VI. Ordre de la liturgie
On offrait le sacrifice tous les dimanches et encore deux fois la semaine, c'^st-à-dire le mercredi et le vendredi, aux fêles des martyrs, aux jours de jeûne, ou plus souvent, suivant la coutume de chaque église. On disait aussi des messes votives pour des dévotions publiques ou particulières^. Quelquefois on disait plusieurs messes en un jour, comme quand l'office de quelque saint concourait avec une autre fête, ou pour des funérailles. C'était toujours l'évèque ou le même prêtre qui les célébrait toutes,
« l Cor. XIV, 15. — > Plat. 3 Rfpub. — 3 Epiphan. fféeres , in Un. — Chrysost. m Joan, hom. 25 init. — I3oN\. 1 L\tu.Tij.\%. J. ^^
<U0 MCEtRg
tiorome non» ob^ervon» encore à Noël. On dit > que le pape léf^a 111 célél>tail ainsi quelquefois sepl messes et mèmç jusqu'à neuf. i.es dimanches el les fêtes on disait la fsiesse 9prôi tierce , les jours de jeànc plus tard , selon que l'on davuit inan^er après none ou après vêpres. L'heure venue, l« peuple s'assemblait en la princiiiaie église, pour de ià se rendre avec i'évèque et' tout le clergé au lieu où la ât9lion était indiquée >. Car l'évoque visitait ainsi toutes ses ^lises tour à tour; et de cette marche pour y aller ea corps et en ordre sont venues les processions s.
Tandis que l'on entrait et que chacun s'arrangeait, le chœur chantait un psaume avec son antienne, à qui le ndm d'introït en est demeuré *. Les diacres et ceux qui étaient institués pour les aider, c'est-à-dire les sous-dia* cres et les portiers, marquaient à clmcun sa place à mesure qu'il entrait, pour éviter la CMufusion. Ëtant rangés, iJ;^ priaient quelque temps en silence; puis l'ôvéque sa\mi le peuple et concluait la prière, prononçant tout haut rprai^u, qui de là s'appelle collecte, conune recueillant les vœux de tous les fidèles.
L'évèque s'asseyait alors dans son tr^oe, qui, étant au fond de la basilique, était le point de vue où se terminaient les regards de toute l'assemblée. Aussi chaque pasteur élait l'image vit-ible de Dieu, et, comme dit saint Paul S il était le modèle de son troupeau, ainsi que Jlésus-Christ était le sien» Les prêtres l'environnaient, étant assis des , deux cêtés à droite et à gauche dans le demi-cercle de l'abside; les diacres étaient debout. Ainsi l'église ressemblait assez à l'image du paradis que saint Jean rapporte dans l'Apocalypse «.
L'évèque dans -son trêne, un livre à la main, comme on
• Ja/r. Strab. 21. — * GoD. Sacrant, — 3 Ord. Rom. — 4 Const. opoil. n. 7, 57, *• M Cor. XI, 1. «r- 1 7ïw. IV. -- 3 TU. 1,7,—
DES CHRÉÏJENS. OU'
peint les Pères, tenait la place de cette Ogure humaine sous laquelle Keu paraissait '. Les prêtres étaient ce sénat auguste marqué parles vingt-quatre vieillards. « L'évéque, dit saint Ignace *, préside à la place de Dieu, lés prêtres à la place du sénat des apôtres ; » les diacres et ' les autres ofiBciers étaient les anges toujours prêts à servir et à exécuter les ordres ôe Dieu. Devant lé trône -de Tévêque étaient sept chandeliers, et Taulel où l'bn offt'ait les parfums, symbole dés prières, et où Ton devait offrir ensuite Tagneau.sans tache, quoique sous une forme em-, .pruntée'. Sous ce même autelétaiént lés corps des martyrs *, comme sous celui, que vit saint Jean étaient lés anties à qui il fut dit dé reposer un peu de temps. Enfin les troupes des fidèles, dont tout lé reste dé la basilique était plein, représentaient assez bien la multitude innombrable des bienheureux qui, revêtus de robes blanches et de palmes à là main, chantaient à haute voix lés louanges de Dieu ^. Telle était la face dès assemblées ecclésiastiques.
Après que chacun avait pris sa place, le lecteur montait sur l'ambon , et faisait quelque lecture dé Tuncien Testament, puis du nouveau, c'est-à-dire des actes ou des épîtres des apôtres ; car la lecture de TÉvangile était réservée à un prêtre ou à un diacre. Pour rendre ces lectures plus agréables et donner le loisir au peuple de lés méditer et aux lecteurs de se reposer, on les entremêlait de psaumes et d'antiennes et du chant d'a/Ze/uia, que l'on mettait dès lors avant TÉvangile. Les lectures se faisaient en langue vulgaire, c'est-à-dire en la langue que parlaient lés honnêtes gens de chaque pays ; car quoique la langue punique fut encore en usage parmi le petit peuplé d'Afrique
ï Grec. Naz. Carm. 9, 7d. — > IcvA-f. ad Magn. 63. Ordo Rom. — 3 Apoc. VIII, 3. — trf. V. — id: VI, 9. — ♦ Baron, ad Martyr, c. Jul. — '•* Aposl. VIT, 9.
en mce;urs
dtt temps de saint Augustin, on ne voit pas que l'Église s'en servit. Mais dans la Tbébaïde il fallait que Ton fît les lectures en égyptien, puisque saint Antoine *, qui n'entendait point d'autre langue, fut converti pour a^oir ou/ l'Évangile. Dans la haute Syrie, la plupart des évêques n'entendaient point le grec et ne savaient que le syriaque, comme il paraît par les conciles, où ils avaient besoin d'interprètes «.
Du moins si les nations étaient mêlées, il y avait des interprètes dans l'Église pour expliquer les lectures. Le martyr saint Procope faisait à Scythopolis de Palestine ' cette fonction, avec celle de lecteur et d'exorciste ; ce qu'il lisait en grec, il l'expliquait en syriaque, qui était la langue vulgaire du pays *. Quelquefois on lisait en deux langues, comme dans l'Église romaine, où, après avoir lu les leçons en latin, on les lisait aussi en grec, à cause de la multitude des Orientaux qui s'y trouvaient. La plupart des églises orientales en usent encore de même; et après avoir lu l'Évangile en syriaque, par exemple, ou en cophte, qui est l'ancienne langue, on le lit en arabe, qui est la langue vulgaire.
Dans le monastère de Saint-Théodose ^ en Palestine , il y avait trois églises où l'on faisait l'ofiSce en diverses langues ; on y commençait môme la messe , mais on se réunissait dans l'église des Grecs après la lecture de l'Évangile.
VIL Sermons.
La lecture était suivie du sermon. Le prélat expliquait ou l'Évangile ou quelque autre partie de l'Écriture, dont il prenait souvent un livre pour l'expliquer de suite, ou bien il choisissait les sujets les plus' importants. Nous
» Vie de S. AnL I. — » Conc. Eph. — C. Ckalced. Act, 10, init. — 3 Eus. de Martyr. PcUest. 1. — * Ordo Rom. X, n. 17. Cod. Sacram. — 5 Vita S. Theod, apud Boll. II. Januar. 9
avons des exemples d'explications suivies dans la piuparft des homélies de saint Jean Chrysostome, et dans les traités> de saint Augustin sur saint Jean. Nous voyons des sujets choisis dans saint Ambroise, qui traite d'abord l'ouvrage des six jours à l'imitation de saint Basile; puis Thistoine' de Noé, d'Abraham et des autres saints de l'ancien Testament les plus illustres; ce qui toutefois revient encore à Tordre des saintes Écritures. Et par ces sermons des Pères on voit que Tordre des lectures de l'Écriture était tel à peu près qu'il est encore à présent dans le cours de Tannée ecclésiastique. Aussi était-elle disposée dès lors comme elle est, pour honorer par la suite des diverses solennités les divers mystères de la vie de Jésus-Christ ^ La plupart de ces traités et des commentaires des Pères sur l'Écriture ne sont que des sermons qu'ils ont rédigés ensuite, ou que Ton écrivait sous eux, par cet art des notes dont j'ai parlé. .
Ces saints prédicateurs n'étaient pas des discoureurs oisifs, comme les sophistes qui disputaient dans les écoles profanes, par une mauvaise émulation de se contredire et de raffmer les uns sur les autres, ou qui écrivaient dans leur cabinet pour montrer leur érudition et leur bel esprit: c'étaient des pasteurs très occupés d'une infinité d'affaires de charité, entre autres de l'accommodement des différends, qui ne laissaient pas de prêcher très souvent, pour s'acquitter de la fonction qu'ils regardaient comme la plus essentielle à leur ministère ^ ; car dans ces premiers siècles tous les évêques prêchaient, et il n'y avait guère qu'eux qui prêchassent. On commença en Orient à faire quelquefois prêcher des prêtres d'un talent extraordinaire, comme Origène, et même les laïques. Nous voyons en Occident ' saint Félix prêcher à Noie n'étant que prêtre,
» Lbo. ep. c. — * AuG. de Opère Monach. 17, et ep. ad Diosc. — Synes. cp. 56. — * Ej|s. V. Hisl.20. — Paulw. Nalttl.%.
dès le temps des persécations; mais ces exemples étaient si rares, que plusieurs onl regardé saint JeaalChrysostome et saint Augustin comme les premiers prêtres ^à qui leors év^ues aient confié ce ministère. Toutefois saint Jérôme ' blâme la coutume de quelques églises où le prêtre ue pariait point en présence de l'évèque.
Nos prédicateurs trouvent la plupart des sermons des Pères bien éloignés de Fidée de prédication qu'ils se sont formée. Ces sermons sont simples, sans art qui paraisse, ,S^s divisions, sans raisonnements subtils, sans érudition curieuse ; quelques-uns sans mouvements, la plupart fort CQurls II est vrai que ces saints évèques ne prétendaieot poiat être orateurs, ni faire de harangues; ils prétendaient parler familièrement, comme des pères à leurs enfants et .^des.maîlres à leurs disciples; c*est pour cela que leurs jdli^cours se noinmaient homélies en grec, et en latin sermons, c'est-à-dire entretiens familiers. Ils eberchaient à Jxistruire en &xpliquaflt rÉcriture, non .par la critique et ', par. les rechei'ches curieuses, comme les grammairiens e:^pliquaient Homère ou Virgile dans leurs écoles, mais par la tradition des Père&, pour la coofirmatioa de lafoi et la correction des mœurs. Ils cherchaient à émouvoir, .non pas tant par la véhémence des figures et l'effort de la déclamation, que par la grandeur des vérités qu'ils prêchaient, par l'autorité de leurs charges, leur sainteté personnelle, leur charité. Souvent ils parlaient sur-le-champ, cqmme il paraît par saint Augustin , qui traitait quelquefois un autre sujet que celui qu'il s'était proposé^; mais ils ne manquaient pas de copistes pour recueillir .leurs sermons, par l'art des notes.
Ils proportionnaient leur style à la portée de leurs audi^urs. Les sermons de àaint .Augustin sont les plus sim-
' AdNcpol. -^ * Grec. Naz., Orai. 82, U8. 4.
DES C^nnËtlENS. 015
pies de ses ountiges; le style en est bien plus coupé et plus facile que celui de ses Lettres, parcequ'il prêchait dttfts une petite ville à des mariniers, des laboureurs, des marchanda.
Mais on voit dans ses traités de controverse, parliculîèrement dans ses livres contre Julien, qu'il n'avait pflfe oublié la rhétorique, après l'avoir enseignée si longtemps. Au contraire , saint Cyprien , saint Ambroise, saint Léott, qui prêchaient dans de grandes villes, parlent avec pkis de pompe et avec plus d'ornement ; mais leurs styles sont différents, suivant leur génie pailiculier et le goût de leurs siècles. Car il ne faut pas attribuer aux sujets de piété les défauts que les humanistes modernes reprochent ttU* Pères, comme de ne parler pas latin assez purem€fnt, d'employer quelques preuves faibles et quelques orne**» ments trop légers, d'avoir des allégories trop recherchée^,des jeux de paroles , des rimes : c'étaient les défauts de leur siècle. S'ils fussent venus du temps de Cicéroii ou de Térence, ils eussent parlé comme eux.
Les Pères grecs sont moins différents des anciens au-*teurs. La langue n'avait pas tant changé en Orient, et rétude des bonnes lettres s'y était mieux conservée. Les ouvrages de ces Pères sont la plupart également solides et agréables. Saint Grégoire de Nazianze est sublime, et son style travaillé. Saint Jean Chrysostome me paraît kf modèle achevé d'un prédicateur. Il commençait d'ordtoanNf par expliquer l'Écriture verset â \erset , à n»esufe que le^ lecteur la lisait, s'aitachant toujours au sens le plus litté^ rai et le plus utile pour les mœurs. 11 finit par Une exhot** tation morale , qui souvent n'a pas grand rapport à l'ii»* stroction qui pr^ède, mais qui est toujours proportionner atix besoins les plus pressants des auditeurs , sifivant Ji!connaissance qu'en avait ce pasteur si sage et si vigilant. On voit même qu'il attaquait les vices l'un après l'autre.^
et qu'il ne ce^sdit point d'en combattre un qu'il ne Teût exterminé ou notablement affaibli.
Gommé ces saints ne regardaient ni réputation ni autre intérêt temporel, leur unique but était de convertir ; et ils ne croyaient avoir rien fait s'ils ne voyaient quelque changement très-sensible. Ainsi saint Augustin entreprit d'abolir la coutume de faire aux fêtes des martyrs des repas publics, qui dégénéraient en débauches *■ ; et, quelque invétérée que fût cette coutgme, il l'abolit, en montrant au peuple les textes formels de TÉcriture qui condamnent les excès de bouche, et les exhortant avec larmes pendant deux jours de suite, jusqu'à ce ^u'il les eût persuadés. Aussi la grande éloquenccf comme il dit lui-môme >, n'est pas celle qui excite des acclamations, mais celle qui impose silence et tire des larmes. H n'était point à craindre qu'en une même église on enseignât des doctrines différentes, puisqu'il n'y avait point d'autre prédicateur ni d'autre docteur que l'évêque ou un prêtre qu'il avait choisi , et qui ne parlait que par son ordre et d'ordinaire en sa présence.
Pendant le sermon, l'église était ouverte à tout le monde, même aux infidèles; d'où vient que les Pères y gardaient exacteinent le secret des mystères , pour n'en point parler ou seulement par énigmes ; de là vient aussi qu'il y a souvent dans leurs sermons des discours adressés aux païens pour les attirer à la foi^ Durant les lectures et les instructions , les auditeurs étaient assis par ordre, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre; et, pour être plus séparées, elles montaient aux galeries hautes, s'il y en avait*. Les personnes âgées étaient aux premiers rangs. Les pères et les mères tenaient devant eux les petits enfants, car on les menait à l'église pourvu qu'ils fus-
» Bp. 29. — > AUG. rV. Doctr. 7, 24. — 3 Const. apost, II , 37. — ♦ Grec. Naz. Carm. 9. de Anasi.
sent baptisés. Les jeunes gens demeuraient debout quand les places étaient remplies. Il y avait des diacres continuellement appliqués à faire observer cet ordre, à prendre garde que chacun fût attentif, et ne souffrir personne somiheiller, rire , parler à Toreille , ou faire quelque signe à un autre ; en un mot , à procurer partout le silence et la ihodestie. En Afrique, le peuple écoutait debout toutes les instructions, au rapport de saint Augustin*, qui toutefois approuve davantage la coutume des églises qu'il nomme de delà là mer^ où les auditeurs étaient assis.
Le sermon fini, les diacres faisaient sortir tous ceux qui ne devaient pas assister au sacrifice, premièrement les auditeurs et les infidèles ^ Ensuite on priait pour les catéchumènes, et on les faisait sortir ; puis on priait pour les énerguraènes ou possédés du démon, et on les congédiait; on en faisait de même aux compétents et ensuite aux pénitents'. Les fidèles, restant seuls et sans mélange, faisaient des prières pour toute l'Église, pour tous les ordres du clergé et du peuple , pour toutes sortes de personnes affligées , et pour leurs ennemis et pour leurs persécuteurs. Le diacre , faisant la même fonction que le crieur public aux assemblées profanes, avertissait pour qui il fallait prier, et l'évêque prononçait l'oraison en la forme qui nous est restée au vendredi saint. Aux autres messes nous suppléons ces prières par celles du prône ; alors l'évêque saluait le peuple de nouveau , et le diacre disait à haute voix : « Quelqu'un a-t-il quelque chose contre son prochain? Quelqu'un est-il ici avec dissimulation? Embrassez-vous les uns les autres. » Puis ils se donnaient le baiser de paix.
Toutefois l'usage de l'Église romaine, que nous gardons
« Auo. de Catechis, rud. 2. — > Const. aposL VIII ,6.-3 Conc, Laod. 19. ~ DiONYS. — Hier. BccU 6. — Chrysost. Hom. 3. in ep. ad Bph.
encore , était de ne donner la paix qu'aprèi la consécration des mystèrei^, avant la communion ' . VIII. Hahit» sacrés.
Après toutes ces préparations commençait le saeri&ee. Les diacres, aidés des sous-diacres, mettaient la nappe sur Fautel et sur une autre table que nous appelons eré» dence, d'un mot italien qui signifie un buffet ; Ils prépa«« raient tous les vases sacrés, entre autres les patènes et les calices, et les couvraient d'un voile pour les teipr plus proprement 3. L'évèque descendait de sa chaire et ^'ap** proebait de Tautel, regardant toujours le peuple eB face, revêtu d'une robe éclatante, aussi bien que les prêtres et les autres ministres ; car dès lors on avait des habits particuliers pour l'office*.
Ce n'est pas que ces habits fussent d'une figure extraordinaire. Le pape .Cétestin I" *,. écrivant aux évéques de Gaule en 428 , leur dit : a 11 faut nous distinguer du peuple, non par l'habit, mais par la doctrine et par les mœurs, et ne pas chercher à imposer aux yeux des simples p^ un extérieur singulier. » La chasuble était un babil vulgaire du temps de saint Augustia^ La dalroalique était en usage dès le temps de Tempereur Valérieo. L'étole était un manteau commun même aux femmes^ ^ bous l'avons confondue avec l'orarium, qui était une bande de linge dont se servaient tous ceux qui voulaient être pro^ près, pour arrêter la sueur autour du col ou. âa visa^. Enfin le uuinipule, en latin mappuki, n'était qu'une aer-» vielle sur le bras, pour servir à k sainte' table ^. L*aid9e même, c'est-à-dire la robe blanche de laine ou de lio^ n'était pas au commencement un habit particulier aux.
/ Iiinoc. I. ej). 1 , 1. — » Ordo Rom, 1 , n. 12. — 3 Const. apoil. VIII, 12. — 4 Celes-t. I, e/>.2,l. — ^ AUG. XXII. Civil.%.—^ Trebeix. in Claud. 208, in fine XXIU, § \. ff.de aura el vestim. leg., — Thomass- Disc'pl. 1. I, 31, etc. 2. I, 23.
DES CHRÉTIENS. 6i9
clercs, puisque l'empereur Aurélien ' fit au peuple romain des largesses de ces «ortes de tuniques, aussi bien que de ces grands mouchoirs qu'ils appelaient oraria.
Mais depuis que les clercs se furent accoutumés à porter l'aube coati Duellemefit, ou recoiiuna»da aux prêtres d'en avoir qui se eervissenjt qu'à l'autel , afin qu'elles fusseut plus blaucbes. Ainsi il est à croire que , du temps qu'ils poFtaieoi; toujours la chasuble et La dalmatique , ils en avaient de particulières pour l'auflel , de même figure que les communes , mais d'étoies plus Hcbes et de couleurs plus éclatantes. Surtout les canoas recommandent au^ prêtres et auic diacres die J^ point servir Bans Voranum , que toutefois ilë défendent aux ministres inférieurs ^
Ils ^Mxulaient que les cleros doQiaassent une grande idée de leurs fonctions, môme par leur^xlérieùr; que la netteté de leurs visages^ de leurs mains, de leurs vêtements, fîtt un signe de la pureté du cœur et de l'innocence de la vie; que la modestie et la gravité de l^urs regards, de leur contenance, de leurs démarches, inaprimassent le respect et la piété. Les .prélats jetaient si délicats, que saint Ambroise ^ nejeta de son 'Olergé deux jeunes hommes dont l'un avait le port indécent, l'autre marchait d'un(3 manière choquante; et l'événement justifia qu'il avait bien jugé de l'un pL de l'autre. Saint Grégoire de Nazianze* et «aint Bazile , longtemps avant l'apostasie de Julien , connurent le déi cglement de son esprit à. sa démarche , aux mouvements de ses épaules et à ses éclats de rire. Il faut touj(furs se souvenir que ces Pères étaient des Grecs et des-Romains, nourris dans une extrême politesse et dans les plus nobles idées de la véritable bienséance "* ; ou plutôt
' Vonsc, in Aurel, 225. C. — > Hom. Léon. P. IV, 8. — Conc. 34. ^-Conslit. Ricul. Suess. 7. an. 689. 9. Conc. — Conc. Broc, IV. 3. an. €75. Conc.Laud. 12, 13.— 3 Ambr. 11. 0/.;l9.— * Gr£G. Naz. Or. 4, 122. ^. — ^ £cW. XIX, 27.
qu'ils méditaient continuellement TËcriture , où il est dît que « la manière de s'habiller, de rire et de marcher, foit connaître l'homme. »