Les paragraphes courts et numérotes
Les paragraphes courts ; pourquoi? La fable des faisceaux , séparémemt fragiles , collectivement inflexibles, fournirait une réponse emblématique, mais facile à entendre.
Divide et impera: maxime de tyrannie, soit; mais c'est une maxime de logique et d'une grande importance. C'est par la division d'un sujet qu'on s'en rend maître. Un plaideur de mauvaise foi cherche à se sauver par la confusion dans une grande masse de témoignages : il laisse des questions sans réponse : et plus il entasse d'inutilités, plus il est difficile d'apercevoir ce qu'il omet d'essentiel. Quand on lui présente une série de questions bien distinctes et numérotées, chaque réponse doit se rapporter à son numéro : la confrontation est immédiate, l'attention est toute dirigée sur un seul point : l'insuffisance d'une réponse devient manifeste ; et un plaideur qui se voit sous la censure de son juge est retenu par la pudeur et par la crainte.
Les questions prennent naturellement la forme d'une proposition courte et simple. Si, au lieu d'être simple, une question est complexe, on le voit d'abord, et on voit aussi comment il faut la décomposer pour la résoudre en propositions simples. Quand celui qui pose la question désire une réponse
DU SECRET
claire, 11 est disposé à faire une question claire et distincte; mais s'il a quelque motif pour embrouiller et prolonger les affaires, il pose ses questions d'une manière obscure et complexe , et cela même devient un indice de sa mauvaise foi.
Gomme les questions font naître les réponses, les réponses font naître souvent de nouvelles questions : mais dans ces explications successives on a souvent besoin de se référer à celles qui ont précédé. Qu'on imagine dans quelles difficultés on se jette, à combien de répétitions on s'oblige , si on n'a pas le fil des numéros pour se guider dans ce dédale?
Qui croirait qu'on soit obligé de prouver des choses si simples? Qui croirait qu'on désespère de les faire adopter * ?