‹ Œuvres de jeunesse, illustrées. DessinsChapitre 42 sur 92 · PAGE · texte numérisé non relu

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gens de ne laisser pénélrer qui que ce soit jus(|u'à lui. Dans ce vaste château, où tout parlait de la grandeur et de la puissance de sa famille, l'iiérilicre de Birague se trouvait dans le plus cruel isolement. Orpheline dans la maison de sou père, aucun ca-urne s ouvrait p(uir partager ses peines, aucune bouche pour l'adiuicir. Nous nous trompons; Bobert, cet ancien et (idèle serviteur de la race morvéenne, ne passait pas une heure sans penser à sa jeune maîtresse, d un jour sans lui donner quelques preuves de son inviolable attachement. Cependant, coiiune la plus grande prudence était nécessaire, le vieil iniendant ne pouvait que rarement, et en passant encore, encourager sa jeune maîtresse ei de l'ueil et de la parole. Ces consolations, insuflisantes et pa^^ e.-eres, w ponvairnl ■-oulager les peines de la jeune héritière : Aloi-e résolni ilone d Teriri' à sa tante, et de verser dans sou sein tous les chagrins qui laeeahlaient. La lettre faite, il fallait trouver un moyen de la faire tenir à Anna ; qui cliarger

de celle conmiission?...

Robert était bon, mais si vieux , qu'il devait être insensible à l'amour, et par conséquent il refuserait peut-être de se charger de l'épitresentimenlale... D'ailleurs, elle pouvait compromettre l'honnêle intendant, et lui faire perdre en un jour le fruit de ses longs services.

Un autre motif encore ajoutait .i la répugnance qu'Aloise avait de confier à Robert la letire destinée à sa tante.

Cette Icltre parlait d'Adolphe, et un instinct de délicatesse faisait désirer à la jeune fille que les tendres secrets du cœur ne passassent point par les mains d'aucun homme. Elle préféra s'adresser à Marie, sur le dévouement et la discrétion de laquelle elle comptait. Elle lui remit donc sa IctlrC, et lui recommanda toute la prudence nécessaire en pareille circonstance. — Si le nuilheur veut cependant ((u'on apprenne ta mission, lui dit-elle, et que tu perdes ta place pour l'amour de moi , tu iras trouver Anna, qui le prendfa à son service, jusqu'à ceque des temps plus heureux me pcr mettent de nous réunir .Marie, bien endocin née, profila du premie dimanche pour cour', à Chanclos, et s'acquit ter de la conimissioi de sa jeune maîtresse.

Elle sortit heureusement, de Birague, et, pleine d'espérance et de joie, elle s'achemina vers la geiililliommière du capitaine. Celui-ci battait l'estrade en ce moment, et la fraîche messagère tomba au milieu de ses avant-postes. — Bonjour, monsieur le capitaine, dit Marie en passant devant le compagnon d'Henri IV, et en lui adressant une de ses plus belles révérences. — Bonjour, jeune fille... Mais oîi allezvous comme cela, ma poulette? — Oui, où allez-vous comme cela? répéta de Vieille- Roche. — Je vais me promener, monsieur le capitaine. — Promener.'... de quel côté, mon bijou? — Du côlé de votre beau château, monsieur le capitaine, du côté de la demeure des braves gens. — Attention, de Vieille-Roche, s'écria le capitaine, la petite bohémienne veut nous séduire. — Attention ! répéta de VieiUe-lioche. — Et qu'allez-vous faire du côté des braves gens? reprit le capitaine en passant deux doigts sous le menton de Marie... Voyons, jeune (ille, contez-moi ça ?... — Je vais faire une bonne action, monsieur de Chanclos. — C'est très-beau; mais comme ua

d'OII)reufc y frappa violemment.

L'III'IUTIÈRI' DE imiAGUE.

cliof niililairc ne dml croire j)or$o;ine t.iir parole, je vous pvierai d'entrer ihiiis le ilèlail de l;i belle iieruiii qui yuiis sidire à ('IkuicIos.

— Ah. iiio.i>it iir le eapilaiiK- ! Il m'a éé biiii ricoiiim.iiiilé de ne parler à persteiiie de la lellre.. — Uiu' lelire !... Allmi-, de Vi, illemiche. eiiu.uroiis la pri-omiiere. el ciii|iar'ius-iiiuis des dépèi lies de reiuieini... décemiiieiil. de Vieille-n.» lie... l'c Vieille-Hiidie. pas si bas... Veiilre-sai .l-gris ! quel (ijinllard I. . — Je la liens, je la lien-, dit VI. iile-Roelie. — Qii.il doue, vieux laïK-qucuel.' — Le... le paquet... le vniei, nuiii ami. lÀ>.

Le eapilaine prit el lut ladresse suivante : A madame, madame la marquUeili: .A!mi;b.ird.iiiir/iii/C(jii de Cluinrlos.— E\\' je ne nie Irdiiipe paN.ajiiula-t-il, ce>l 1 éeriluied • ma petile-lille Alui^e? - Oui, monsieur le c.ipiiaine.— Que ne L'disais-lu d.)ne de sniie, fiipiimie!... — Ojine. mon.-'iiurle eapilaine, vous antres inilllairesvons alliï si vite en besigne. qu'uin- p.nivre lille n'a jamais le temps de parler assez vite .. - Eli !... Eli ! Kli du de Vieille-R(ube, elle e l diftlelle! — Ah çà, reprit Cli.melo-, cnmmeul he poi le votre jeniu! n)aiire>sc ?...

— Hiiu Irlstenient, monsieur le capitaine, ob ! bien (ri^tciiient! el c'csl bien ualnrel: je le dis de b mue Tii, je ne ser.d- pas plus gaie

Qu'elle, si on vonl.iil m iiiipèeluT d'ép.iUMr Clirl-loplie... — C'est oue l.brisloplie qui... — Oui, monteur le capitaine, iiilerrnmiiil Marie en fai.^anl l.i révcrenee. IloimOle garçon... — Oui, mon ieur le capitaine. El Mari.' lit une nouville lévcreiiee. — Hieu tourné. — Oh: oui. inon-ienr le eapilaine. El M.irie ajiitila nue nouvelle révéreuce aux deux premières. — Ce n'e>t pas loul. jeune lille; que dit la ciiniiejse? — Elle gnuide. — Vlllani"/... — Il miaule, ooiniue dit Cbri-'iophe. — El mon pendre ? — .Munsi igiieur ne voii el ne parle à per.Miniie ; il pari le matin pour la clla^ c, el... — Il ne revieiil que le soir, je>ai^ eela. c.ir je le reiiconiredeux fois par jour. Ainsi donc, ma pauvre Aloisc n'a aneua protecieur: p r l'aiyle du néarii, je lui en tiendrai lli'ii... Ecoute, Marie; lu va>;illir à l^liaue o- camnie tu eu avais I iulenliuu ; lu remellras à ma lille la niarqtii>e de Miiiilhai'd Li lelîre de sa nièce, el lu y jolndias un b.ml d'éeril que je vais lo reineiire. — ('ni, inonsienr lecapit.iiiie. — Le voici... Eeoiiieeiicore; ma lille te chargera sans doute dune répou>e pour sa nieee, remetsla 6d Icineni ce suir à Aliii>e, et sur tontes choses ne dis à personne, pas même à i.bri.st<ipbe, que In .is clé à Chaneins, cl que lu m'as parlé... Adieu, jeune lill.-. Tiens, Toil.i pour ta course : prends la volée... Un moment : de r< twnr à RIragne, souviens-loi de uraYcrtir de su^le si ma pellle-lille élail uienacée d'un nouveau mallieur... lu me trouveras toujours ici... voilà toul ce que i'ai à le dire... p.irs, et que le ciel le conduise. .

Siarie arriva san:. mauvaise rencontre à Chanelos, cl remit à Anna la lellre d'Aloïse et le hilh l du capitaine. Celui-ci recoumi-aiid dl à l.i marquise de .Muiiibard d'olTilr en fo i nom el au sien un n fiige à leui jeune parente. Moulbard approuva celte offre, el Anna écjivil en couséqnence à sanicee. que la demeure d'un grand père cl d'une tante étail un asile qu une noble (îenioiNelle pouvail accepter sans rougir. Toutefois, la m.lrllui^e ne lui conseilla d'avoir recours à ce moyen extrême que lor:-(|u'il ne lui resterait plus d'espérance de salut. Celte l.iire écrite, Maiie reprit en louie hàle le chemin de Birasue, oii elle élail attendue impallemmenl pir sa jeune maîtresse. Pendant que .Marie f.iisall le double trajet de Biragne à l^hanclus et de I hanclos à Birague. le capitaine, aidé des conseils de sou ami de Vieille-Roche, avait tracé une épilre dont II attendait le plus grand effet Celle épilre était un cartel adressé à Villaui, el en termes si méprisants et si clairs, que le compagnon de l'aigle du Béarn ne pensait polut qu'il fût po>sible à un hoiiiiue qui n'est pas eutici'ement dépouillé d'honneur et de conr.ige d'éluder le combat qu'il proposait. A ce cartel pour l'Italien Chanelos joignait une lellre pour la comtesse, el une autre pour le comte Mathieu XLVI»: l.i htire à Maihllde él:iit écrite a peu pi es du même style el avec la même franche éneigie que celle dotinée à Villani. Pour élre bien sûr que ces imporkinlcs missives ne pussent pas s'égarer, le ca|iitaine chargea sou ami de les porter lui-même au château, et lui enjoignit surtout de n'eu sortir qu'avec deux réponses claires et caiégoriques. De- VieilleRoehe jura, par ton, le> vins du inonde, qu'il s'acqulilerait fidèlement etbraveuieiit de~amis-lon, et le ca|iitaiuc el lui décidèrent, en déjeunant, la manière dont il devrait se-conduire dans tel ou tel cas prévu par leur prudence.

be ViellU-lloche, bien lesté, el n'ay.inl bu que raisonnablement, se mit donc en roule pour Birague. An i\é aux (lortes du château, il s'annonç» emiime porteur de dé)iéehe- de la plus haute iinporlnucc pour .Maihllde, le marquis et le comte lui-même. La comtesse n'était pas alors encore levée; le comte chassait; Villani seul étail visible; de Vleille-Riichc fut donc conduit à son apparlement, et lui remit le cari«.-l du eapilaine. Jugeant à propos de soutenir cette présentation de tout le (loiJs de >.m éliKiucnce, il enlaina le di-cours suivant : — Mon>ieur le marquis, daus le cas où vous seriez bon gentilhomme. dr6le d.in~ le ds où lu ne ser.ds qu'un fripon el un aventurier, je viens, moi, tiéar Alexandre Alhauase, sire de Vieille- Roche el autres lieux, p<jiir avoir llioiiiicur de vou> prévenir, monsienr le maïqiiK, (wur te déclarer, béiltre que lu es, que mon ami .Mitimilien de Chanelos vous prie de renoncer à vos vues sur Aloi'ie

deMorvan, sa peiiie-fiUe, t'ordonne de rentrer dans ta vile coque! faute de quoi, mousieerle manpiis. il ven- previeni (pi'il vous ( oinballra à pii d el à elieval. jiisipi à ce que iiiirt s'en ^iiive; ei à ton refus d'oli!eMi|iér. r à et t ordre, vagahiind d'Iialie. le eaiiiiaiiie de Chaneins jure, |i;ir l'aisrli' du néarn, mid iiiviiieilile maiire. qu'il viendra jusipie diiiis ce eliaieau te roiipi r les oreilles el le lu'/, \in--i doue, niiin>ic'iir le iiKirquis, on. eanaiHe que lu es, il dépend de x"ons el de lui dr vivre on di' mourir, .l'ai dil...

Le discours de \ieille-Hoelie avait éu' pins d'une fois interrompu par le 111,11 (|ni-, mai- en vain, car l'i.lis'.iué gentillionime n'en av.dl pas reiraiK lié un nml ni crié inoin^ fon. Vill.oii. in-triill par une pareille harangue de l'original auquel il avail aff Ire, lésnliil de iiiellre adri.ilemeiil à pmlil le goil: bim connu du négneiaieni poiii le vin, alin d'arr.ielier quelques iiidisciélions qui pus>enl l'éelairer sur les véi'il ililes projets de ses adver-aires. En coiiséqucace. Il amionça graveiiieiit à de \ ieille-llnehe qu'il all.iil s'occuper de lui f Ire nue réponse claire et catégorique, et cpi'il la lui remelirail ans ilol après le di'jeuner Ayant alms sonné ses geii~. plusieurs d une.siiipies entrèrent cl ehaigèreiit mie lalile d'une pr. In ion de mets il de vin.i d iiil la saveur el le biiiquei inoiiiéreiii prompiciiienl au nez de Vieille-noche. Villai.i, s'apercevant qui' la vue et l'odoral de l'anibassadeur du c.q iialneélalenl agréableiiienl ( hilonilU's, lui proposa noliinent de prendre part au modeste di'.jennerqm ven .il dêre servi. De \ leillc--RiKhe, qui, dans le long ( ours diiii' linnnrahie carrière, n'avait jamais eu à .-e reprocher la dureté d un ri fin. aurait (leulêtre rési>lé à la lenlalion qui lui ét.iit iifi'cile ri snii discours n'erti été prmioiiré; mais, comme beuren>ciueiit il vmail de le déidUT avec ïon:e l'éli queoce iuiagin lile, il crut ponvi.ir ;ins daeger aeerpter r< f.iv séduir aille de Villaui. le bon gentilliom: ic n'avait jimi.ns lu Virgile, el par conscquelil il ignorait le î'iHieo Dnnaos et dona ferenlts de cet aniciir.

(,inoi qu'il eu soii de I ignorance latine de Vieille-Hoehn, Villani n'en lira pas loin le parti ipi'il en espérait. Le cbar.'îé d'affaires di; capitaine accepla toutes les sautés, en proposa le d'iulilt» ci but enfin coininc trois templiers Mais, hélas! i| ne (tarla giiore plus qu'un trappiste, l'-n vain le mnvipds mit-il en n-;i«e loni«s les ressnurce.-, de son esprit ; en vain offi ilil à de Vicille-Horlie des vins les plus c^ piteu», le prndenl convive but el se lui. \ l.i lin cependant. Vieille- Boche, ayant levé le cnnde avec trop di' complaisifiice, parut s'écarter des règles de condiiile qu'il s'iilail iinpoées, et il coinmcneail à se débouioiiner, lorsqnun valet de cliinilMc de la comies>e entra, annoneaiil que sa noble inaitresse élail visible, Vill.ini envoya vingt fois au diable la noble iniî;resse; car. qneUpie cho-e qu'il pût l'aiiC, de Vieillo-ltoehe voiiliil ;ib iiliimciil se rendre de suite à landience qui lui clail accordée. Le manpiis résolut au moins d'accoinpagner son lio:o chi z .Malhilde, el de faire son possible pour éelaircir les soupçons qu'il venait de concevoir sur l'inJellig'ucc seerèie qu'il supposait exiler entre Aloise, Adolphe cl ses amis, il iiiliodnisil l'ami du capitaine chez la comtesse, el, à sa grande surprise, il la trouva la eu compagnie du comte.

AusH ôl qu'il aperçut de Vieille-I'oehe, M:illiicu se toi. ma vers lui et lui dit : — Ne in'a-t-on pas trompé, mon-linr de VieilleRoehe.' Parlez: est-il vrai que vous avez quelques nmivelles à m'appri'iidre?

— Rien u'cslpliis vrai, monsieur le comie, répondit de VieilleRoehe en balbut ant. Ce que j'ai ii vous confii r est di' la plus h. une impur ■ lance; c'e>l un secret qui,., un secret dont,,, un secret enlin,.. Vous comprenez A cette iolerpellation, le comte se troubla ; et, jetant sur de Vicille-Roebe un regard terijble, il lui demanda impérativement qui l'avait envoyé vers lui. — (Jui. moii'-ii ur le comte?,.. Un galant homme, ma foi, qui veut vous épargner bien des Iribulalioas; car enlin, si ce qu'il m'a dit est vrai, vous avez plus d'une ... plus dune cho e à vous reprocher... — Tremblez ' séeria le comte l,i main sur son épée. — Ah! bien oui, moi trembler! vous badinez, je pense... Mais pour en revenir à celui qui m'envoie vers vous, saelu z donc qu'il vous accuse de barbarie , Un père... — Un père!,.. — Oui, un père, dit-il, ne doit pas sacrifier i-on enfant comme une fiilaille vide; la nature, la raison, le... la.. Cnlin, lisez sa lellre, et vous verrez ce qu'il vous écrit : c'est louchaui, sur nioa bomieur. Quant à vous, madame la comiesse, voilà votre parpict; mon ami m'a bien recommaiidé de vous le remettre en mains propres. Ah çà. monsieur le comte, madame la comlesse, monsieur le marquis, on bien vagabond (ritalien, voilà ma ml-sion rein|ilie; Il ne vinis resie plus qu'à me donner un petit mol de réponse. Songez, je vous prie, qtie j ai juré de ne pas sortir d ici sans cela... Que dir;ii-jc de votre part à mon ami IMiancIos?.,, Conmicneons par vous, monsieur le coniie : à tout seigneur tout honneur, - Dite- à l'éeuycr de ("hanclos que les comtes de .Morvan ont lonjniirs élé les in,d:res chez eux, el (pie je ne souffrirai pas que personne nu monde d.rigc ma couduilcel mes actions.

- C est cl.iir el calég iri(pie cela... A vous, madame la comtesse'/ — Reportez à votre ami ce que vous me voyez faire.

A ci-s mots-là, .Malhilde jela an fen la h.aire de son père. — Les expressions ouirageaires dont cette lettre est rem[die, ajoiila-t-elle, me di,^pensent des égards que je croi- devoir au capli,diic de Chanelos. — Cela est encore clair et catégorique. — Ah çà ! à vous, m<m-

L'IIÉRITIËRK DE BIRAGUE.

'iunrli; iii.ii(|iiis, ou bien drô... — Annoncez de ma p:irl au capi- (;iiu(;, iiili'ri(rMi|iil pn)iii|)leiii('iit Vilhuii. que j(! -eiai ilcinaiii au iiiidoz-viius qu il m'as ig ip, et r|ue jo somioiidrai, l'cpce à la m.iiji, mes didils .sur AIdi^c de Miirvau et l'Iionneur de mou nom. — Cela esl encore clair el calég»iii|iie... Par ma fol, j'en suis coiileiil, car voilà (ontc ma mission remplie de point t^n poinl. Adieu, messieurs el inadarne ; piiissiez-vous n'avoir jamais suif... Sur ce, je vous odVc ma Ire liiimijl' révérence... Mille lances.' voilà ce qui s'appelle se (in r jo'.imenl d aflaire!

(.•u.iiid l.i coniles>e et Villani furenl seuls : — Marquis, dit Ma- Ihilde, votre inteiilion serait elle d(' vous rendre au rendez-vous indiqué par mou pcie? — l'ouvezvons me sMpposer cette Inlie-là, comies>e? — C'est 1res bien, marquis; mais je vous préviens que le capit:iine de Chanclos n'aura ni pai\ ni Irève ipi'il n'ait tenu son serment; ainsi, prenez gaide à vous. — Je suis parCiitement tranquille à son égard Avant qu'il soit peu, le vieux lap.igeur de Cbanelos ne sera pins à craindre pour moi. La comtesse lil semblant de ne pas entendre eelte deniicie phrase. — Qu'avez-vons appiis de cet imbécile de VieilleRoelie'/ dii-elle en elianyeani de conversaiion. — Fort peu de chose, .le soupçonne heulcinent (|u'il e\islt' entre Aloise et Adolphe une correspond.mce qn'd ser.iil iniporlanl d intercepter. — lleposiz vous sur moi de ce soin. J'ai conçu pareillement quelques soupçons, et je ne larderai pas à les éclaireir. Ce soir ma seniimenlale Mlle nx-evra mes derniers ordres et devra s y tcilormer. A ce soir, manpiis, vos doutes seront résidus. — A ce soir.

T.indis que Maibilde confiait à Villani le projet qu'elle voulait mettre à e\é(ulion contre sa lille. de Vieille-lîo. lie avait gagné le quartier général de l'armée d'oliseivatlon, el rend.iit conq)te à i.lianclos du sucées de son ambassade. Le bjuillant capilaine jeta feu et llamnie et fit les plus terribles sernients de vengeance. Une seule chose le CDU ola : ce fut l'espérance de ctimbatlre Villani I épée à la main ( t de lui iniliger la punition la plus exemplaire. Pend, oit que la comtesse pensait ù décider à jamais du sort de sa lille, que Clianclos rêvait » la vengeance qu'il allait tirer du maïqnis italien, et que de Vieille-Roche buvait, la p.,uvie Aloise était loin de s'atlendre à l'orage qui allait fondje sur elle, l'allé n'y songea que lor que Chalyue vint lui oidomier de se rendre à l'appartement de sa mère. La jeune fdle V fut en trendilant. —Asseyez-vous, Aloï-c, dit la comtesse d'un (ou (eruio el gl.icial, et piêtt z-moi toute voire altentiun. Des motifs puissante, et que je dois vous taire, motifs d'où dépendcLit le bonheur et la fortime de vos parents, exigent que vous donniez votre main au marquis de Villani. (J'est en vain que vous voudriez résister; voire sort est décidé iirévocablcmenl, et nulle puissance ne pi'ut vous y soustraire .. Vous pleurez, fille indii;ne! Eh quoi! ne sufiii-il jas de vous dire que le bunlieur ou le malheur de vos parents est dans vos mains pour vous faire consenlir avec joie à fliymen que l'on propose?... Qu'a donc cet hymen de si effrayant'? Vous allez épouser un des plus beaux cavaliers'de la cour, un homme capable d'arriver aux plus haulcs dignités. Ce sort est-il si affreux qu'il faille en gémir'.'... Mais je devine les pensées qui vous agitent ; le nom d'Adolphe est sans cesse sur vos lèvres; vous ne pensez qu'à lui... vous l'aimez... vous lui écrivez... Moi, madame'.' — Vous-même, fille coupable... Démeniez, si vous l'osez, celle lettre que j'aperçois dnns votre sein.

— 0 ciel!... Je vous jure, madame... — Quelle est celte lettre.'... répondez... — C'est une lettre de ma tante .Anna. — Donnez-la-moi.

— Ah! par pitié! madame, n'exigez pas cela. — Donnez-la-moi, vous disje... — 0 madame! cette lettre Cit... Vous ne pouvez la voir... - Pourquoi'.' — Elle contient contre vous des inculpations que mon cœur défapprouve. Anua ne vous aime point, et vous juge si injuslemenl, que je crains... — Vous avez toit; je suis curieuse de voir le slyle de ma sœur la marquise... Donnez... — Oh par pitié! ma mcre, ne li.ez pas... — (Jnc signifie cette résistance'?... Je le vois, celte letire, que vous me retusi z si opiniâtrement, n'est pas d'Anna; elle est d'Adolphe... Indigne lille!... — Je vous jure .. — Je ne vous crois pas...

Eu prononçant ces mots, la comtesse se jeta sur sa (ille, et lui arracha avec violence le papier qu'elle cachait dans son sein. La confusion de Malhilde fut égale à sa colère quand elle eut jeté les yeux sur cette lettre, si ardemment désirée : elle éiait réellement d'Anna, et la pudeur filiale l'avait seule refusée. — Fort bien! mademoiselle, dit la comtesse, qui ne cherchait qu'un préiexle de quereller, forl bleu! On vous donne là d'excillents conseils 1 Une lille nui en reçoit du pareils ne larde point à les suivre Mais j'aurai l'œil sur vous Eu attendant, je vous déclare que vou^ devez vous préparer à épou er dans trois jours le marquis Villaid. — Dans trois jours, madahie.

— Telle est ma résolution, que rien ne pourra changer. — Ah ! ma chère mcre, prenez pitié de votre malheureuse (ille... Vous le savez, hélas ! j(' déleste le marquis, el ce serait me donner la mort que de m'unir à lui. — Vaines paroles!... — Eh bien! madame, puisiiue voire cruauiémeforeede sortir du respect que je vous dois, craig lez que je ne m'affranchisse de la servitude que vous m'avez imposée. Réduite par \jus au désespoir, je puis... — Qu'osez-vous dire, lille criminelle.' .. Tremblez que je n'appelle sur votre tôle les vengeances d'un Dieu terrible... Oui, puisse ma m:d(4rlieiion s'appesantir sur

vous!... Si vous .. — Ma mère! ô ma mcre! épargiicz-moi, s'écria Aloi.se pleine d'effroi. — Piomelliz d'épouser le oiaiquis d.ins trois jours. — Ma mcre!... — Promels-le, on je le maudi-!... — Manière, je jure... A ces mots, Aloïse lomba ilans un proibnd évanouis-ciiienl; et la cruelle comtesse, l.i regardant IVoidiinenl, s'écria : — Puisses-tu mourir plulùl que de l'opposer à mes desseins! Miilhilde s'éloigna en ordonnant à Chalyne el à Marie de Irai^purter Aloise dans son apparienienl.

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