, alors, et seulement alors, elle estime vertu; mais elle n'a pas de vertu hors de la bienveillance : tout ce qu’elle a de vertu consiste dans la bienveillance. L’urbanité a droit d’être appelée vertu toutes les fois qu’elle a la bienveillance effective |K)ur souveraine et pour guide , à condition que la somme du plaisir sacriflé par la prudence li'excédera pas celle du plaisir gagné par la bienveillance.

Les écrivains les plus distingués ont donné de la morale des idées si vagues , des définitions si incomplètes, qu’il serait facile de décrire l’imprudence et l’iroprobité, et île montrer combien elles ont de rapports avec les qualités auxquelles ils donnent exclusivement le nom de vertu. Qu'on voie, par exemple, quels sont les traits distinctifs auxquels M. Hume, dans ses Estatif veut qu'on reconnaisse une disposition vertueuse. MC'est.dU-iLcequi nous porte à agir et à nous occuper : ce qui nous rend sensibles aux passions sociales , fortifie le cœur contre les assauts de la fortune , réduit les affections à une juste modération, fait que nous nous plaisons à nos propres pensées , et nous porte plutôt aux plaisirs de la soctélé et de la conversation qu’aux plaisirs des sens. »

Il serait facile de montrer que, parmi ees qualités, il en est à peine une qui soit nécessairement vertueuse, à peine une qui ne puisse être appliquée à la production du malheur. L'activité et l'occiipalion peuvent tout aussi bien être dirigées vers des objets nuisibles que vers des objets utiles; les passions sociales peuvent être d'abondantes sources d'imprudence et d’improbité ; la modération et les affecltont peuvent être ou ne pas être louables. Pourquoi les affections vertueuses , au lieu d’être motlérées , ne seraient-elles pas maximisées 7 I..e moyen de faire que nos }>ensées nous plaisent , ne consiste que trop souvent à les nourrir d’aliments coupables ; il n'est point de pensées qui plaisent plus que les pensées de dérèglement. Quant aux plaisirs de la société et de la conversation qu'on doit préférer à ceux des sens , à moins d'être placés sous la direction de la prudence et de la bienveillance , leur exercice peut tout à la fois être dangereux pour

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