‹ Œuvres de Jérémie Bentham, jurisconsulte anglais De l'organisation judiciaire et de la codificationChapitre 53 sur 329 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

nés MOYK.'^S DR PUaLICITÉ.

J'estime la publicité dans les tribunaux é<{uivalente à toutes les autres précautions réunies. Son im(Kirtance. sa nécessité, ses heureux effets, ont été développés dans le Traité des preuves judiciaires, de manière que je n'ai point à y revenir.

Il s'est fait à cet égard . en Europe, un grand progrès dans l'opinion. Quoiqu’il y ait encore des gouvernements assez aveugles sur leurs intérêts pour maintenir la procédure secrète, je ne crois pas qu'il pùt se trouver un jurisconsulte assez déhonlé pour encourir l’opprobre de la défendre.

1/objet de ce chapitre est d'indiquer quelquesuns des moyens par lesquels on peut s'assurer d'un public dans les audiences, et surtout d'un public qui appartienne à une classe instruite, en état de suivre les opérations du juge, de les comparer à la loi, d'apprécier scs jugements, et d'éclairer l'opinion.

Les causes d'éclat, les causes d’une importance majeure , celles <pii excitent un intérêt de passion , n'ont besoin d'aucun secours pour la publicité; Ih difficulté est d'obtenir une assistance pour les séances habituelles, pour le cours régulier des affaires.

I.a salle doit être suffisamment spacieuse pour deux cents personnes, imlé{>endamment de l'espace réservé au service du tribunal. Les cours de justice , à Londres . sont trop petites ; mais si elles n’admettent pas une audience nombreuse, ce désavantage est bien compensé par la classe des auditeurs , entre lesquels se trouvent toujours 1rs hommes de loi les plus éclairés, les vétérans de la profession. Dix témoins de celle espèce ont sûrement plus d'effet sur l'attention et la conduite d’un juge que deux cents témoins vulgaires; mais le nombre a toujours une influence marquée, ne hR-ce que par la chance des talents qui peuvent s'y cacher. D'ailleurs, chacun sait qu'il existe dans une masse une certaine pénétration qui saisit le fort et le faible de la plupart des affaires , et qui découvre dans la conduite d'un juge ses motifs d’action et ses traits caractéristiques avec autant de finesse que de proiiiptiliide.

tne grande raison pour placer les tribunaux dans les villes les plus populeuses de la province, en sacrifiant même la régularité de la distribution géographique, c'est l'espoir d'obtenir un plus grand cercle do a|Krclatour$ et de personnes assidues, qui

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