‹ Œuvres de Jérémie Bentham, jurisconsulte anglais De l'organisation judiciaire et de la codificationChapitre 313 sur 329 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

PBCDEKCB PERSONNELLE.

Après avoir ainsi traversé, dans notre marche quelque peu irrégulière, le domaine de la morale pratique, de manière à présenter un coup d’œil général du système prescrit par l’utilité ; après avoir démontré, ou lâché de démonircr qu'il n’y a , après tout, que deux classes de vertus , les vertus prudentielles et les vertus bienfaisantes , il ne nous reste plus qu'à développer la discipline intellectuelle propre à donner a la prudence et à la bienfaisance toute leur efficacité dans l.'i création du bonheur. I.a prudence, comme nous l’avons fait voir, se divise naturellement en deux branches : la première comprend la prudence qui oc regarde que nous, celle qui se rap^mrte à des actes dont l’influence n’atteint que leur auteur, en un mol celle qui concerne rin<lividii dans ses rapports avec lui-même, et non dans ses rapports avec la société. La seconde comprend la prudence prescrite à l’individu par suite de ses relations avec ses semblables; cclle-Ià se lie intimement à la bieoveiltance , et spécialement à la bienveillance d’abstinence. Les prescriptions de la prutience purement personnelle sont les premières qui sollicitent notre attention. Le sujet est moins compliqué ; la puissance de l'individu sur lui-même est plus complète. Dans ce qui oe concerne que lui , l’individu peut arriver d'une manière plus facile et plus immédiate à révaliiation de la peine et du plaisir; et la lumière jetée sur celte partie du sujet contribuera à éclaircir les difficultés apparentes du reste de la matière.

La prudence personnelle comprend dans son domaine les actes et les pensées, ou plutùt les actes extérieurs et intérieurs; car les pensées ne sont autre chose que des actions intérieuresoii mentales. Ses lois dirigent l’individu dans le choix des actions et des pensees , dans riniérêl de la maximisation de son bonheur.

Quant aux actions extérieures , ce que la prudence peut faire , tout ce qu’elle peut faire , c’est de choisir entre le présent et l’avenir, et dans 1a vue d'augmenter la somme totale de l>onbeur, de donner la préférence à un plaisir futur plus grand sur un moindre plaisir actuel. Mais de deux portions de bonheur d’égale grandeur, l’une présente, Taulre non présente, la portion présente aura toujours plus de valeur que la portion future, le plaisir à venir étant évalué en raison de sa proximité, et, en cas d'incertitude, par la mesure de cette incertitude. Si U question n’est pas une question douteuse, si

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