Seconde base d'admission : secours donné à la mémoire
Nous avons déjà vu , en parlant des notes , qu'il y a des cas où la mémoire a besoin d'être aidée. Suggérez à un témoin honnête un fait qu'il oublie, un nom , une circonstance , vous reproduisez dans son esprit toute une série de souvenirs : c'est comme le réveil d'une foule d'idées dormantes. Le système exclusif a été poussé beaucoup plus loin que la prudence ne le demandait.
Dans quels cas l'information suggestive peut-elle être nuisible? Uniquement dans ceux où le témoin est disposé à s'en servir pour soutenir un plan de mensonge ; mais si on veut préparer le témoin , on cherchera plutôt à lui donner ces informations avant l'interrogatoire , lorsqu'on peut le faire sans exciter aucun soupçon, que pendant l'interrogatoire même, où ce mode artificieux ne sauraient échapper à l'observation des juges. Il faut trouver un avocat qui se prête à celle manœuvre , qui se montre dans le caractère d'un homme suborné , et qui se déshonore avec bien peu de probabilité de réussir ; car il faudrait compter, pour le succès de cette fraude , sur l'ineptie des avocats adverses et sur l'incapacité des juges , ou sur leur connivence.
On peut s'assurer que de tels abus ne se présen-
witness, dit une autre règle. Nous verrons bientôt ce qu'il en faut penser.