XXI. Excommunication
Mais ceux qui avaient été vaincus dans la persécution et qui avaient renoncé à la foi, même par faiblesse, ou par la violence des tourments, étaient nommés en latin lapsi, c'est-à-dire tombés, et on les excommuniait s'ils ne faisaient pénitence publique ^. L'excommunication consistait à les priver, non-seulement des sacrements, mais encore de l'entrée de l'église et de tout commerce avec les fidèles. On ne mangeait point avec eux , on ne leur parlait point, et on les fuyait comme des gens frappés d'un mal contagieux ^, Aussi saint Paul ordonne d'éviter les mauvais chrétiens avec plus de soin que les païens mêmes, dont il était impossible de se séparer entièrement sans sortir du monde et de la vie. On traitait ainsi nonseulement les apostats, c'est-à-dire ceux qui retournaient à l'idolâtrie, mais les hérétiques, les schismatiques et tous les pécheurs publics *; car il y a eu de mauvais chrétiens dans les meilleurs temps de l'Ëglise. Saint Paul se plaint aux Corinthiens ^ de plusieurs qui n'avaient point fait pénitence de leurs impudiciiés, et aux Philippiens de plusieurs qu'il appelle ennemis de la croix de Jésus-Christ «. Ceux-là étaient séparés des fidèles. Il n'y avait guère que les prélats et les prêtres qui pussent converser avec eux, pour les exciter à se convertir, tant qu'ils y voyaient de Tespérance. Au reste, on ne laissait pas de prier pour eux. Voilà comme étaient traités ceux qui ne demandaient point la pénitence '.
« Cypr. EpUL 38, 40. — * Const, apost. V, 2. — 3 i Cor. 5, 9. —
4 Orig. in Cels, VII. in Matù. — Traci. 35. in Jer. hom. 9. —
5 1 Cor. XII , 21. — 6 Philip. III, 18. — 7 Epist. Clen Rom. ad Cypr. 31.