XI. VI. — Chaque nuit doit avoir son menu
XI.M1. — Le mariage doit incessamment combattre un monstre qui dévore tout : l'hal,:
XLV11I. — Si un humilie ne sail pas distinguer la différence des plaisir- de deux nuit, ciinéi ulives , il s'est marié li'op loi.
XLIX. Il est plus faciie d'être iin ul que mari, par lu raison qu'il est plus dif (ile d'avoir de l'esprit tous les jouis que de duc de jolies choses Je temps eu temps.
L. — Uu mai i ne doit jamais s'endormir le premier ni se réveiller le dernier.
IX L'homme qui entre dans le cabinet de toilette de sa femme ' s! | bilo o| be nu un imbécile.
LIT. — Le mari qui ue laisse rien à désirer est uu homme perdu.
LUI. — La femme mariée est uu esclave qu'il l.uil savoir meure sur un troue.
LIV. — L'm homme ne peut se flatter de connaître sa femme et de a rendre heureuse que quand il la voit souvciil à ses genoux.
ta troupe i ironie île i i ■
«rrhtiix, du f. mn, de prieurs, de vii illaids, de grondeurs, etc., que Su rm adn I lettre écrite, dans le Trtitram I
Shandy, par Gauthier. Shandy à son frère Tobie, quand ce dernier se proposait d'épouser la veuve de Wudwmu»
Les célèbres instructions que le plus original des écrivains anglais a consignées dans celle lettre pouvant, à quelques exceptions près, compléter mis observations Sur la manière de se conduire auprès des femmes, nous Initions textuellement aux réflexions des prédestiné», co les priant de la méditer comme un des plus substantiels chefsd u'iivre de l'esprit liuinain
Lettre de M. Shandy au capitaine Tobie Shandy. <s Mon ciim fiîèie Tobie,
« Ce que je vais te dire a rapport à la nature des femmes et à la manière de leur taire l'amour. |J peul-ètre est-il heureux pour loi iquoiqn'il ne le soit pas aillant pour moi) que l'occasion se soit ollerte, el que je me sois trouvé capable de l'écrire quelques instructions sur ce sujet.
« Si c'eût été le bon plaisir de celui qui distribue nos lois de te départir plus de connaissances qu'à moi. j'aurais été charmé que tu te fusses assis à ma place, et que celle plume fût entre les mains; mais puisque c'est à moi à l'instruire, et «pie madame Shandy est la auprès de moi, se disposant à se ruine au lit. je vais jeter ensemble et sans ordre sur le papier des idées el des préceptes coiicernaul le mariage, tels qu'ils me viendront à l'esprit, el que je croirai qu'ils pourront être d'usage pour loi; voulant eu cela te donner un gage de mou amilié, el ne doiilant pas, mou cher Tobie, de la reconnaissance avec laquelle lu la recevras.
« En premier lieu, à l'égard de ce qui concerne la religion dans cette affaire (quoique le feu qui moule au visage me fasse apercevoir que je rougis en le parlant sur ce sujet ; quoique je Sache, eu dépit de ta modestie, qui nous le laisserail ignorer, que lu ne néglige- aucune de ses pieuses pratiques) il en est une cependant que je voudrais le recommander d'une manière plus particulière pour que lu ne l'oubliasses point, du moins pendant tout le temps que dureront les amours. Celle pratique, frère Toliie, c'est de ne jamais le présenter c lu 7. celle qui est l'objet de tes poursniles. soit le malin, soit le soir, sans le recommander auparavant à la protection du Dieu loul-puissaul pour qu'il le préserve de tout malheur.
« Tu le raseras la lèle, el lu la laveras tous les quatre es cinq jours, et même plus souvent, si tu le peux, de peur qu'en ôiant ta perruque dan- un moineiu de disiraciioii. elle ne distingue combien de les cheveux sont lombes sous la main du temps, et (Oinli en sous celle de Trim.
« 11 faut, autant que tu le pourras, éloigner de son imagination toute idée de tète chauve.
« Mets toi bien dans l'esprit, Tobie, et suis celle maxime comme sûre .
« Toutes les femmes sont timides. Et il est heureux qu'elles le soient; autrement, qui voudrait avoir affaire à elles?
a Que tes culottes ne soient ni trop étroites ni trop larges, et ne ressemblent pas à ces grandes culottes de nos ancêtres.
« Un juste médium prévient tons les commentaires.
« Quelque chose que lu aies à dire, soit que tu aies peu ou beaucoup à parler, modère toujours le son de la voix. Le silence et tout ce qui en approche grave dans la mémoire les mystères de. la nuit. C'est pourquoi, si tu peux l'éviter, ne laisse jamais tomber la pelle ni les pincettes.
« Pans les conversations avec elle, évite toute plaisanterie e: toule raillerie; et, autant que lu le pourras, ne lui laisse lire aucun livre jovial. Il y a quelques traités de dévotion que tu peux lui permettre (quoique j'aimasse mieux qu'elle ne les lût point); mais ne soulfre pas qu'elle lise Hululais, Searrou ou Don Quichotte.
.. Tous ces livres excilenl le rire; cl tu sais, cher Tobie, que rien n'est plus sérieux que les lins du mariage.
o Allai lie toujours une épingle à ion jabot avanl d'entrer chez elle.
(( >i elle le permet de l'asseoir sur le inclue sofa, el qu'elle le donne la facilite de poser ta main sur la sienne, résiste à celle tentation. Tu ne sacrais prendre sa main, sans que la température de la lieniie lui fasse deviner ce qui se passe en loi. Laisse-la toujours dans l'indécision sur ce point el sur beaucoup d'autres. En le conduisant ainsi, tu auras au moins sa Curiosité pour loi; cl. si la belle n'est pas encore eniièremeiii soumise et que ton âne continue à regimber (ce
qui est l'or! probable), lu le feras tirer quelques murs de sang audessous des oi cilles, suivant la pratique des anciens Si ylhes, qui guérissaient par ce nioven les appétits les plus désordonnés de nos sens. n \viceuiie cs| d'avis que I 011 se li une oiMiilo a\ ee de I extrait
d'ellébore, après les évacuations el piirgaiions conveiialdes, ci je penserais a^M1/ comme lui. Mais surtout ue manjre que peu. un point de bouc m de cerf; ei abstiens-loi soigneusement, c'est-à-dire, autant que lu le pourras, de paons, do grues, de foulques, de plongeons, et de poules d'eau.
« l'our la boisson, je n'ai pas lies de le dire que ce doil cire
une infusion de verveine ci d'Herbe li.iuc.i, de laquelle Elien rapporta
dos effets surproduit*;. M;iis. si Ion estomac on souffrait, lu devrais en ili-i niiiinuer l'usai,'. . et vivre de concombres, de melons, de pourpier et de lai: ne.
« II ne se présente |W8 pour le inoinenl autre chose à te dire.
« A moins que la guerre venant à se déclare». .
« Ainsi ii ii n i rher Tobie, je désire que tout aille pour le mieux;
« El suis ton allée lionne' livre. Gauiiiii'i: Su miv. il
Dans les circonstances actuelles, Sterne lui-ntème retrancherait sans doute de ^ lettre l'article de Y âne; et, loin de co «eiHer à un prédestine de se l'aire tirer du s:*ig. il changerait le régime des concombres et des lai lues en un régime éminemment substantiel. Il recommandait alors l'économie pour arriver a une profusion magique au nionoul de la guerre, initiant en cela l'admirable gouvernement allais qui, en temps de paix, a deux cents vaisseaux, mais dont les chantier., peuvent au besoin en fournir le double quand il s'agil d'em- I>r. sse* les mers et de s'emparer d'une marine tout euliere.
Quand nu homme appartient au petit nomhre de ceux qu'une éducation généreuse investit du domaine de la pensée, il devrait toujours, avant de se marier. coiiMiller ses forces physiques et morales, l'our lutter avec avantage contre les tempêtes que tant de séductions s apprêtent à élever dans le cour de sa femme, un mari doit avoir, outre la s, ience du plaisir et une fortune qui lui permette de ne se trouver dans aucune classe de prédestinés, une santé robuste, un tact exquis, beaucoup d'esprit, assez de hou sens pour ne faire sentir sa supériorité que dans les circonstances opportunes, et enfin une finesse excessive d'ouïe el de vue.
S'il ;i\ail mie belle ligure, une jolie taille un air mâle, el qu'il restai en arrière de lonlesces promesses, il rentrerait dans la classe des prédestinés..- Au-si un mari laid, niais doul la ligure est pleine d'expres-iou, seràil-il. si sa femme a oublié une seule l'ois sa laideur, dans la s malien la plus favorable pour combattre le génie du mal.
Il s'émd era. et c'est un oubli dans la lellie de Sterne, à rester constamment inodore, pour ne pas donner de [irise au dégoût. Aussi ferat-il un médiocre Usage des parfums, qui exposent toujours les beautés à d'iujuil un soupçons.
11 devra étudier sa conduite, éplucher ses discours comme s'il était le cou la femme la plus inconstante. C'ait pour lui qu'un phi-
losophe a l'ait la réflexio» suivante :
« Tc'.'e ;emme s'est rendue malheureuse pour la vie, s'est perdue, « s'est de honorée pour un homme qu'elle a cessé d'aimer parce qu'il « a mal olé son habit, mal i oupé un de ses ongles, mis sou bas à l'en- « vers, ou s'y est mal pris pour défane un boulon. »
Un de ses devoirs les plus importants sera de cacher à sa femme la véritable situation de sa fortune, afin de pouvoir satisfaire les fantaisies et 'es caprices qu'elle peut avoir, comme le fonl de généreux célibataires.
Enfui, chose difficile, chose pour laquelle il faut un courage surhumain, il doit exercer le pouvoir le plus absolu sur l'âne dont parle Sterne Cet àne doi! èlre soumis comme un serf du treizième siècle à son seigneurj obéir et se taire, marcher et s arrêter au moindre commandement.
Mriiii de Ions ces avantages, à peine nn mari pourra-t-il entrer en !'(■!■ ;,VlT |',.S|ioir du succès. Comme :ous les autres, il court encore le risque d être, pour sa femme, une espèce d'éditeur responsable.
Eh quoi ! vont s'écrier quelques bonnes petites gens pour lesquelles l'horizon Unit à leur nez. laut-il doue se donner lant de peines pour s'aoner et, pour èlre heureux en ménage, serait-il donc nécessaire d'aller préalablement à l'école? Le gouvernement va-t-il fonder pour mie chaire d'amour, comme il a érigé naguère une chaire de droil p ..Mie.'
Voici notre réponse :
Ces règles multipliées si difficiles à déduire, ces observations si minuiicu-es. ces notions si variables selon les tempéraments, préexistent, pour ainsi dire, dans le cœur de ceux qui sont lies pour l'amour, comme le sentiment du goût el je ne sais quelle facilité à com- ; les idées se trouvent dans l'aine du poêle, du pem're ou du musicien. Les hommes qui éprouveraient quelque l'aligne à mettre eu pratique les enseignements donnes par celle Méditation, sont naturellement prédestinés, comme celui qui ne s; it pas apet «voir les ranporis existants, entre deux idées 6 fiërentes i ; un imbécile. En ell'çl. l'amour ■ ses : rands hommes inconnus, comme la .lierre a ses Napoléons, comme la poésie a ses André Chénicrs el comme la phihie a ses Desearies.
Celle dernière bb ervation contient le germe d'une réponse à la demande que tous les hommes se fonl depuis longtemps : Pourquoi un mariage Heureux <m il donc si peu fréquent?
Ce phénomène du monde moral s'accomplit raremeiil, par la raison qu'il se lou'oi de gens de veine. Une passion durable est W! drame -eh! i . ar deux : ocurs égaux en I; lents, un draine
où les sen maiiis soui des catastrophes, où les désirs sont des événements, où la plus légère pensée l'ait changer la scène. Or, comment
trouver souvent, dans ee troupeau de bimanes qu'on nomme une nation, un homme el une femme qui possèdent au même degré le génie de l'amour, quand les gens à lalenls riont déjà si clair-scmés dans les autres sciences, où pour réussir l'artiste n'a besoin que de s'entendre avec lui-même?
Jusqu'à présent nous nous sommes contenté de faire presseulir les difficultés, eu quelque sorte physiques, que deux époux oui à vaincra pour être heureux; niais que serait-ce donc s'il fallait dérouler l'effrayant tableau des obligations morales qui naissent de la différence des caractères?... Arrêtons-nous! L'homme assez habile pour conduire le tempérament sera certainement maître de l'âme.
Nous supposerons que noire niari-niodele remplit ces premières conditions voulues pour disputer avec avantage sa femme aux assaillons. Nous admettrons qu'il ne se n onvo dans aucune des nombreuses classes de prédestinés que nous avons pissées en revue. Convenons enfin qu'il esl imbu de tomes uns maximes ; qu'il possède celte science adm r. blc de laquelle nous avons révélé quelques préceptes; qu'il s'esl marié très-savant; qu'il connaîl sa femme, qu'il eu est aimé; et poursuivons rémunération de toutes les causes générales qui peuvent empirer la situation critique à laquelle nous le leiuus arriver pour l'instruction du genre humain.