‹ Œuvres de Jérémie Bentham, Volume 2Chapitre 163 sur 443 · DONS DE CAPITAL , OU CAPITAL PRÊTÉ SANS INTÉRÊT · texte numérisé non relu

DONS DE CAPITAL , OU CAPITAL PRÊTÉ SANS INTÉRÊT

Uu don gratuit, en forme de capital, pour encourager une branche de commerce ou d'industrie, est une mesure qu'on croirait fort bonne , si on en jugeait par le nombre des cas où elle a été adoptée.

Ses inconvénients sont les mêmes en espèce que ceux du prêt; mais ils diffèrent beaucoup en degré. Dans le cas du prêt, si le remboursement a lieu , la même somme remplira le même office une seconde fois, et ainsi de suite. L'acte onéreux par lequel le

le fonds du gouvernement de la république de Berne. r * Voyez Monarchie prussienne, ouvrage du major Mauvlllon et de Mirabeau. Passim.

PRIMES SUR LA PRODUCTION

souverain s'est procuré le capital n'a pas besoin d'être renouvelé ; mais si, au lieu de prêter, il donne, — autant de fois qu'il réitère cette faveur, autant de fois faut-il réitérer l'exaction forcée de l'impôt : et , à chaque fois , on peut dire que le produit de cet impôt est perdu , si on le compare triisage qu'on aurait pu en faire pour le soulagement du fardeau public.

On a observé que les dons gratuits étaient encore plus sujets à être dilapidés que les prêts , soit parce que, dans ce dernier cas, il y a toujours une responsabilité, soit parce que l'argent reçu en don tend à faire un prodigue : comme il est venu sans peine , il parait avoir moins de valeur.

On a quelquefois donné un capital , non en argent, mais en nature , en avançant à un manufacturier, par exemple , les articles dont il avait besoin pour compléter ses moyens de travail.

Ce moyen aura bien quelque effet pour s'assurer que la chose en question sera employée à l'objet déterminé. Cependant ces fournitures, dont le gouvernement se mêle, sont ordinairement plus chères et de moins bonne qualité que celles que l'individu , avec une somme égale en argent , aurait pu se procurer à son propre choix. Ce moyen n'est pas le meilleur à prendre avec des hommes dignes de confiance ; et il ne vaut guère mieux avec ceux auxquels on peut moins se fier ; car, après qu'on les a mis en possession , ils peuvent convertir ces articles en argent , et les dissiper. Il y aurait des mesures qui obvieraient à ce danger, la surveillance , les cautions , etc. ; mais quand il s'agit d'un moyen radicalement mauvais , il ne vaut pas la peine de discuter les nuances comparatives de tel ou tel mode par lequel on peut en diminuer les risques.

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