CHAPITRE XI
Cne femme est toujours une femme, MilorJ H"-.
Walh can enoble sols, or slaves, or coward? Alas ! not ail the bloud ofall thc HuwarJs. Pope, on Essay on man Epislre IV.
Et toi, si les verlus ne te font honorer. Tout le sang des Talbot ne saurait l'illustrer. Deliue, traduction.
Rentré à l'hôtel de Parihenay, le duc, indigné de la conduite de son neveu envers Fanchetle, résolut de lui en marquer son mécontentement. Il trouva Emestine dans les larmes : le marquis n'avait point paru à l'hôtel depuis vingt-quatre heures. — Pauvre Ernestine ! dit le bon seigneur en fixant sa nièce d'un air de compassion. — Ah, mon oncle, mon oncle!... Ferdinand est bien coupable!... enlever la fiancée d'un brave homme presque à l'autel... la conduire dans un lieu infâme !... mais au moins la jeune fille a-t- elle échappé à la séduction.'... — Grâce au ciel, mon indigne neveti n'a pu fléirir son innocence... Ernestine, vous ignorez encore jn^qu'(]ù il a poussé l'oubli de l'honneur el de ses devoirs. — Grand Uicu!... — Tout me fait craindre qu'il n'ait déshonoré mon nom... J'ai vu celte jeune Fanchetle, et me suis fait raconter toutes les pailicularilés de son aventure 1 — Eh bien, mon oncle .'... — Eh bien, Ernestine, la jeune fille craintive, embarrassée, ne m'a point expliqué clairement ce qui avait pu décider le marquis à lui faire rendre la liberté. Lorsque son amant parut el l'arracha à ses persécuteurs!... qui sait ce qu'aurait fait Vandeuil sans ce secours inespéré'?... peul-êire eût-il porté le crime... — Ah, mon oncle ! pourquoi ne pas croire plutôt que le repentir el le remords...— S'il en était ainsi, Fanchetle n'aurait pas manqué de m'en instruire... une autre cause a donc guidé voire mari'.' Je le saurai, et malheur à lui si jamais... — Mon cher oncle, je vous supplie... — Ma nièce, vous êtes trop faible, et si je vous imitais, notre conduite, au lieu de corriger le marquis, ne servirait qu'à le enhardir dans le mal. Ma résolution est prise ; je ne veux point que les cris des victimes du libertin s'élèvent jusqu'à moi, et vienneut accuser mon insouciance. Je vengerai la société, vousmême, Ernestine, et l'honneur de mon nom...
La marquise ne répondit rien; quoiqu'elle aimât son époux avec une aveugle idolâtrie, elle ne pouvait nier les écarts nombreux dont il se rendait chaque jour coupable. Voyant donc le duc au'^si courroucé contre lui, elle n'osa aborder de front la défense de Vandeuil; mais, en revanche, elle s'y prit avec l'adresse admiraWs'iue possè»