Menaces; faits infirmatifs par rapport aux menaces
Menacer de faire un acte criminel, c'est exprimer l'intention de le commettre. Ce qu'il y a de particulier dans la menace , c'est que son auteur non-seulement déclare l'intention de le commettre , mais la déclare avec un dessein formel qu'elle parvienne à la connaissance de quelque individu, pour lui inspirer une alarme proportionnée au danger.
Ainsi toutes les considérations qui infirment les déclarations d'intention , par rapport à un crime qui dans la suite s'est réalisé , ont encore plus de
pour le crime. 11 avait été prévenu par un autre voyageur, avec lequel il n'avait eu aucun concert , et qui confessa le fait à son lit de mort.
DES AVEUX EXTRÀJUD1CIÀ1RES.
force dans le cas des menaces relatives à ce même crime.
En effet , la menace a souvent pour objet , non le crime même, mais seulement l'appréhension qui en résulte : on n'a d'autre intention que celle d'exciter l'alarme ; c'est là un cas où se vérifie cet état de choses exprimé par ces mots, intention différente dès l'origine.
L'accusé peut dire : « La menace que j'ai faite est « une preuve que je n'avais pas le projet de l'exé- « cuter : si j'avais joulu faire le mal , aurais-je k employé un moyen contraire à mon but? Au- « rais-je mis mon ennemi sur ses gardes? L'au- « rais-je averti d'avoir recours à tous les moyens de « protection que la loi peut lui donner, ou qui « dépendent de lui-même ? »
Celte considération n'est pas sans force , mais il ne faut point la presser comme concluante. Les menaces criminelles ne sont que trop souvent réalisées. La première intention était de produire la terreur ; mais les haines s'enflamment , les provocations se succèdent , et si une occasion opportune se présente , le crime est commis.*
Observez que la menace par elle-même tend à prouver deux circonstances criminatives : 1° existence des motifs correspondants ; 2° existence des dispositions correspondantes : sources permanentes de l'espèce de délit qui correspond à ces motifs et à ces dispositions.