‹ Œuvres de Jérémie Bentham, Volume 2Chapitre 324 sur 443 · DES PRÉSOMPTIONS ANTÉJUMCIA1RES · texte numérisé non relu

DES PRÉSOMPTIONS ANTÉJUMCIA1RES

Sempronius dire telle ou telle chose ; » mais Sempronius peut ne l T a?oîr pas dite , ou ne l'avoir pas dite exactement comme elle est rapportée. Ainsi Tépithète supposée est nécessaire pour se tenir en garde contre l'effet de la simple assertion.

Dans tous ces cas, le témoignage supposé original est censé avoir été donné extrajudiciellement : de là le danger de fraudes, d'omissions et d'inexactitudes.

S. Propriétés communes aux preuves inférieures.

Un mélange confus d'objets intellectuels n'offre aucune prise pour des propositions générales. Il faut les classer selon leur nature , et donner à chaque classe des dénominations appropriées avant de former des propositions vraies et susceptibles d'un usage pratique.

Nomenclature est classification. Quand une dénomination commune ne renferme que des assemblages d'idées bien assorties, on peut en parler sans confusion , et appliquer aux objets renfermés sous cette dénomination des caractères généraux.

Nous en sommes arrivés à ce point , par cette classification de preuves inférieures : nous aurons bientôt à nous occuper de leurs différences , c'està-dire du plus ou moins de leur force probante ; mais nous sommes déjà en état de signaler leurs propriétés communes , et de les énoncer dans des propositions distinctes.

1° La vérité de l'information qu'elles renferment n'a pas reçu et ne peut pas recevoir les mêmes garanties que la preuve directe.

2° Chacune d'elles est exposée à devenir l'instrument d'une fraude caractéristique, c'est-à-dire particulière à chaque espèce de ces preuves.

5° Cette fraude consiste à rendre un faux témoignage, avec la certitude qu'on ne peut lui appliquer les épreuves qui font la sûreté du témoignage direct. 4° Le danger de la fraude n'est pas le seul. Ce genre de témoignage est exposé à être incorrect et incomplet, au point de pouvoir produire, sans mauvaise foi, les mêmes conséquences que la fraude. 8° Ces preuves sont toujours des indices de l'existence passée ou présente de preuves régulières qu'on peut ou qu'on aurait pu obtenir en bonne forme.

6° Il faut donc les exclure toutes les fois qu'il est possible d'arriver à des preuves supérieures sans quelque inconvénient prépondérant.

7° La connaissance de toutes les causes d'infériorité qui affectent ces preuves peut diminuer jusqu'à un certain point le danger de les admettre. Nous verrons, dans le dernier chapitre de ce livre, les sauvegardes par lesquelles on peut réduire ce danger à son moindre terme.

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