CONTINUITÉ DU SALAIRE, EN CAS DE DESTITUTION
deson emploi en lui laissant sa fortune et même en eréantf par la persécution , un intérêt en sa faveur, qui peut le ramener en triomphe à la même dignité.
Si , malgré toutes ces précautions , il se présentait quelque cas de destitution non méritée , cet abus ne me ferait pas renoncer aux avantages de ramovibilité : mieux vaudrait exposer un juge i souffrir par la Faute de ses commettants , que d'exposer ses commettants à souffrir par son inconduite : la situation du juge en sera peut-être moins agréable : mais cette nuance d'incertitude dans son état peut-elle avoir un effet fâcheux sur sa probité? Non, sans doute; car, quoique rinlégrité ne puisse pas lui donner une sécurité absolue , elle sera toujours sa meilleure sauvegarde.
Vais je m'arrête à dissiper des craintes que je. ne partage point. Je ne saurais voir dans le |Kru|de ce monstre sauvage toujours prêt à dévorer ceux qui le serrent. Ses détracteurs ne cessent d’alléguer les injuslict^ des Athéniens et de quelques autres démocraties; mais dans ces gouvernements, qui o'étaienl que des essais de législation formés sur des ex()ériences très-limitées, avait-on des assemblées représentatives? Connaissait-on ce mode universel de publicité, si favorable à rinstruclion, si propre à faire agir une Dation de concert? Dans le temps où les Athéniens se montraient si cruels et si injustes, les Denis et les Artaxercès l'étaient ils moins? Peut-on comparer les violences des républiques d'Italie à celles des princes de la même époque et de la même contrée? Nous avons vu , en France, les plus affreux excès d'anarchie; mais argumenter des fureurs d’une révolution contre tout pouvoir populaire , ce serait argumenter d'un Néron , d’un Caligula , d’un Christiern , contre tout gcMivernrmenl monarchique. Considérons les deux éléments politiques qui ont tout changé dans le gouvernement oaltoiiai , la représentation et la publirilé. Voyez rAmêriqiie.où l’ascendant populaire «tomine dans toutes les élections et ilans tous les conseils, et deoiamlez si l'histoire de ses trente républiques vous présente un seul fait ilc violence, oo même d'injustice, de la part de la nation contre ceux qui l'ont gouvernée.