DES MOYENS DE PUBLICITÉ
lier; mais celirt qui excédaient cinq livres sterling commençaient â offrir quelque prise à l'action fiscale et aux écritures salariées.
Cette raison n'est pas de celles qu'on donne. On a mieux aimé alléguer que des causes d'une plus grande valeur requéraient plus de savoir; que la recherche delà vérité devenait plus difficile ; qu'une somme plus forte devait attirer un plus haut degré d'attention; et enfin que, comme il était question d'une classe supérieure de personnes . il fallait leur épargner la vexation d'une comparution personnelle.
CVst avec des arguments aussi faibles, on {>eul dire aussi ridicules, qu'on a maintenu le système des comparutions par procureur, des plaidoiries par écritures, de ces routes obliijiies et tortueuses substituées à la ligne droite, toujours la plus courte et la plus facile.
Cette prétendue vexation, qu'on veut épargner aux parties, qu’rst-elle en com(>araison de celles qui résultent des frais, des longueurs , des ennuis, des embarras de toute espèce, attachés à ce qu’on veut appeler la procédure devant les tribunaux réguliers? S'agit-il d'économiser le temps précieux de celte classe de la société? Mais faut-il moins de temps pour expliquer sa cause en particulier à son procureur, que pour la faire connaître en public à son juge? I)ira-l-on qu’un homme d'une certaine classe ne veut pas se compromettre, et )>cul-élre avec une partie adverse d'une classe inférieure? Mais est-il d'une Imnne justice de reconnaitre ces ménagements, d'avoir égard à ces \anilcs?On dît qu’en Russie un homme d’un certain rang se croi< rail dégradé s'il avait à paraître devant une cour de justice; mais, malheur aux tribunaux qui admettent cette prétendue dégradation , et qui se laissent insulter par de pareils préjugés! On ne peut s'y soumettre sans renoncer au premier principe de toute bonne justice, l'égalité devant la loi. C'est donner à une classe le privilège d'opprimer tous ceux qui n'ont déjà <{iic trop de désavantage dans leur lutte contre la grandeur et l’opulence.
11 faut observer que M. lliilchinson , en rendant compte de ces cours d’Ecosse pour les petites dettes, plaide, sans le savoir, la cause de la procédure naturelle, personnifiée dans ces cours, et qu'il en fait sentir la supériorilè d'une manière frappante. Il leur attribue toutes les <]iialilés qu'on peut désirer; il n'y a vu que désintéressement, candeur, loyauté, égalité, et d'autre résultat que la satisfaction générale, la confiance publique.
En peut-on dire autant de ces tribunaux supérieurs où la même cause, qui aurait été terminée en un jour dans le mode sommaire, est prolongée pour des mois , même des années , et se [>erd souvent dans un labyrinthe qui n'a point d’issue?