‹ Œuvres de Jérémie Bentham, Volume 2Chapitre 316 sur 443 · Règles pour les exclure et pour les admettre · texte numérisé non relu

Règles pour les exclure et pour les admettre

Deux règles courtes et simples embrasseront tout ce qu'il convient de faire , concernant l'admission et l'exclusion.

Règle première. En ce genre de preuves, comme en tout autre , îl ne faut ni les requérir ni les admettre dans le cas où leur admission pourrait faire plus de mal par rapport au but collatéral de la justice ( la prévention des délais , des vexations et des frais), qu'elle ne pourrait être utile par rapport au but direct (la sûreté de la décision ou sa conformité avec la loi).

Règle seconde. Ces cas exceptés , n'excluez point , ne refusez point de faire produire tout ce qui peut s'offrir dans le caractère de preuves circonstancielles : en particulier, n'en excluez aucune à raison de ce qu'elle est supposée manquer de force probante.

Pourquoi en exclurait-on aucune? Si elle produit un effet, elle est utile : si elle n'en produit point , elle est innocente.

Trouver, par rapport aux preuves , des règles infaillibles, des règles qui assurent une juste décision, c'est ce que la nature des choses refuse absolument : mais il n'est que trop dans la disposition de l'esprit humain d'établir des règles dont l'effet est de rendre les mauvaises décisions plus probables. Tout le service que peut rendre à cet égard un libre investigateur du vrai se borne à tenir le législateur et les juges en garde contre ces règles téméraires.

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