‹ Œuvres de Jérémie Bentham, Volume 2Chapitre 320 sur 443 · DÉFINITIONS ET DIVISIONS · texte numérisé non relu

DÉFINITIONS ET DIVISIONS

Nous avons expliqué dans le livre précédent en quoi les preuves circonstancielles sont au-dessous des preuves directes. Leur infériorité consiste en ceci : le fait dont elles indiquent immédiatement l'existence n'est pas le fait principal (celui qu'on cherche à démontrer au juge), mais un autre fait qui, bien que distinct du fait principal, est tellement lié avec lui, qu'on peut le considérer comme formant une preuve plus ou moins forte de l'existence de ce fait principal.

Nous passons maintenant à une autre classe de preuves , auxquelles nous attachons spécialement la dénomination caractéristique de preuves inférieures, à raison d'une infériorité beaucoup plus marquée. Cette infériorité consiste en ceci : le fait testimonial, c'est-à-dire , le fait qu'on met en avant comme preuve est tel , qu'on ne saurait lui appliquer l'une ou l'autre des sûretés qui servent à garantir l'exactitude et la plénitude du témoignage. Dépourvu de ces sûretés , la force probante de ce fait est inférieure à celle des preuves qui peuvent les recevoir.

Malgré l'imperfection de ces moyens , on est souvent, faute de mieux, dans la nécessité d'y avoir recours. C'est un pis aller nécessaire, indispensable.

Ces preuves inférieures se rangent sous deux classes principales :

1° Preuves écrites extrajudiciaires;

2° Preuves non originales , ou transmises.

Leur vice commun , je le répète , consiste dans l'absence d'un des principes de sûreté: par exemple, l'interrogatoire croisé (soit ex adverso).

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