PREMIER FRAGMENT
M. DE CONOOM.
II est impossible que rien change dans la foi de TÉglise sans que Ton s'en aperçoive j puisqu'elle tient pour maxime qu'il n'est pennis d'y rien changer.
Les articles de foi les plus spéculatifs et les plus abstraits sont les fondements de certaines pratiques sensibles, en sorte que toute la religion se réduit en actions.
Exemple : la création de la Trinité est le fondement de la forme da baptême ; et il ne serait pas permis d'y nommer également les trois personnes, si elles n'étaient égales ; donc cette pratique con~ serve la foi, à laquelle elle est nécessairement attachée.
On baptise les enfants pour la rémission des péchés, et on les exorcise auparavant comme étant en la puissance du démon ; donc l'on croit au péché originel.
Une des prédictions de Jésus-Christ des plus admirables , c'est que sa religion doit être si cruellement persécutée que l'on fera mourir les hommes pour son nom. On souffrait sans se fâcher toutes
1. SoQTent, aprèi de longaes conTenatiom arec BoMuet tur lei matière» lei plas importantes de la reli8r><">> l'«bbé Fleury jetait »nr le papier le» chose» qni raraient le plus frappé. Ce sont ces notes , on platAt ces wraTenirs , dont noos publions an. joard'hai quelques fragments. Ces morceaux, il faut l'arouer, ont perdu leur inspiration : on désirerait la »uite du discours. Fleury n'a reeneilli que de» pensée» ; mais ces pensées sont soa-rent exprimées aree tonte l'énersie du maître. Ceux qni ont In la volumineuse Histoire de Bostuet. par M. de Bausset, reconnaîtront facilement que ces note» lui avaient été eommuniqnées, et qu'il en a publié quelques-unes, mais en les arrangeant à sa guise, et quelquefois même en les mutilant. Nous en arons offert Un exemple dans 1» Vie de Tabbé Fleury. !•• -*--M.
les fausses religions, pourvu qu'elles parussent anciennes. Les philosophes, particulièrement les épicuriens, se moquaient tout ouvertement des religions publiques sans que l'on fit leur procès. Ceux qui n'étaient pas de leur avis se contentaient de se moquer d'eux.
La prétendue possibilité objective des choses hors de Dieu vient d'une équivoque de grammaire. Une chose est possible à Dieu, c'est-à-dire seulement Dieu peut faire cette chose. Comme je suis aimé de Dieu, c'est-à-dire Dieu m'aime ; mais ce passif ne marque rien qui soit effectivement en moi, beaucoup moins en un objet qui n'est pas.
Tout le langage de la théologie et de l'Écriture nous enseigne que Dieu peut faire beaucoup de choses qu'il ne fera jamais, et que sa puissance est infiniment plus étendue que les décrets de sa volonté; sans cela nous ne conserverions en lui aucune idée de liberté, et il nous paraîtrait agir par une nécessité fatale. Ce qui n'empêche pas de dire dans le sens composé qu'il est impossible que rien soit que ce qu'il a résolu. Il est vrai que nous avons quelque peine concevoir comment un décret éternel, immuable, est néanmoins un choix libre entre plusieurs choses indifférentes que Dieu voit comprises en sa toute-puissance.