‹ Œuvres de jeunesse, illustrées. DessinsChapitre 41 sur 92 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Qui croirait, en effet, qu'une telle entreprise Du fils d'Agameinnon iiicTilnt rentreniisc? Kacine, Andromaque.

Tout le temps que la jeune marquise de Montbard demeura à Birague , Aloise ne . fut point aussi malheureuse qu'elle s'attendait à l'être. Mais, aus^iiôl que sa laule et sou époux eurent quitté le château, le présent devint bien pénible, et l'avenii- fut sans espérance.

La comtesse entoura sa fille d'une foule d'espions, et le marquis Villaoi obséda sans cesse la victime qu'on lui saerili.iit. O n'est pas que Malhilde n'eût vouln dans les commencements essayer de la donceur ponramcnersa fille à suivre ViUani à l'autel; mais, s'étantpromptement aperçue de la violente antipathie d'.V loïse, anlipaihie que la franchise de la jeuue (ille laissait éclater dans toute sa force, la comtesse mil bas toute feinte, et parut devant sa fi!l(! armée de cette vo- ■ lunié ferme et égoisle qui ann(uice l'irrévocable arrêt de l'injustice qni vent se satisfaire, lille ordonna à la douce créature de regarder Villani connue l'homme auquel nulle puissance au monde ne pouvait l'cnipêelier d'èlre unie.

Pour comble de tonrmeuls, Aloise, qui dans sou malheur avait tourné les yeux vers son père, n'avait réussi dans aucune des tentatives qu'elle avait faites pour le voir. Le comte se levait au point du jour, et, accompagné de quelques piqueurs, il parcourait les bois en poursuivant avec une ardeur infatigable le daim

timide ou le féroce sanglier. Les plus hardis chasseurs étaient étonnés de l'intrépidiié et de la force de leur maître. En effet, le comte descendait les monlagnes à bride abattue, franchissant les fossés les plus profonds, et traversait les rivières les plus dangereuses, pour suivre et chercher les animaux les plus cruels. Et cependant ce n'était pas la passion de la chasse qui le Iransporlait, et encore moins l'envie de détruire, car il ne se servait jamais de ses armes. Il se jelait avec le plus aveugle courage au-devant des dangers de tout genre, ei ce n'était que lorsqu'il se trouvait couvert de sueur et harassé de faiigiie que. ))lus tranquille, il se décidait à rentrer au chàleau. Alors il s'cn<evclissait dans la retraite la plus sévère ju-qu'au nouveau point du jonr. qu'il recommençait ses longues et pénibles excursions.

Ce fut donc vainement que la pauvre Aloise se présenta plusieurs fois à la porte de l'appartement de son père. Le jour il était absent, ot le soir les ordres les plus sévères commandaient à ses

|iurlc ùo 1 up|.;iilunK'iil...,

Page 1