‹ Œuvres de l'abbé Fleury (volume 2)Chapitre 11 sur 131 · DEUXIÈME FRAGMENT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME FRAGMENT

PAROLES DE M. DE MEAUX

Si l'on veut ramener l'antiquité dans la discipline de l'Église, il faut la ramener tout entière.

Pour ramener les protestants, il faudrait rétablir l'ordre et la dé* cence des assemblées dans le service de l'Église.

Pour faire une distribution juste des biens ecclésiastiques , il faudrait procéder à de nouveaux partages.

Le plus grand mal n'est pas la chute de la discipline, mais le relâchement passé en maxime.

Les vêpres avant midi en carême et les usages semblables sont comme des protestations contre le relâchement qui font souvenir de ce que l'on devrait faire.

Il semble que les apôtres et leurs premiers disciples aient tra* vaille sous terre pour établir taot d'églises en si peu de temps, sans que l'on sache oomment.

Quand je lis les livres des hérétiques, il me semble que je suis enrironné de poisons.

Il faut qu'un évéque instruise plutôt que de faire des procédures. On n'appelle point de la parole de Dieu.

A mesure que la charité a diminué entre les évoques, les cérémonies ont augmenté. Cyprianus Comelio fratri.

Quand un homme est en place , on ne croit plus qu'il puisse rien faire par lui-même, on veut toujours qu'il se fasse aider, quelque capable qu'on le crût auparavant.

Après une ordination qu'il fit ayant la fièvre , on relevait les fatigues d'un évéque. f Ce sont , disait-il , de plaisantes fatigues en comparaison de celles des gens de guerre. »

Saint Thomas de Cantorbéry est le martyr, non tant de la discipline ecclésiastique que des dehors de la place qui servait alors à le défendre.

On doit parler de soi le moins qu'on peut; on ne dit que des impertinences. C'est en quoi les apologies de saint Athanase sont admirables : il y parie toujours de lui sans se rendre odieux.

Beaucoup de gens d'esprit, même dans les grandes places et dans les ministères d'état, n'ont que des esprits bornés à raisonner sur certains principes qu'ils n'ont jamais eiaminés, et qui se trouveraient faux. Il ks appelait esprit de marchands.

Il y a eu trois sortes de théologiens dans l'Église : 4* les originaux , qui raisonnaient sur les Écritures et la tradition , depuis le < ommencement jusqu'à saint Grégoire ; 3^ les copistes , qui ne fai- Mkient que transcrire et compiler les anciens : Bëde, Rabui, Sascase, etc.; 30 les scolastiques, originaux à leur manière, mais donnant trop au raisonnement, depuis le treizième siècle jusqu'au seizième.

Tout le monde dit ceci ou cela , c'est^Vdire cinq ou six personnes que l'on fréquente ordittûrenant ; et c'est ce qui fait les opinions et les réputations.

Quand on se réconcilie avec quelqu'un, surtout après une longue

f.4 EXTRAIT

froideur, il ne faut pas d'éclaircissement ni faire aucune mention du passé, de peur de se brouiller de nouveau.

Nous ne sommes pas touchés du bonheur qui nous est promis en l'autre vie, parceque l'imagination n'y trouve aucune prise.

Trois sortes d'hérétiques : 1** fanatiques, valentiniens , manichéens, etc.; S» chicaneurs, donatistes, calvinistes, etc.; d^ raisonneurs, ariens, pélagiens, sociniens.

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