‹ Œuvres de l'abbé Fleury (volume 2)Chapitre 105 sur 131 · XX. Canfesseurs · texte numérisé non relu

XX. Canfesseurs

Ceux que Ton ne voulait pas faire mourir étaient ou relégués simplement , ou bannis de cette espèce de bannissement que les Romains appelaient déportation, et qui emportait mort civile. On envoyait ces bannis, ou dans les Iles les moins habitées, ou dans les pays barbares, aux frontières de l'empire. La relégation était pour les personnes de grande qualité, la déportation pour les moindres; et pour ceux d'une condition encore plus basse, on les condamnait à travailler aux ouvrages publics, particulièrement aux mines. Ils étaient esclaves du public, marqués d'ordinaire sur le front avec des fers chauds ^ , afin de pouvoir être reconnus s'ils s'enfuyaient ^. Ils avaient toujours les fers aux pieds, ils étaient mal nourris, mal vêtus, souvent battus et maltraités; enfm leur condition était pour le moins aussi misérable que celle de nos forçats de galères. Les chrétiens avaient grand soin de les assister, et d'adoucir leurs peines autant qu'ils pouvaient.

Tous ceux qui mouraient en cet état pour la foi étaient comptés au nombre des martyrs *, et ceux qui revenaient de leur exil ou de leur servitude étaient mis au rang des confesseurs ; car on donnait ce nom à tous ceux qui avaient souffert quelque peine pour la foi, et généralement à tous ceux qui l'avaient confessée publiquement devant les ju-

* Bpist, Eccl. Vienn. ap. Euseb. V, 1. — Acla SS* Tharaci, etc. in fine. — Prud. de S, Vinc. Marlyr. 17 jan. de S. Diodoro, etc. li fehr. de S, ProculOy etc. 2Zjan. de S. Emerent. — Tert. de Corona. 3. — Cypr. £p. 34. — * Inicripti.^ 3 CVPR. Episl. 77. — ♦ CoHSl. apost. 5,1,3.

ges '. On leur faisait de grands honneurs tout le reste de leur vie, et souvent on les élevait aux ordres pour récom^ pense.

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